‹ Rabelais et ses œvres (volume 2)Chapitre 44 sur 110 · B0S8XJET ET FÉNELON ÉDUCATEURS · texte numérisé non relu

B0S8XJET ET FÉNELON ÉDUCATEURS

dite et son austérité. Voyez plutôt YHistoire universdUy la Politique tirée de V Ecriture sainte ^ la Connaissance de Dieu et de soi-même. Y a-t-il là un seul mot qui suppose un auditeur jeune et ignorant ? L'illustre écrivain descend-il quelque peu de ses hauteurs pour se mettre à la portée de son. élève ? Jamais. Il s'impose, il faut qu'on le croie ; il faut qu'on aiq[)renne sans comprendre au moment,, sauf à comprendre plus tard. Son élève l'a cru sur parole , il ne s'est pas donné la peine de comprendre ce qu'on ne daignait pas lui expliquer : son intelligence est restée dans les langes et ne s'est jamais développée.

Fénelon, au contraire, commence par se mettre k la taille de son élève; il lui compose, des fables, pour l'amuser en l'instruisant^ des fables nées pour la plupart d'une circonstance de la vie du jeune' prince. Pour lui apprendre l'histoire, il ne commence pas par lui mettre entre les mains un livre aride et systématique ; il causiie avec lui sur les grands hommes, et quelquefois, dans ses Dialogues des morts, par exemple, il le fait assister aux conversations qu'ils ont entre eux. L'esprit de l'enfant s'épanouit sous cette influence bienfaisante; dans cette atmosphère de patience et d^amour , le jeune prince grandit par l'intelligence ; il se transforme moralement, et s'il lui eût été donné de régner, il fût devenu un souverain remarquable, moins brillant peut-être, mais^ plus sensé que Louis XIY. Le dauphin sur le tr&ne eût été inférieur à Louis XV.

Bossuet a mieux réussi que maître. Jobelin. Fénelon n'a pas aussi bien réussi que Ponocrates, mais enfin les deux systèmes se sont trouvés en présence, ils

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ont été pratiqués par des hommes également éminents et ils ont produit en petit les résultats annoncés par Taûteur de Qargcmtua. Le bouffon chez Rabelais n'exclut pas le philosopbe.

En voyant Thumiliation de son fils, Grrandgousier se mit tellement en colère qtu'iî fut sur le point de tue^ ïe «vieux tousseux de précepteur», et l^)n eut ^and peine à le, modérer. Il ordonna à la fin qu'on lui payât ses gages( , qu'on le ftt ^diopiner théologalement», puis qu'on l'euvoyftt ^k tous lés diables».

Maître Jobelin congédié , il' fut convenu; ^e Vêducation de Gargantua serait confiée à Ponocrates et que les deux jeunes gens se rendraient à Paris avec leur précepteur pour connaître quelles étaient et comment se faisaient les études des jeunes Frain« ^is à cette époque.

Ce voyage à Paris va devenir l'occasibn de quel^ ques-unes de ces scènes bouffonnes que Rabelais se plaît à mélér à ses pages les plus sérieuses. GeHes qui suivent sont, pour la plupart, empruntées à la Chronique gargantuine, mais beaucoup plus déveioppées.

Voici d'abord la fameuse jument. Dans la Chronique, etle est fabriquée par Merlin ; ici c'est un présent envoyé à Grandgousier par un rdi de Kumidie. Elle avait une queue si lougue et si &rte qu'elle s'en servait pour déraciner les arbres. A ceux qui seraient tentés de s'émerveiller de cette queue , Rabelais cite les moutons de Scythie , et ceux de Syrie, qui au rapport d*Hérodote, traînaient un petit chariot sur lequel leur queue était

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