XXIV
Ces participes présents s accordent toujours., comme en latin, avec le mot auquel ils.se rapportent, soit que ce mot désigne une action, soit qu'il désigne une qualité.
Ce fait, issûient hors, toujours conférais des propos de la lecture et.se deportoient es prés . . . galantemeat s'exerceau* les corps, comme Hz avoient les âmes auparavant exercé (1,23).
Paaurge /choisit de tout le troupeau un beau et jraajl mouton, et l'emportait criant, bellant, voyans tous les autres et ensemblement bellans et regardans quelle part on menoit leur compagnon (IV, 6).
Les poètes, qui sont en protection de Apollon, approchans de leur mort, ordinairement deviennent prophètes, et chantent par appolline inspiration, vaticinans des choses futures (III, 21).
Et là passoient toute la Journée à faire la plus grande chère dont ils se pouvoient aviser , raillans , gaudissans , beuvans d'autant : jouans, chantant, dansans, se veytrans es quelque beau p*& deaigeans des. peseeasem preanaa des caillée, pa* chans aux grenouilles et esqevisse* (J» 24).
PAtetoCIM» ACTÏtB *TPÀSflï*S. 419
Quant aii participe passé, Marot avait formulé en vers la règle que nous continuons à observer.
EiAm, D#ez me leçon.
Nestre langue a cette façon Que le terme qui va devant Volontiers régit le suivant.^ La chanson fut bien ordonnée <Jm* dit: tocnuntr tout «y tonnée.
Àtnour ftait alors flu féminin. Marot dit phft loin t '
Il fait dire en termes parfaits :
Dieu en ce monde nous a faits, Faut dise en paroles parfaites :
Dieu en ce monde les a faites.^
SU s'agit dee dames bien entendu :
Et ne lai* point dfce on effet Dieu en ce monde lé# a fait, Ne nous a fait pareillement, Mais nous a faits tout rondement
Marot allègue ensuite l'italien où cette règle est appliquée, mais dans son exemple, il met par inadvertance, le nominatif pour l'accusatif, et écrit: Dio noi a fatti au lieu : de Dio ci a fatti.
Ces vers sont cités comme loi au commencement du siècle suivant par Vaugelas et par Ménage; là Grammaire de ïtamua — ce contemporain de Rabelais que nous avons tu figurer dans l'histoire de Cduillatris ■*- ste prononce dans le môme sens.
Ces écrivains sont d'avis qfce, lorsque le vei*be ë* conjugué avec l'auxiliaire avoir, le participe tffcccoftte avec son régime direct, si ce régime direct «rt placé atànt, et ne a^accoritë pas ail est placé après, n 27*
490 LA aBAMM UB* DE KÀBBLÀI8.
Bar mes deux bras ils ont Ut main posée. Les sciences qve j'ai apprises.
et .
Sur mes deux bras ils ont posé la main. J'ai appris tes sciences.
Ramus, Vaugelas, Ménage, Arnauld se livrent à des considérations assez longues pour trouver la raison de cette différence dans Paccord du participe et n'y parviennent pas.
Arnauld (Grammaire générale) est celui qui se rapproche le plus de la vraie théorie, et, en pressant bien les mots qu'il emploie, on l'y trouverait; il est évident cependant qu'il a plutôt entrevu que vu nettement la loi.
Cette loi, que personne n'a encore formulée à notre connaissance, la voici :
Quand on pense à l'action, le participe est un temps du verbe et reste invariable.
Quand on pense à l'état, à la situation, le participe est un adjectif et s'accorde avec le mot dont il indique l'état, la situation.
Gela dépend de la tournure de la phrase. Si je dis:
J'ai écrit une lettre ce matin.
Je pense que j'ai fait l'action d'écrire. Je ne fais pas accorder ce participe.
La lettre que j'ai écrite ce matin est restée sur ma table.
Je pense à la lettre, qui est écrite, et je fais accorder le participe avec «la lettre >. Dans la première phrase ce qui me préoccupe, c'est l'acte que j'ai fait. Dans la seconde, c'est le résultat de cet acte, c'est la lettre écrite.
Cette théorie rend compte de toutes les anomalies