LES REPUES FRANCHES
un bon souper. Il savait qu'une société de bourgeois devait se réunir là, çn compagnie d'amies non reconnues par l'église. Les bourgeois allaient se mettre à table joyeusement avec les amies de contrebande, lorsqu'une troupe de diables apparaît. C'est Villon avec ses amis déguisés. «Anaort! à mort! crie Villon, le grand diable, prenez à ces chaînes de fer ces débauchés et ces débauchées et amenez-les en enfer, où Lucifer les attend.» Les convives, qui n'ont pas la conscience tranquille, sont saisis de frayeur ; ils s'enfuient après avoir payé, et laissent leur souper aux diables, qui ne firent faute de s'en régaler.
Une autre fois, il$j vont à trois dans un cabaret, et se font servir à dîner et dînent bien ; mais quand le garçon se présente pour être payé, chacun dé* clare que c'est à lui de solder la dépepse. Après s'être disputés quelque temps, ils conviennent que l'un d'eux se bandera les yeux, et jouera au colin-maillard; celui qu^il attrapera payera. S'il n'attrape personne, un autre prendra sa place. Il s'agit de savoir qui sera colin-maillard; comme chacun veut payer, tous refusent de se laisser muettre le bandeau ' sur les yeux. Le domestique impatienté leur dit : Eh bien,^ bandez-moi les yeux, à moi, et celui que j'attraperai payera; on trouve l'expédient excellent ; on lui bande les yeux ... et le trio dispa ralt. Celui qui fut attrapa ce fut le maître du cabaret, qui survint et paya en effet le dîner, car les^ trois, consommateurs furent introuvables.
Une autre fqîs eojcore, c'est chei« lui que maître François invite ses amis,, promettant de les régaler s'ils veulent bien le seconder.
Ses instructions données, il s'en va chez un rôtis-
364 LIVBE II PANTAGBUBL — II. PANURGE.
seur, et marchande un bon morceau ; la boutique du rôtisseur était ouverte et eans fenêtre, coïnme elles le smt encore génèraieinent'; au Aioment où maître François tenait un morceau, un de ses amis passe, qui; sanà ri«in dire, lui 'donne uu s^^ufSet. Villon court après lui pour se venger, inàiii^ i) ne Iftche pas le morceau qu'il tient. Avant qu'il fiUt atteint son agresseur, le rôtisseur, qui Ta suiW, le perd de vue, et... le tour est joué.
On ne dîne pas sans pain. Villon court eliez un boulanger et parait fort pfes5fé; il lui faut beaucoup de pain chapelet et il le lui faut sur l'heure. On le prie d'attendre un nioment et Ton se met à la- besogne. Quaild il jtige la corbeille miffisatnment pleiâe, il demande qtf on lui porte cela dTabord ; oïl ptéj^arera le reste ensuite. Accepté. On charge un gairçon de porter ce qu'il a acheté,- Villon raccompagne, puis, arrivé au bas d'ud esc^aliér, il lui dit : Je loolàterai bien- ce pain seul ; va bien vite chercher le reste et reviens te faire payer. Le plorteik" s'en ta* d'un côté, et marltre François de l'autre, si bien' qu'ils ne se s(Aft Jamàld rencontrés.
Màltrer François se rend ensrfite chez le mârchaind de vin avec deux seaux, l'un refldpli d'eau et l'autre vide. Il donne &(Ai seau vide et demande qu'on le hii remplisse de vin blanc ; dn lé lui rappt^rtè pl^in, il faitsemblaat de s'être trompé. C'ésti du vin roufge que ses' and? lui mi dit de rapp^tër^ et il rend le seau au garçon {knuf qciè Toâ fasse Té^alngé; Mais ce n'est pas le seau de vin blane qifil donhe, c'est le seai* d'eau, et, atant» qu'on s'itpeï'ÇdiVef die la méprise, il a tout le temps* de s^enftdr.
Lw^s^ûHs^ de ^é le moîneU' j)M décéiit qu'il êôi-