‹ Rabelais et ses œuvresChapitre 12 sur 157 · LES SCEPTIQUES · texte numérisé non relu

LES SCEPTIQUES

jamais repara sur la terre depuis leur disparition constatée dans les livres saints. Il font croire que Gargantua avait été plus heureux, puisque nous le voyons ici apparaître tout à coup au milieu de l'assemblée, ni plus ni moins que s'il n'avait jamais quitté le pays, et que nous le verrons quelques chapitres plus loin écrire à son fils plusieurs lettres intéressantes. — Chacun se leva pour le recevoir.

Mes bons amis , leur dit-il , faites-moi le plaisir , je vous en prie, de ne pas quitter votre place et de continuer vos propos. Apportez-moi une chaise à ce bout de table. Donnez-moi que je boive à toute la compagnie. Sur quel propos étiez- vous?

• On lui explique où Ton en est et Panurge s'adresse de nouveau à Trouillegan :

— Or ça, de par Dieu! dois- je me marier?

— Il y a de l'apparence.

— Et si je ne me marie point ?

— Je n'y vois inconvénient aucun.

— 8i je me marie, m'en trouverai-je bien ?

— Selon la rencontre.

— Mais que dois- je faire? — Ce que vous voudrez.

— Si ma femme est sage et chaste, je ne serai jamais trompé.

— Vous me sembiez parler juste.

— Sera-t-elle sage et chaste ?

— J'en doute.

— Vous ne Pavez jamais vue?

— Pas que je sache.

— Pourquoi doatez-vous d'une chose que vous ne connaissez pas ?

— Pour cause.

— Et si vous la connaissiez ?

— Encore plus.

Ici la patience échappe à Panurge. Il -appelle un page : «Page, mon mignon, lui dit-il, prends mon h 3

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