BIOGRAPHIE DE RABELAIS
refus non à votre incompétence, mais à un mauque d'obligeance de votre part. Ces braves gens mettent tant d'insistance dans leur prière, ils ont une telle confiance en vous, qu'il vous est iniiiossibte de les éconduire, pour peu que vous connaissiez quelques règles d'hygiène, quelques remèdes d'usage journalier. Les njédicamenttj que vous êtes amené à leur prescrire agissent avec d'autant plus d'énergie que ceux qui les prennent y sont moins habitués; un premier succès amène une série de prières nouvelles, que vous ne pouvez refuser d'entendre ; si bien que vous voua voyez insensiblement transformé en guériss^r, sans avoir jamais songé à étudier la médecine. Rabelais a dû se trouver dans ce cas; il avait déjà étudié ou ii étudiait dans les anciens 1^ vertus des plantes médicinales les plus usuelles, ii se sera hasardé à utiliser ses connaissances, mais tout en réussissant quelquefois, il aura senti son insuffisance, et se sera rendu à Montpellier, où nous le voyons arriver en 1530, pour étudier sérieusement la médecine.
Cette partie obscure de la vie de Rabelais nous parait s'enchaîner d'une manière rigoureuse, et les six années qui s'écoulent entre sa sortie du couvent et son arrivée à Montpellier nous semblent complètement remplies ; faut-il placer en outre pendant ces six années, ainsi que M. Rathery le suppose, cette sorte de tour de France, d'université en université, que Rabelais fait faire à son Pantagruel? Nous y voyons deux empêchements : le manque de temps et le manque d'argent. Les voyages se faisaient alors avec une lenteur assez grande et coûtaient fort cher, Oii Rabelais, au milieu des occupations que nous lui voyons, aurait-il trouvé le temps nécessaire à un