‹ Rabelais et ses œvres (volume 2)Chapitre 80 sur 110 · LIVRÏ II. PANTAGRUEL. — I. SA JEUNESSE · texte numérisé non relu

LIVRÏ II. PANTAGRUEL. — I. SA JEUNESSE

mot sous forme A'u; que: «haut, mieux, faux» remplaçaient halt^ miels, fcdx, et que, dans la formation des mots, l après a et même après e, se changeait ordinairement en u dans la syllabe accentuée : valoir^ il vaut. On se laissa aussi tromper par de fausses étymologies; on crut par exemple que «savoir» venait de scire et Ton écrivit « scavoir » , tandis qu'il vient de sapere^ où il n'y a pas de c, etc., etc.

Rabelais, malgré la protestation que l'on va lire, donna aussi largement dans le travers de cette orthographe pédantesque et dans ce langage pseudoromain, il se laissa gagner à l'exemple ; l'orthographe de ses premières éditions est beaucoup plus simple et plus rationnelle que celle des dernières. Quant aux mots qu'il emprunte au latin , pour son usage personnel, ils sont nombreux, mais ils sont puisés aux lunnes sources latines, chez Cicéron ou Virgile, et non dans le latin du moyen âge. Ces mots d^ailleurs sont faciles à comprendre, tandis que le langage qu'il prête à son écolier limousin a presque toujours besoin d'être retraduit en latin pour deve* nir intelligible en français.

Le dialogue que nous allons reproduire a été l'ob* jet d'une discussion d'un autre genre. Dans un livre publié en 1529 et intitulé: le Champfleuryy par Geoffroy Tory, on trouve textuellement la plus longue des phrases que va débiter l'écolier limousin. Ce Tory, était un amateur d'imprimerie et son livre avait pour but principal d'exhiber de nouveaux caractères qu'il avait fait fondre et de proposer quel-

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