MOTS MULTIFORMES
Les mots an XVIe siècle n'ont pas cette forme arrêtée et immuable qu'Us ont prise depuis l'époque de Louis XIV. Ainsi Ton trouve souvent chez Rabelais, comme chez ses contemporains, le mette mot sous des formes variées. Cette liberté du choix entre des mots analogues existait encore au commencement du XVII* siècle. Il faut consulter sur ce point les Remarques de Vaugelas, mais surtout les Observations de Ménage. Le précepteur de M** de Sevigné et de M™ de La Fayette discute longuement peur savoir s'il faut dire : adversaire ou aversaire, agneau ou anneau, aiguille ou aigulle ; aumelette ou omelette; aragne, aragnée, arignée on areiguée; arsenal , arsénae ; balayer , balier ; boiray, beuvray; cette femme, ste femme; chose et ehouse; armoire ou ormoire; guitare ou guiterne; hirondelle ou arondelle ; nettoyer, netter ; pons, ponnu, pondu ; promener, proumener, pourmener. Maintenant le triage est fait C'est à peine s'il nous reste quelques mots comme souvenir de cette époque d'antique liberté : le roc, la roche, le rocher ; la nue, la nuée, le nuage, etc.
L'invention des accents date du XVI4 siècle, mais ils ne deviennent d'un emploi fréquent qu'au XVII* et même au Xviïr ; au XVIe siècle,* on mettait généralement une 8 muette au commencement et au milieu des mots là où nous mettons maintenant un accent : escrire, tempeste. On ajoutait souvent un g aux nasales pour indiquer la nasalité : ung pour un. Ce g bien entendu ne se prononçait pas plus qu'il fie se prononce dans Péking, Nanking, Hoang-ho, etc.