BIOGRAPHIE DE BABEL AIS
Ainsi la tradition qui montre Rabelais attendant la mort avec une grande insouciance remonte à l'époque même de Tévénement.
xvin.
Une très belle, mais très loogue épitaphe latine de Babelais est signalée par M. Kathery; elle se trouve à la fin d'un livre assez rare: Hippocratis Aphorismorum Paraphrasis poetica^ Paris, 1587, par Pierre Boulenger, médecîn poitevin, qui avait connu personnellement l'auteur de Pantagruel. Nous copions la traduction abrégée qu'en donne M. Rathery :
Sous cette pierre est couché le premier des diseurs de bagatelles. Il sera une énigme pour la postérité,. car quiconque a vécu de son temps savait à quoi s'en tenir sur ce railleur connu de tous et aimé de tous. Peut-être voudra-t-on voir en lui un bouffon, un farceur qui débitait des bons mots pour attraper de bons repas. Non, non, ce ne fut point un bouffon, ni un charlatan de place pubUque, mais un homme qui, grâce à la pénétration de son esprit d'élite, saisissait le côté ridicule des choses humaines . . un autre Démocrîte qui se riait des vaines terreurs, des espérances, non moins vaines, du vulgaire et des grands de la terre, ainsi que des labeurs anxieux qui remplissent cette courte vie.
Et pourtant on n'aurait su trouver un homme plus savant que lui, alors que, laissant la raillerie, il lui plaisait d'aborder les choses sérieuses, Sans affecter l'air rébarbatif d'un docteur, il en avait au besoin la solidité. S'agissait-il de résoudre les questions les plus difficiles, vous eussiez dit que la nature avait ouvert pour lui seul son sein mystérieux. Tout ce qu'ont produit la Grèce et l'Italie lui était familier^ et ses discours éloquents frappaient d'admiration tous ceux qui n'avaient pas deviné le savant sous ses mordantes railleries et ses ironies magistrales, etc , etc.
Achevons l'histoire du roman de Rabelais.
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