À-T-IL FAIT WS LITRE ALLÉGORIQUE
eri tique générale et son d'une satire individuelle; mais on n'a pas voulu les entendre dans ce sens; I>endant plusieurs siècles, on a répété que Rabelais avait renfermé toute Thistoire de son temps dans son «roman allégorique» et Ton s'est pris i étudier Gargantua et Pantagmel pour y trouver la chronique du siècle, comme on cherche la chronique scandaleuse de la cour de Louis XIV dans Y Histoire amoureuse des Gaules^ de Bussy-Rabutin, ou les intrigués de la cour de Louis XV, dans les Mémoires pour servir à Vhistoire de Perse.
Les premières tentatives de ce genre remontent au temps même de Rabelais. Son roman était à peine imprimé qu'il en courait déjà une clé. A en croire ces premiers annotateurs, il faudrait voir dans le père de Grargantua, Grandgousier, le roi Louis XII ; Gargamelle, sa femme, serait Marie d'Angleterre, dont l'alliance tardive fut fatale au vieux roi ; Gargantua serait François T', à q]ii Ton fait beaucoup d'honneur; le sage et mystique Pantagruel ne serait autre que Henri II, à qui l'on fait plus d'honneur encore; enfin Panurge serait» suivant les uns, le cardinal d'Am*boise, ou, suivant d'autres, le cardinal de Lorraine, et cette fois l'attribution est peu flatteuse pour ces princes de l'Eglise; quant au moine batailleur et jureur, Jean des Entommeures, il faudrait voir en lui, selon qu'on est protestant ou catholique, le cardinal de Lorraine ou Luther.
D'après une autre clé, d'origine anglaise, celle-ci, les personnages de Rabelais devraient être cherchés dans la petite cour de Navarre. Grandgousier serait
babelàis et son siècle.
J^an d*Albret; Gargaataa, Henry d'AIbret, fils da précédent et mari de Mai^aerite de Valois^ auteur de de VBeptaméran; Pantagruel serait Antdne de Yenddme; quant i Jean des Entommeutes, ce serait ce même cardinal Odet de Châtillon à qui Babekds dédia son quatrième livre ; Panurge serait Jean de Montluc, évéque de Valence, etc.
Même divergence pour les pwsonnages secondaires. Suivant les uns, Picrochole, c'est Charles VIII partant pour cette expédition dltaÛe qui commença si bien et finit si mal. Pour d'autres, c'est Ferdinand d'Aragon arrachant la Navarre à Jean d'Albret, — à moins que ce ne soit l'empereur Charles-Qaint rêvant la monarchie universelle, puis échouant tristement à Alger, en Provence, à Metz, — ou bien MaximiKen ^orza, qui fut vaincu par François I"" et rudement traité par son vainqueur. En fait de conquérants ambitieux trompés dans leurs espérances, la liste est longue à toutes les époques et Ton n'a que l'embarras du choix.
Bemier, Le MotteUx, Le Dachat, Marsy, ont diacun leur système d'interprétation. La palme en ce genre revient toutefois aux auteurs de Fédition variorum en 9 volumes in*8''. Geux^à ont poussé le système •des interprétations jusqu'aux limites de Tabsurde. M. Lenient appelle lenr commentaire «une véritable hallucination. >
La divergence des interprétations suffirait à prouver que ces annotateurs se sont lancés sur une fausse piste. Mais pour s'y lancer, pour chercher des personnages véritables et individuels sous les héros de Babelais, il &ut s'être fait une idée tout à fait erronée de l'écrivain lui-même. Gomment admettre
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