‹ Rabelais et ses œuvresChapitre 83 sur 157 · S10 LA PÉDAGOGIE DB BABELAI · texte numérisé non relu

S10 LA PÉDAGOGIE DB BABELAI

l'Europe. Les cours prennent rélève à sept ans» et le retiennent jusqu'à vingt. Qu'apprend-on pendant ce temps-là ? La langue latine, un peu la langue grecque , mais surtout la langue latine ; six auteurs figurent seulement sur le programme : Gicértn, Virgile, Horace» Plaute, Téreuce et Salluste, mais Cicéron avant tout Ce qu'on lit constamment , ce qu'on s'efforce d'imiter, c'est Gicéron. C'est avec le vocabulaire cicéronien qu'on explique le catéchisme, et l'un des exercices qui reviennent le plus souvent, c'est la traduction des épltres de St Paul en latin classique. Pour le grec , on étudiait Homère, Pindare, Aristophane, Euripide, Sophocle et Démosthène.

Mais ce qu'on cherchait dans tous cet livres, ce n'étaient pas des idées , des sentiments , des renseignements sur la civilisation d'une époque, sur l'histoire de l'esprit humain ; ce qu'on y cherchait, c'étaient des mots. Sturm a résumé son système dans cette phrase : «Connaissance! pureté et ornement du langage, tels sont les éléments de l'éducation scientifique.»

Chez les Jésuites, dont les maisons d'éducation apparaissent aussi au XVIe siècle (1588), toujours même préoccupation des mots, de la phrase sonore, du style élégant. Les études commencent par la grammaire, et finissent par la rhétorique. Une année , il est vrai , était consacrée à la philosophie et à ce que l'on savait de physique , de sciences naturelles! y compris la géographie» Mais tout cela était considéré comme secondaire. La grande affaire, c'était de savoir parler latin élégamment La langue frapçaipe ébat bannie de la conversation. On

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