DISPUTE PAS SIGNES
francs, qui étaient jetées ensuite par la fenêtre, tandis que les familles de ces mêmes gaspilleurs étaient dans le 'besoin. Dans la Vie de Bohême — et Mtirger, auteur du livre et de la pièce, avait dû être témoin de faits de ce genre, — nous voyons des jeunes gens toujours aux expédients pour vivre, trouver piquant, un jour qu'ils sont en fonds d'acheter un perroquet et un singe. Le singe mange le perroquet et meurt d'indigestion.
Pantagruel donnera, au livre suivant, son jugement sur les dissipateurs. Rabelais revient souvent sur ce vice de l'esprit ; il enveloppe dans la même haine les dissipateurs qui perdent follement leur argent et les moines qui perdent follement leur temps ; il met ces deux richesses sur le même pied.
Un beau jour un savant, du nom de Thanmaste, attiré par la renommée de Pantagruel, arrive d'Angleterre, afin de disputer contre lui. Il lui adresse un docte compliment, où il énumère tous les philosophes qui ont voyagé et les pays qu'ils ont parcourus.
En entendant le bruit de ton savoir, dit-il en terminant, j'ai quitté pays, parents , maison et me suis transporté nonobstant la longueur du chemin, les ennuis de la mer, la nouveauté des contrées, uniquement pour te voir et conférer avec toi.
Mais voicy la manière comme j'entends que nous disputerons. Je ne veulx disputer pro et contra comme font ces fol2 sophistes de oeate "^^Ue et d'aiUeurs. Semblablement je ne veulx disputer en la manière des Academicques, par. déclamations, ny aussi par nombres comme faisoit Pythagoras et comme voulut faire Picus Mirandula à Bome. Mais je veulx disputer par signes seulement, sans parler : car lias matières
LIYBE n. PAKTÀtiBtJEL. — U. PÂNlTBaE.
sont tant ardues que les paroles humaines ne seroient suffisantes a les expliquer a mon plaisir. Par ce, il plaira a ta magnificence de soy y trouver, ce sera en la grande salle de Kavarre, a sept heures du matin.
Pantagrael lui répond qu'il est tout à ma service, persuadé que, «dans cette dis€U88k)ii, il aura plus à apprendre qu'à enseigner,» et Ton se donner;»dez-vous pour le leudemaio.
n s'opéra alors un échange de rdtes entre les personnages. Thaumaste Térudit rentra chez lui tout altéré et demanda à boire, et Pantagruel, le roi des Altérés, demanda des livres savants. Il se fit apporter tout ce qui avait été composé sur les uMBr bres, les signes, la magie, les songes, par Béda, Plotin, Proclus, etc., etc.
Panurge, le voyant si préoccupé, lui dit : Si vous travaillez ainsi, vous allez tous donner la fièvre, buvez quelques bons verres de via et allez vous coucher, je me charge de répondre à TAjo^lais. — N'oublie pas que cet homme est estrémement savant. — Y a-t*il au monde un homme aussi savant que le sont les diables ?
— Non, assurément, dit Pantagruel, à moins d'une gr&ce divine et spéciale.
— Eh bien ! j'ai argumenté cfiAt fois ci»itre tous les diables et je les ai fiôts qurnauds^ je km «i réduits au silence. Si votre Anglais û'est pas demain ad metam non loqui^ dites du mal de moi.
Pantagruel se laisse persuader. Panurge paase la nuit à botre avec les pages et à jouer toutes les aiguillettes de ses ciauisôettes — * tQtiaftd les éludants n'avaient plus d'argent, ils jouaient celles des aiguillettes de leurs vêtements^ dont ils pouvaient sa
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