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LA RÉPUTATION DE BABBLAI

ment fiançais , ses idées semblent si tte» jetées dans le moule de notre vieille laague , qu'il parait difficile de les faire passer dans un idiome étranger. Le goure de plaisanterie familier à Rabelais, qui procède par allusions fines et. à peine indiquées, qui, sous un mot, en laisse entendre un autre et tous fait penser souvent à tout autre chose qu'à ce qu'on vous dit, ne saurait passer facilement dans une langue étrangère, parce que les mots des langues se correspondent rarement dans teute retendue de leur signification, et que telle expression qui a un double sens, un primitif et l'autre figuré, dans une langue, n'en a le plus souvent qu'un dans la langue voisine. Pour un étranger, comprendre Rabelais, ce doit être <ty)i un travail asaes pénible, et le traduire doit être presque imposable.

Les peuples du midi ne semblent pas y avoir pria goût Les œuvres de Rabelais ont eu le sort dn roman du Renari. Très populaires chez les peuples de l'Europe moyenne, ni l'un ni l'antre de ces ou* vrages n'ont passé les Alpes ni les Pyrénées. L'inquisition établie en Italie et en Espagne à partir du XVF siècle , est pour beaucoup dans cette absence de communication. Plus tard lorsque les douanes pour la protection de la foi sont devenues moins sévères, on a traduit» on a imité des ouvra* ges plus au goût du jour, et Rabelais, d$à vieilli par le style et par les idées, est resté à peu près ignoré.

Mais les Anglais l'ont connu de bonne heure. Il y a des allusions à l'ouvrage de Rabelais dans Shakespeare et les autres comiques du temps. Une phrase A' As you UJçe it s?y réfère positivement.

De 1592 4 1594, il parut à Londres deux livres

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soôb ce titre: Gargantua, hisprqpheeiê et Zhehistory of Gargantua* Une traduction dm premier livre de Rabelais fut imprimée en 1634; la traduction complète parut deux ans après, en 1637, avec d*u* noms de traducteur» Urohavd et Pierre Le Motteux.

Les traducteurs ont joint à leur édition des notes curieuaes, qui ont été traduites et figurent dans plusieurs éditions françaises. Le Motteux a un syBtém*. à lui sur l'interprétation historique de l'œuvre* Il veut absolument que les personnages soient des priirces de la maison de Navarre, ancêtres de Henri IV.

La traduction de Le Motteux a été réimprimée cinq fois de 1636 à 1807.

Dunlop dans son Hktory of fiction (1816) professe une grande admiration pour Rabelais* Hallam, dans son Introduction à Vhistoire de la littérature européenne , consacre un article à Rabelais, qu'il montre voisin de Lucien et beaucoup plus voisin d'Aristophane ; il reproche aux critiques français d'avoir été généralement injustes envers lui. Une crititique rigoureuse peut sans doute trouver à repren* dre dans son œuvre, mais il y a peu de livres qui possèdent à un plus haut point le cachet de l'originalité et manifestent une plus abondante richesse, de langage toujours, d'imagination quelquefois. En somme, Hallam voit dans Rabelais une de plus belles figures de la Renaissance.

Les autres critiques, anglais ne sont pas moins sympathiques à Rabelais. Walter Scott lui a consacré une notice dans sa Biographie des romanciers célèbres ; Coleridge lui a consacré un long article dans le Quarterly Revietv (1837). M. Thomas Wright*

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