‹ Rabelais et ses œuvresChapitre 84 sur 157 · L18 EDUCATEURS DU IVI# ET DU XTO* SIÈCLES · texte numérisé non relu

L18 EDUCATEURS DU IVI# ET DU XTO* SIÈCLES

apprenait aussi un peu de grec, mais très peu. En revanche, on apprenait par. cœur des textes d'écrivains choisis, de manière à s'approprier leurs phrases* On jouait des pièces de théâtre en latin f . des pièces composées généralement- par les supérieurs. Il exjete des collections de ces tragédies , de ces comédies de collège, publiées par les Jésuites. Seaucoup d'élégance et de fausse élégance dans la forme , un fond généralement peu intéressant, des plaisanteries fades , des sentiments faux ; une littérature de devises, d'emblèmes, de petites finesses.; des dissertations sans fin sur des pensées ingénieuses et vides. Bouhours est le prosateur par excellence de cette école, Ducerceau en est le poète, en attendant Gresset. Mais celui-ci avait déjà trop d'esprit pour un régent de collège, il fut forcé de sortir de l'ordre. Montaigne et Charron au XVIe siècle et an commencement du XVIP, protestent contre cette éti^e des mots. Ils veulent, comme Rabelais, qu'Qp enseigne i l'enfant des choses utiles, que l'étude spit attrayante, qu'elle consiste surtout en exercices j pratiques. Il ne suffit pas pour savoir danser , de } regarder faire les autres, dit à ce sujet Montaigne- Tous deux empruntent de petits détails au Vaste plan de Rabelais, rapetisses et adaptés à l'éducation d'un gentilhomme. Mais ni 1 un ni l'autre ne songent à emprunter à Gargantua des arguments ni des exemples.

Un Morave, Coméni, s'empare d'une des idées de Rabelais; il veut que l'enfant étudie la chose avant de s'occuper du mot II forme un établissement où l'on commence par étudier les choses, par les examiner minutieusement avant de les nommer et de

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