LA PRONONCIATION ET L'ORTHOGBAPHE
Nicolas, que nous étions tons deux si las d'avoir dansé ? Vous commentâtes , aussi très bien vous achevîtes. C'est au jardin, mon père entry [entra], d'aventure me rencontry [rencontra] auprès de vous.
Eu se prononçait comme il est écrit: J'ai seeu, j'ai veu, beuverie, etc., c'est encore la prononciation ordinaire dans divers patois ; mais on prononce aussi : j'ai su, j'ai vu, dans les mêmes pays. Les deux prononciations paraissent avoir coexisté de même au XVI6 siècle > puisque nous trouvons dans Vauquelin de la Fresnaye, un poète normand, ces deux vers qui ne peuvent laisser de doute:
. — A quelle fin es-tu de ces ailes pourrons ? . — J'apprends, l'homme a voler au-dessus de la nue.
Tandis que nous trouvons dans Th. de Beze:
L'un avec sa couleur bleue Nous veult etbtouyr la veue.
Les finales en rier et lier, lorsque cette terminaison est précédée d'une consonne, comme ouvrier^ templier ne formaient qu'une seule syllabe au XVI* siècle et jusqu'au milieu du XVIIe, témoin ce vers de Rémi Belleau :
L'un portait en sa main. ...
La hure d'un sanglier aux défenses meurtrière?.
Corneille et La Fontaine ont nombre de vers semblables , et cette prononciation s'est conservée en Basse-Normandie; seulement Ve n'est pas tout à fait fermé et penche un peu vers Yi : sanglié?, meurtrier, en prononçant, bien entendu, iéi en une seule syllabe. L'é aigu serait ici difficile à prononcer.