III. PANTAGRUEL. — PBOFITS DB LÀ CONQUÊTE
lui prêtera vie. Mais il n'écrit pas pour tout le monde. H est comme le satirique latin Lucilius, qui déclarait n'écrire q^e pour les Tarentins et Cosentinois, il n'a percé son tonneau que pour les gens de bien et de goût et non pour les dorophages, qui vivent de présents, non pour les gens à bourrelet [magistrats et docteurs], non pour les grabeleurs de corrections et éplucheurs de mots, non pour les cafards surtout, quoiqu'ils soient tous beuveurs outrés , tous atteints de vilaines maladies dont la galté serait le remède, tous munis d'une soif inextinguible et d'une faim insatiable.
n ne veut de lecteurs que ceux qui peuvent le comprendre, que ceux qui sont disposés à cass^ l'os pour y trouver la moelle, comme il l'a dit ailleurs. Les autres^ ses , ennemis, il les compare à une meute de chiens bruyants, et il les renvoie garder leurs moutons:
Arrière» mastins ! leur crie-t-il en terminant Hors de la quarriere \
Quarrière, ici, comme quarroy que nous avons déjà vu, a pour radne le mot char^ d'où charrette, prononcé quérette ou qmrette en plusieurs patois. Le quarroy est une route, et la quarrière une place assez grande pour y faire passer les charrettes.
... Hors âe mon solefl, chiennaille au diable [du diable]! Venez-vous ici [salir] mon tonneau ? Toyez ci [Voici] le baston qne Diegènes par testament ordonna estre près de ]uy posé après sa mort pour chasser et esrener [éreinter] ces larves bustuaires [des tombeaux] et mastins cerberiques. Pourtant [donc] arrière, cagotsl aux ouailles, mastins!
On sait que les « grabeleurs de corrections > ne £0 le tinrent pas pour dit, et que les chiens qu'il