BÀSELAIfl OOMPAB
proportion, nous gastons tout. Et de là sçavôir ckoisir et s'y conduire bien mesurement, c'est' un* de plus ardues besongnea que je sçache. Et est l'effect d'une haute ame et bien forte, sçavoir condescendre à ses allures puériles et les guider, Je marche 4>lus fermé et plus eeur, à mont qu'à val .... Que (le malt**] ne demande pat sautaient [à l'enfant) compte de» mots de sa leçon, mais du sens et de la substance. Et qu'il juge du profit qu'il aura faict , non par le tesmoignage de sa mémoire, mais de sa vie. Que ce qu'il viendra d'apprendre, il le lui face mettre en cent visages et accommoder à autant dedtaca stéjetB, pour voir s'il l'a Mm pris et bien faict sien,.. C'est tesmoignage de crudké -et indigestion que de regorger la viande comme on l'a avaUée; Pestomach n'a pas fait son opération, s'il n'a fait changer la façon et la forme, à ce qu'on lui aura donné à cuire.... Les*abeilles pillotent deçà delà les fleurs, mata elles en font après le miel, qui est tout leur ; ce n>eet plus thin ny marjolaine. Ainsi les pièces empruntées d'autruy, il. les transformera, et confondra pour en . faire un ouvrage tout sien. (Essais, livre 1er, ch. 25. De l'institution des enfants. 1560).
Certes rettà tm style merveilleux d'entrain. On ne peut dire que les images y masquent ; il y en a une à chaque partie nie phrase ; mais chez Rabelais l'image se développe, Montaigne se bon» à l'indiquer. Le style y gagne en rapidité, il y perd en ampleur. Montaigne est plus philosophe dans son style, mais Rabelais est plus poète dans le sien.
Voilà» peur l'ensemble. Quant aux détails grammaticaux, la phrase est tout antre. Il n'y à presque pins d'inversions ; le sujet commence, puis vient le verbe, puis le complément S'il y a quelques exceptions, elles sont rares» les. pronoms, sujets sont généralement exprimés; il y a peu de ces compléments absolus avec ou sans participes présents, si chers à Rabelais; les articles sont à la place où nous les mettrions aujourd'hui, et comme la phrase est courte, l'auteur n'a
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pas besoin de recourir i eés combinaisons de mots qui font en même temps une harmonie pour l'oreille, un tableau pour l'intelligence. Montaigne n'est pas inférieur à Rabelais comme écrivain,inais il eat moins artiste.
Amyot a moins de fermeté, moins de vigueur, moins de rapidité que Montaigne, il s'attarde volontiers en chemin à la poursuite des images et des finesses de style; mais il est loin de l'élévation et de l'ampleur de Rabelais. Rabelais déroule à nos yeux un vaste tableau où s'épanouissent toutes les couleurs, d'où s'exhalent toutes les effluves de la vie ; les couleurs sont voyantes; Rubens semble avoir passé par là. U y a plutôt du Van Dyck chez Montaigne. C'est plus fin, plue discret et moins vigoureux. Le paysage est peut largement chez ta» deux cependant, et les fleurs y sont semées avec discrétion. Elles surabondent chez Amyot. Avec lui, lez larges horizons disparaissent, mais les petits sentiers par où il nous mène sont si frais, que nous n'avonB pas le droit de nous plaindre.
On a déjà pu remarquer le caractère de son style dans quelques passages que nous lui avons empruntés. Les lignes suivantes sont extraites de sa traduction des PaetaraUst de Longus, publiée en 1559, quelques années seulement après la mort de Rabelais:
Or estoit-il environ le commencement du printemps que toutes fleura sont en rigueur, celtes des bois, celles des près, et celtes des montsignes ; aussi ja commenceoient les abeilles à bourdonner, les oyseaux à rossignoler, et les aigneaux à sauteler ; les petits moutons bondissoient par les montaignès, lez mouches à miel murmuroient par les prairies, et les oyseaux taisaient résonner tes buissons de leurs chants. Ainsi ces
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deux Uftârte] Toyans *ut tentés choses frisottât Me* leardeb-
veir de e'eagayer à la saison nouvelle, se mirent pareillement à imiter ce qu'ilz voyoient et qu'ilz o y oient aussi ; car oyans chanter les oyBeaux, flz chantoient; voyans saulter les aigaeaiix, âa sautaient; et comme les «Veilles, aHoyent ôeeHlans des fleurs, dont ils jettoient une partie en leurs seins, et de l'autre faisoient de petity chapeletz, qu'ilz portoieat aux Nymphes, et faisoient toutes choses ensemble, naissans leurs troupeaux l'un auprès de l'autre,
loi la phrase ne va pas droit ta bit comffife chift MmteigiK. H y ad* la recherche dans la ooupe doit propositions,^, dans la disposition des mots, une recherche un peu enfantine, un peu mignarxle. EHi reste, presque tout oe qui caractérise la phrase rabehnsieime a disparu. Pas d'inversions , h pronom sojtt ftt partout exprimé ; un seul participe présent, nais ne rapportant au sujet de la phrase, et précédé de son sujet, pas de complément absolu , l'artlele partout où nous le mettrions aujourd'hui. La eeule différence notable a*ec notre grammaire moderne est tout orthographique: l'accord du participe présent, * employé pour marquer le pluriel dans certaine cas, eto.
Le style de Calvin diffère pire notablement encore 4e celai du curé de Meudon. Avec Calvin, sauf quelques mots vieillis, nous pourrions nous croire au dix-septième siècle. Une construction tonte logique, partout le sujet, puis le verbe, puis le complément; l'adverbe va se placer *près le verbe ; pas d'ellipse, pas de mots sous entendus, pas le moindre caprice ; tout au plus un adjectif que nous mettrions aujourd'hui après le substantif et que Calvin place avant. Des propositions courtes, non détachées coipme dans les Nouvelles àlotwdles, mais toutes enchaînées. Des
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alinéas solides et d'une seule pièce, construits non à l'aide des mots, mais pafr 4a force du raisonnement. Entre le style de Galvjn et celui de AaMaîs , il y a tonte une révolution. De k JRenaiieaaoe joj&m, ivre d'*elle»ntai0, et souri**t à lave, noua aven passé à la Réforme, grave, sombre, et voyant partout les effets de la colère divine.
Le passage suivant a peur but 4e prouver l'existence de Dieu :
Veu *ae Dieu a «enta que la fin principale de la vie Wea* hearanse tost située en la cojneiesspcedesonnom : afin qu?L ne semble point qu'a veuille forclorre à aucuns rentrée en félicité , il se manifeste à tous clairement. Car comme ainsi soit que de nature il soit incompréhensible et caché à lfnteffigeaoa humaine : il a eogravé en cbascune de «es csevrai certains signes 4e sa majesté: par lesfluem il se donne à cognoistre à nous selon notre petite capacité. Je dy signes ai eridens et si notoires que toute excuse d'ignorance est ostee aux pins aveugles et aux plus rudes du monde. Par quoy combien -que son essence noms soit occulte : neantmoins ses vertus, lesquelles apparaissent astidneUement devant nos yeulx, le desmontrent tel , «s'il nooe es* aspedisa* fe le cognoistre pour nostre saint. Premièrement de quelque costé qu'on tourne les yeulx , il n'y a nulle si petite portion du monde, en laquelle ne relnyse pour le moins quelque estincelle de sa gloire. Singatterement on ne peut d'an regard «ont**» pler ce beau chef d'oeuvre du monde universel eu sa langueur et largeur qu'on ne soit, par maniera de dire, tout esbkray d'abondance infinie de lumière.
Qui croirait que Y Institution chrétienne d'où ces li* gnes sont tirées, a été publiés en 1558, un an avant le passage d'Amyot que nous venons de citer, quelques années seuleipent après le quatrième livre de P<w-> tagruetf m
Rabelais, lomme on le voit» a un style bien à lui^