CE QUV)N LISAIT DE SON TEMPS
rieuse histoire du bonhomme Misère, dont Mérimée a recueilli, à Naples, une variante, insérée dans ses Dernières Nouvelles^ sous le nom de Fédérigo.
La collection de ces livres populaires ou plutôt rustiques, porte le nom de « Bibliothèque bleue » à cause du papier bleu-gris de la plupart des couvertures. On les a imprimés tour à tour à Troyes, à Epinal, à Montbéliard, à Bouen, à Caen même. J'ai sous les jeux 80 plaquettes de ce genre imprimées à Caen*
A côté de ces livres, descendus dans les classes, inférieures, le XVI" siècle avait sa littérature aristocratique, qui ne parvenait pas jusqu'au peuple. C'étaient au premier rang, de longs récits chevaleresques, les mêmes à peu près qui se trouvaient dans la biblio* thèque dé Don Quichotte : Ferceforêt et les chevaliers du 8t Graal^ Palmerin d^ Olive, Fcdmerin d^ Angleterre j Primcdéon de Grèce et autres chevaliers aux grands coups d'épée, qui, partis simples seigneurs de leur pays natal, finissaient, après avoir vaincu des légions de géants, après avoir sauvé maintes princesses et délivré des quantités d'opprimés, par devenir tout au moins empereurs et rois. Et puis l'interminable série desAmadis: Amadis de Gaule^ Amadis de Grèce^ etc. Les Amadis avaient été rapportés d'Espagne par FrançoisI" et traduits de Fspagnol en français, comme ils avaient été traduits du portugais en espagnol — caria plus ancienne rédaction que nous possédioas est portugaise — mais tout porte à croire, quoi qu'en dise M» BaretS que l'ouvrage avait été importé de France en Portugal par la famille royale,
^ De TAmadis de Gaule et de son inflaence sur )es mœurs et la littérature au XVI« et au XVII* siècles, par E. Baret 1858, in 80.
80 BIOGRAPHIE DB RàBBI<iI8.
fraoeaise d'origine. Pourqu^ par exemple, aurait-on donné au chef de la lignée le nom d'Âmadis de Gaule, s'il n'était pas yenu de ce pays ?
Babelaifi lui-même cite parmi le» livres qui étaient le plus à la mode de son tempe, Fessqrinte^ (ManAo furiaso^ le poème de rArioste, dont une version venait d'être publiée, Robert le diaUe^Fieraibras^ OvitUmme sans peur, Huon de Bordeaux^ Monievilk et Jfotabrune.
Le premier et les deux derniers ouvrages sont maintenant oubliés, mais les autres ont conservé toute leur popularité, sinon dans les classes instruites, au moins dans les populations agricoles de la France, et il continue à s'en expédier chaque année de Hontbéliard d'énormes ballots qui vont se disperser dans toutes les régions.
La littérature française de cette époque était riche en récits plaisants, très spirituds, le roman du J3^ nard, h roman de la Rose, mis récemment en prose, la vaste collection des fabliaux, les GetU Nouvelles nouvelles qui n'en sont souvent que la traduction ; la légende de Maisk'e Pierre Faifeuyàe Bourdigné, le Petit Jehan de Saintré^ les farces, celles de Par ihdin entre autres ; mais ces fivres trop fins, ne pénétraient que par exception dans la grande masse des lecteurs. Aucun d'eux n'est descendu jusqu'à la littérature rustique ; la partie oomique de la littérature des paysans ne remonte guère au-delà du XYII* siècle.
Le goût dominant étut donc celui de la littérature chevaleresque. Onvoulait des prodiges, de grand»
"*îl^ ïr-
CE qu'on lisait die son temps:
coups d'épée/deB éTénements extraordinaires, on ne demandait pas mieux que de Tire un peu, mais on vou^ lait sititimt s^étonner* admireir. Le même goût domi*- Hait en Espagne lorsque Oerrautès commença son Bon Quichotte. Rabelais voulant improviser un livre qui is'adressàt à la masse des lecteurs et dont la Tente f&t eertak» «vut A(mc sa voie toute tracée ; il se mit à Fœuvre et, sans se donner beaucoup de peine, car «il n'y employa oncques plus ni autre temps que celui qui estoit estably à prendre sa réféetion eorporeUej eçavoir est en beuvant et mangeant >, il fabiâqua un livre < dont il se vendit plus d^exemplaires en deus mote quil ne sera acheté de Bibles en neuf alnv».
Mais tpiel était ce livre si leetement composé et si leatement vendu ?
Etaii*ee le^a^r^on^a^ui figure soue le titre de Premier Livre dam les «euvres de Rabelais?
Ëtait^ÉB 1« Bomta^^ruel qvi figure dans oette eolleoâon sous le titre de Second Livre ?
Ne eeraitr-ce pas plutôt une des deux ou même les deux Chroniques â» Ourgantua^ qui ne figurent pas dans les œuvres de Rabelais, mais qui font partie de la Bibliothèque bleue?
Nous discuterons ces questions plus loin. Ck)nten« tons^nous de dise ici que le livre ou les livres de Rabelais commencent, comme le roman de Cervantes, par une ^af odie des romaxis de chevalerie, pour en venir à um satire très profonde et très mordante des idées, 'plus encore que des mceurs du temps. Oervantés remporte au point de vue de Tart, mais Ra* bêlais Remporte par la quantité d^idées qu'il remue, par une satire pilus mordante et par un but plus
82 BIOORAPHIS DK SÀBSLAIS.
élevé. Babelais est en pleine réaction contre le moyen- &ge dont il bat en brèche, avec Tœuigéralion que provoque la lutte, toutes les théories favorites, Tamour de la guerre et des conquêtes, les restes encore subsistants de Torganisation féodale, la vie contemplative, la mortification des sens, la scolastique et les mots ronflants sous lesquels se cache la nullité de Tidée.
xxn.
L'année même où il publiait Garganéua et Panr tagruel^ Babelais s*en prit à une superstition qui était aussi très puissante i cette époque, la croyance à Tastrologie judiciaire et aux prédictions — en publiant la Pantagrudine prognostifiecMan, et un Jlmcmach pour 1532^ ecdcidé sur le méridien de la nohle cité de Lyon et sur le dimat du royaume de France. Sur le titre de cet almanach, Babelais s^intitule «docteur en médecine», bien qu'il n'eût pas encore reçu le grade de docteur et — «professeur d'astrologie», bien quil ne crût pas à cette science. Son éditeur lui conseilla peut-être de prendre ce dernier titre, qu'il conserva par plaisanterie.
Cet almanach fut suivi d'une série d'autres , de 1533 à 1550. Ces ouvrages sont devenus introuvables. Nous savons seulement que, dans le premier, Tauteur protestait contre la prétention de connaître l'avenir, — eu entassant dés citations de la Bible qui n'avaient qu*un rapport très indirect à son sujet.» Il se peut, disait-il qu'il y ait cette année notable mu* tation tant de royaumes que de religion, mais ce sont secrets du Boi étemel, qui modère à son franc arbitre et plaisir tout ce qui est et se fait» Nous
BBB ALViKACHB. ~ 8S
STODB aOBsi quelques fra^eote de son Almanach de 1535. Dans la pré&ce, il oommence par constater que les hommes ont toujours eu soif de connaître l'avenir, et il eo conclut que r&me doit être immortelle puisque Dieu lui ayant donné ce désir n'a pu vouloir la tromper — et, que par conséquent, il lui réaerre pour une autre vie ce qu'il ne lui donne pas en celle-ci- a Prédire l'arenir, continue-t-il, serait, légèreté à moi, et à voua aimplesse d'ajouter foi à mes paroles.» Q se contente donc d'exposer ce qu'il a trouvé dans les docteurs en l'art, grecs, arabes et latins, mais tout cela «est moins que néant. Si bon temps sera, ce sera en dehors de la promesse des astres; si, paix; ce sera non par défaut d'inclination des princes à faire la guerre, mais par faute d'occasion. Je dis, quant k moi, que si les rois, princes et républiques chrétiennes observent la parole de Dieu et gonvement eux-mêmes et leurs sujets d'après cette parole, nous n'avons jamais vu encore une année plus salubre pour les corps, pins paisible pour les &mes, plus fertile en bien que le sera celle qui va commencer, et nous verrons la face du ciel, la véture de la terre et le maintien du peuple joyens, gai, plaisant et bénin pins qu'il ne l'a été depuis cinquante ans.»
De TAlmanach de 1541, on ne possède que le titre, acquis à un prix trôs élevé, par la Bibliothèque nationale de Paris-
XXIU.
La Frognostification est plus étendue. Elle fut d'abord publiée spécialement pour l'an 1533, mais, dans les éditions subséquentes, la date fut remplacée par
/■ sn.»i
ces mots: <(Pottr Tan perpétuel» Ba voici le litrd complet :
Pantagruéline progmstifieation^ ccriufmej véritqn hle eé infàUhle^ pour V(m perpétud; natévfilem&nt composée au proftù et advisemeni des entourais et musars de nature, par maistre Alcofrihas, architri^ clin dudit Pantagruel*
L'idée de cette plaisanterie n'api^rtieût pas À Ba^ bêlais* Au Gommeiiceiiient da XVP ûàele, nous ap^ prend Le Diiehat, un «Dùnyme j&t paraître une prophétie de ce genre en allemand. Cette iMTOfibétie iot augmentée et traduite en latin par un e^tÂîn Hesh richmann et on k trouve dans les FaoétiœÙQ Heori Bâbel^ publiées en 1515. Ainsi B^belais en a eu.psQ^ bablement connaissanee.. Nous devoos ajouter qne «li ridée est la môme, les détails sont gébéralemçat dif*férents.
L'opuscule œt divisé en dix cb&l^itFOS»
Les Français yeùlent des noavelles, dit EaMaid, eomme les Gaulois leurs ancêtres. La premiôre chose qii'on demande à celui Qui arriy^ de loin c'est: Qu'y a-Ml de nouineau ? quel bruit court par le monde ? Mais plus ils sont prompts à demander nouvelles, plus ils sont faciles à croire ce qui leur est annoncé», et ne devrait-on pas mettre gens dignes de foi à l'entrée du royaume pour examiner les nouvelles qu'on y apporte? C'est ce qu'a fait mon bon maître Pantagruel. Cray^ff donc tout ce que je voujsi dirai. «Or mouchez vos. nez, petits enfants, et vous autres, vieux resveiirs, afiustez vos bezicles et pezez ces mots au poys du sanctuaire », c'est-à-(Mre avec une religieuse attention.
«Quoi que puissent vous en dire les astrologues de Louvain de Nurenberg, de Tubingue et de Lyon» — villes où se publiaient alors les almanachs — «ne croyez pas qu'il y ait cette année d'autre gouverneur du monde que Dieu qui régit et modère tout par sa parole. Saturne, Mars, Jupiter, ni Ténus, ni le soleil, ni les autres planètes, ni les anges, ni les saânts, ni
LA ■•PANTiaBOEIINE ■pBOaHOSTIPICATIOH.» 85
lié htmoies, ni tes diables, n'auront Vautre influence et pnis- Bfficte <rue celle qne 'Diew leiir donoéMl. Aticenne a rwBon'Bor ce point, ijliôiqne aiir'beaticoul) tfautrea il ait tes\é outre Dieanre.» ' ' ■
Cette année) il f aota t^nt d'é«HpSës thï Soleil et de 1» lime,
o'estrà-diwidfl l'or «t de L'argent, .
que j'ai peur q,ue nos bourses n'en pâtissent inanition et noa -!î^
sens perturbation. , . , '
Cette Année lés éc'revisses iront de CQté, les cordiers à re- Cttlops. Les escabeaux monteront aur le^ hauca, ,lea broches sur lea ïandiers ,et les bonnets sur les cUap^Oï. Les, puces seront noires pour ta plupart fô lard fuira lea pois en . cargme .
Le l^rd &tix pois ét&it nu dés metgs les pins estiniés au Syi*' siè'cl^. ^ .,',', '!,/ ' ' ■ . Les bêtes varieiissbaiidlverf lienii Use fer» c«tte: année pJBb 'de' Sept TWrbaii Ir i 'I giiliw t, à VliKwa- n«' les tient de
COtHl; ■' ■' ■' ■ . ■ . i , .
Priscien désigne ici, la grarooiaire. I-es verbes sont souvent' conjugués d'une façon irrégûlifere dans les écrivains de cette époque parc^ que, chacun obéissait en cela à l'usage de sa province. Cette irrégularité se faisait surt^i^t ^^ pa^sé défini et a l'imparfait dfo. Bubjeactif,-que,. âaïUB la^ pLos. gcaqde partie de la France, on terminait en is et en isse- Les ParisieoB tenaient' alots pour lés tetttiinâisons ai, asse, qulls ont Ëtit prévaloir. , Leurs d^seendanta n'ont pas hérité dé cet aotour pour oae- tsrmÎBaÎBOina aonoraa; les Parisiens d'aujoard'-hm les ont raéme tellémest prises en''dégùût qtie beaucoup d'entré eux aiment mîeux' faire une faute de syntaxe que dé les prononcer.
. Cette année, poorsuit Sabelais , que uoas coutinnons à abréger, les aieuglea ne verront que bien peu, les sourds oui' ront assez mal, les muets ne parleront guère les riches sa
as
BIOeSAPHTS DB BABSXiAIS.
porteront on peo mieux qœ 1m pauTres «t les stins mieiix que les malades. Plnsiemni moutons, bcsafs, ponrceavlx, oysens, l>ooletz et canars mourront; et ne sora si cruelle mortalité ^treles singes et dromadaires. Vieillesse sera incurable ceste année, à cause des années passées. Ceux qui seront pleuretiques auront grand mal on cousté. Les catarrhes descendront ceste année du cerveau es membres inférieurs : le mal des yeulx sera fort contraire à la veue ; les oreilles seront courtes et rares en Guascongne, plus que de coutume. Et régnera qussi universellement une maladie bien horrible, et redoutable, maligne, perverse, espouvantable et mal plaisante, laquelle rendra le monde bien estonné, et dont plusieurs ne sçaurontde quel bois fsire flesche, et bien souvent composeront en resvasserie, syllogisana en la pierre philosophais, et es. oreilles de Midas. Je tremble de peur, quand je y pense: car je tous dis que elle sera épidemiale, et Pappelie Averroys: ColUgetf fauUe éPargent^ Et attendu la comète de Tan passé, et la rétrogradation de Saturne, mourra à Fhospital un grand marrauH tout catarrhe, à la mort duquel sera sédition horrible entre les chatz et les ratz, entre les chiens et les lièvres, entre les fauleons et les canars, entre les moines et les œufz »
Cette partie de la Prognostification est presque traduite d'un livre latin : De rcUione studi% qui parut vers 1513 i Lyon :
Proximo anno , eœi parum avt nîhil videhunt , ntrdi màU audient, muH non loquentur, etc. BeUum erU mter car neê et lepores^ inter felea et mutrest inter Jupoê et oves, kOer manachas et ovti^ etc.
L'année sera fertile en biens pour ceux qui sont déjà riches. Le houblon de Picardie craindra un peu le froid, l'avoine fera grand bien aux chevaulx, il n'y aura guère plus de lard que de pourceaulx, à cause de la constellation des Poissons qui sera en ascendance. Il y aura abondance de hannetons. Mercure menace quelque peu le persil , qui sera cependant à un prix raisonnable. Mais il y aura plus que de coutume de soucis [plante] et de poires d'angoisse.
^ Le chapitre Y s'ouvre par une protestation contre Tastrologie et en faveur de Tégalité des hommes deyant les astres.
LA «FANTAaBVBLINB PS0GN08TITICATI0N». $7
La plus grande folie da monde est de penser qu'il y ait des astres pour les rois, papes et gros seign^ors , plutôt qne pour les pauvres et souf&^ux, comme si de nouvelles étoiles avaient été créés depuis le temps du déluge ou de Bomu- 1ns ou de Fharamond, à la nouvelle création des rois.
n ne fàat pas oublier, en lisant ces lignes, qu'à Tépoque où Rabelais écrivait, les rois avaient encore des astrologues officiels bien payés, Ruggieri, Nostradamus, etc. etc., et que, dans notre siècle, de hauts personnages, Napoléon F', Napoléon III, ont cm avoir une étoile.
Tenant donc pour certain, poursuit Rabelais, que les astres se soucient aussi peu des rois que des gueux, et dea riches que des marauds, je laisserai aux fous pronostiqueurs à parler des rois et des riches, et parlerai des gens de bas état.
Puis vient une de ces énumérations dans lesquelles Fauteur se complaît :
Les gens soumis à Saturne» comme gens dépourvus d'argent, jaloux, resveurs, preneurs de taupes, usuriers, etc., etc. n'auront pas cette année tout ce qu'il voudraient bien; ils s'étudieront à l'invention de sainte croix.
M. Rathery croit que ces mots indiquent qu^ils se livlreront à des recherches inutiles, «comme celle de la sainte crois qui n'est plus à trouver. > Il nous semble que c'est chercher une explication bien loin. Il y avait alors des croix sur la plupart des monnaies : chercher la sainte croix, c'est tout simplement chercher de l'argent
A Jupiter sont soumis les gens d'église, les sculpteurs, copistes, bullistes, hypocrites, chattemites, clercs de greffe, pattepelues, barbouilleurs de papier, notaires, etc. Il mourra tant de gens d'église cette année qu'on ne pourra trouver à qui conférer les bénéfices, en sorte que plusieurs en tiendront deux, troisi quatre et davantage.
BiOeRAFBlS DB BABELÀIS.
, C'est une é^giumme contre les- cutnulards, qui se faisaient adjuger une quantité de bénéfices tandis que les moins intrigants n'obtenaient rien. «Les chevaux courent les bénéfices, dit le proverbe) .mais les ânes les attrapent. >>
Les gens soumis à Mars, bourreaux, utôurtrîers, sergeuts». arracheurs de dents, faux monriayeurs, charlatans, etc^ etc.; seront fort sujets à recevoir des coups de bâton d'emblée. Un des susdits sera fait cette nmée é^èque des etemps donnant k bénédiction avec les pieds ;
autrement dit : sera pendu.
Rabelais continue à énumécer les gens soumis, au soleil, travailleurs pour la plupart, qui seront sains, alègres et n'auront la goutte aux dents quand ils seront de noces ; — les gens soumis à Venus, déessQ des amours ; — à Mercure, dieu du coDçimerçe et des voleurs ; — à la Lune, patronne des' lupatiques et des fous. Les sujets de Mercure feront plus souvent semblant d'être joyeux qu'ils ne le seront * en effet. Mais moins de lifrelofres, c'e^t-à-dire d'Allemands, feront le pâerinage de SWacques de Compo6^ telle qu'en 1524 — .ennée pour laquelle- «on a^vait prédit là fin du monde, .
L'auteur parcourt ensuit e^ les. divers pay^. Voici ce qu'il dit de la France :, , . . , .
Le noble royaume de Jranee prospérera et, triompliLeiai çeste année en tous plaisirs et délices, tellement que les nations estranges voluntiers s'y retireront. Petits banquets, petits esbatemens, mille joyeusetés s'y feront où un chascnn prendra plaisir : on n'y vit oncques tant èe vi^s» ni olu^. fviands; ^rce rabes [raves] en Limousin, force ebaata^nei^ ejoi Périgart etDaH*^ pbiné, forcQ olives en Languedoc, force sables en Olone, forc^ poissons en la mer, force estoiles au cifl, fp^ce.seleuBrotwi^^ [dans la Charente-Inférieure], planté [abondaticej de bled;z^ lé-i gumaiges, fruitaiges, jardinaiges^ bennes, laic4«^g^. J!!(uUe pant
^ LÀ «PAHTAaSUBIiINJS PBOOJiÛfiTIFICÂTION. » 69
yestd, nf^le guerre, xiul ennuy^ brea de pauvreté, toe^ cte saoleiv bren de ' mélancolie. Et ces vieulz doubles ducatz^ nobleç à ia rose, angelofz, aigrefins, royaulx et moutons à la grand laine {fii<mnàii9é cg^eréës] refdtftnéuDCft en ti6dncô avec planté' dé eerafpB'ét.cicuz.attsoteiti'tCiiffiftefds.sus l&uiliea'de Vèûié i^rA ^redofibtei^ qoelau^ T(9|)iU|^ 4eF><^ek4^9'e>'^UoiMiiiftde}fi;I>en vinière: adeo nihilest ex omni parfç ôea^w^/ Mais.il le» fauldjc» brûler à force dé collatîons vespiertinçs [du soir].
«En toute ceste année ne' Be'i^-<|ti<tfàeithf]^,'enieo^ ne sers* «S9't>oii|t aaontiell^;; f/voM-m ii^esbien maxni^ «rems autres :qui ^e.crom -mQ. ^n,Pi^i^ quip^rsçcuite^sa Bmt« et divine parct)<^ ensemble ceux qui la. maintiennent. Mais filiez. vous pendre; ja ne sera 'autre lune Que celle laquelle Dieu créa au conttnenceflifefàt éù teondei etiaqutellejPW-Peffèct ide sadlte sacre pâi*oîô, »6âté'eittfliUé;»U:)irttiaivetd: ]ioinr lu|ife,.êt g«fdër li|s humsitoi
.5A projp(Q».70uS( veorréz QçstQ 'Saipn àmpitié. plus d# ileur& qu^en toutes les trois autres. Et ne sera réputé JGol cil qui. en ^ temps fera sa provision d'argent. ' • . -
«En esté, je ne sçay quel tQmp£ijiyquel vent courra : mais je sçay bien qu'il doit faire chautJ et 1*égner ,vent marin. Toutefois, siajUtremeut arpve,^ pourtant ne^f{^}ildmr9]vef,J>ku..Caril est plu^ sàge.que nous et sait tro^ m^ieulx^e We nous^est nec^sair^ que^ nous-mesmes.'» ■ '^ • - - . . j • v .-•
Entauiomïhë W v^ndâsigÉ^ft. Oéttx *é« c^leir (frA ont faft vœti 4ie(jetU[)e(a.qUa9â les'eâlodeatW'aârw&Dpktit âu^dt pèttreMl; bi«i ^ xepaitr^.ài !['h,eni^.préifntQ, .^r .çljLetb y.^esteroi^t ep/coi^ attacliées i^eizQ mille >et je ne sais combien de jours. Et n'e^pétez pl'os prendre' les alouettes à la chuté du ciel,* car il ne tombera pas en- notns siècle, iur mon honneur. ' : En biirèrlbsadges'iift tendront p^8let»8>prîi^seï ^Uraelieléi» dn.boifiiy .d'il pto^t| tm nou^. «tristes. gWi Ui y- ai^^a^ moinf da poussière par le chemin4 Tenez-vou^ chaudement, écvitez lesi catarrhes, et buvez du meilleur.
R^Jhelaiâ ne,6ç risquait pis beaoeoupi en faisant