LES CONQUÊTES DE PICBOCHOLE
choie s'impatiente de cette observation. Sommes* nous pour manger ou pour batailler ? lui dit-il. — Pour batailler, sans doute, dit Touquedillon, mais de la panse vient la danse, et où faim règne force exule [s'en va], — Pourquoi tant jaser ? dit Picrochole, qui se décide tout à coup. Saisissez ce qu'ils ont amené.
L'ordre fat exécuté. On prit l'argent, les fouaces, les bœufs et les charrettes, et on renvoya les messagers de Grandgousier, sans leur dire autre chose que de se tenir à distance pour des raisons qu on leur apprendrait plus tard.
Ce n'est plus ici de la farce, voilà de charmantes scènes de comédie. Les personnages sont supérieurement dessinés, par leurs propres paroles, et en peu de mots, à la façon des maîtres. La comédie continue. Rabelais, nous fait assister à un conseil qui fut tenu en présence de Picrochole par trois chefs militaires, un duc, un comte et un capitaine.
Sire, lui dirent-ils, nous vous rendrons aujourd'hui le plus heureux, le plus chevaleureux prince qui fut onques depuis la mort d'Alexandre de Macédoirre. — Couvrezvous, couvrez-vous, dit Picrochole.
A cette époque et beaucoup plus tard, on restait la tête couverte dans les appartements.
Grand merci, dirent-ilâ. Sire, nous sommes à notre devoir. Voici le moyeD. Vous laissez ici quelque capitaine en garnison avec une petite bande de gens, pour garder la place, qui, du reste, nous semble assez forte, tant par nature que pour les remparts faits à votre invention.
On voit que les courtisans de Napoléon III, qui lui faisaient honneur d'une foule d'inventions aux-