‹ Rabelais et ses œvres (volume 3)Chapitre 48 sur 104 · IX · texte numérisé non relu

IX

Picrochole, non seulement refuse de recevoir les envoyés, il ne veut pas même aller leur parler, et leur dit de s'entendre avec le capitaine Touquedillon, qui aifûtait en ce moment une pièce d'artillerie sur les murailles.

Gallet voulut aller jusqu'au bout II montra les provisions qu'il apportait et le contrat qui donnait à Marquet la métairie de la Pomardière. «Pour Dieu, dit-il, vivons dorénavant en paix. Quittez cette place sur laquelle vous n'avez aucun droit, retirezvous chez vous, et soyons amis comme devant >.

Touquedillon transmit le message à Picrochole,

mais en lui présentant les choses à sa manière :

Ces rustres ont belle peur, lui dit-il. Grandgousier tremble dans ses chausses. Ce n'est pas son affaire d'aller en guerre, mais oui bien de vider des flacons. Pensait-il avoir affaire à une dupe, de vous repaistre de ses fouaces V Voilà ce que c'est que d'avoir été trop bon envers eux! Oignez villain, il vous poindra [piquera]; peignez villain, il vous oindra.

Picrochole, dont la tète n'est pas forte, ne manque pas d'abonder dans le même sens; <Çà, çà, çà, dit-il, ils en auront*

Touquedillon lui remontre alors qu'ils sont assez mal avitaillés. «Si nous sonmies assiégés, je suis d'avis que nous nous fassions tous arracher les dents, excepté trois. Ce sera bien assez pour consommer ce que nous avons de munitions de gueule. > — Picro-

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