‹ Rabelais et ses œuvresChapitre 94 sur 157 · LES AÏEUX DE FIGARO · texte numérisé non relu

LES AÏEUX DE FIGARO

reuses. Nous avons assez largement parte -dés tin*» técédents de ce personnage, dans natte première partie, pour n'avoir pas à y revenir ici. Noua avons indiqué aussi quelques-unes de ses raeatnatitas: Gil Blas, par exemple, au XVIIe aède; mais Gil Blafe est un Panurge qui a vu la cour de LouidXIV; tf a gagné en tenue, eri honnêteté mette , mftfe nota pas en verve comique. Gil Ras est ttfe Panurge bourgeois , bon enfant , médiocrement sertipàlMf , mais sage et modéré , qui sait faire soft efceinht à travers le monde, devient secrétaire de deux ministres, et, après une vie passablement agitée, va abriter ses vieux jours dans un cMteau dont il est le propriétaire. Le châtelain de Salnrigenâfn a quelque peine à se reconnaître dans cet héritier.

Figaro a une fin à peu près semblable, et pourtant, s'il peut y avoir des doutes sur la filiation * Gil Blas, il ne peut y en avoir sur celle'du jôjèjofc barbier; il a même gardé quelque chose du langage de son aïeul, qu'il imite et qu'il cite su besoin.

Nous avons sous les yeux on spirituel véîtone de M. Marc-Monnier : les Aïeux dé Figaro, dans lequel l'auteur padse en revue les différentes iacaraattana de son personnage à travers l'histoire. : D évoque les esclaves de la comédie grecque, les esclaves intrigants de la comédie latine; il passe en revue tes valets de la renaissance italienne et française; il fait comparaître devant nos yeux le ffraeioèo espagnol — mais il laisse de côté le Falstaff anglais, cousin germain de notre1 Panurge,—» et Sanurge luimême. Il est vrai qu'il nous signale certain Autre type qui, né dans la comédie française dit XV*. sfe-

HS l'abt chez eàbblàis.les types.

de, fût 800 tour d'Europe et mérite bien d'obtenir un* pUœ i cité de Panurge, quoique le type «dit loin d'être identique. Il s'agit du paysan madré.

Un des premiers en date, c'est Thibault Aignelet de .la farce de Patelin. Le berger Thibault a tout l'extérieur d'un paysan naïf et niais , mais il * remarqué que lorsqu'une de ses botes meurt de maladif on le charge de l'enfouir sans lui en d&mander autrement compte ; depuis ce jour une épifootje pèse aur le bétail ; les brebis meurent les upea aprts les autres, — avec l'aide du berger bien entendu» Son matteo le cite .devant le juge. ThibMlt v* trouver un avocat, maître Pierre Pâte* Un, un de& plas retors de son temps ; craignant que son client ne se compromette , Pierre lui conseille 4o répondre à tartes les questions qu'on pourra lui ftuie: Met bée, comme font ses moutons. Le moyen téussit, le bergor prévaricateur est acquitté; Pâte- Un, veat alors se faire payer. Mais le berger répond OOmme il a répondu au juge, et Patelin est réduit à se contenter de cette réponse. Le Panurge du Pa- . }m est dépavé en adressa par le paysan.

M- Mapq-Monnier suit ce type dans le Mari re- UtûwU et daim le Galant jw&nier de Dancourt Il y a, dans cette dernière comédie, un jardinier Lueaedtf pins amusants» Il a reçu de l'argent pour ne . pas dire où se cache un certain personnage ; puis il trouve un papier où Ton promet une somme double à celui qui découvrira le personnage caché. . iAca» «fit pris alors de scrupules. Il faut pour les calmer qt^pn égalise la récompense des deux parts, et qu'on, lui donne pour ae taire autant qu'on lui domiendtpwr parler. La somme égalisée, ses scni-

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pales recommencent, obéira-t-il à droite ou à gauche? Pour faire pencher la balance d'un côté, il faut encore une addition de numéraire. Le jardinier Lucas est pris sur nature et d'une grande vérité. Les paysans de Marivagx, son Paysan parvenu, ne sont pas moins rusés; ils ont pour caractère spécial d'envelopper de loeutions rustiques et quelquefois niaises, des pensées abstraites et compliquées, souvent très difficiles à exprimer dans le style ordinaire.

Thibault et Aignelet, les paysans de Dancourt et de Marivaux, n'ont que les apparences de la naïveté. C'est à Cervantes que revient la création d'un caractère bien autrement profond, du paysan naît, crédule et rusé tout à la fois : Sancho Panza est aussi rusé que Thibault Aignelet ou que le Lucas de Dancourt; il est aussi intéressé, mais il est plus naïvement crédule. Aignelet exploite la bonhomie du Drapier, Lucas la passion amoureuse de Léandnr, ils se moquent de leurs dupes. Il y a quelque chose de plus compliqué chez Sancho Panza. Il croit à son maître en général, bien qu'en détail fi te reconnaisse pour fou , semblable à ces gens qui proclament la fausseté de tous les détails d'un système philosophique et ne laissent pas de l'Accepter dans son ensemble. Sancho trompe son maître star Dulcinée, il le trompe sur la pénitence qu'il s'impose , il le trompe sur son vol aérien, et sur une multitude d'autres points; mais il le croit lorsqu'il est question de conquérir une lie dont on Ud donnera le gouvernement ; il le croit toutes les fois que son intérêt , à lui Sancho , se trouve en

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