‹ Rabelais et ses œvres (volume 3)Chapitre 87 sur 104 · LIVRE II. PANTAGRUEL. — II. PANUEGE · texte numérisé non relu

LIVRE II. PANTAGRUEL. — II. PANUEGE

rappelle que les lieues d'Allemagne sont plus longues encore et les plus longues de toutes ; il en demande la raison à Panurge. Panurge n^eat jamais i court. Les paysans qui vont à pied disent, en plaisantant, que chaque fois qu'ils laissent tomber leur bâton, ils ont fait une lieue de pius. Un roi de France, suivant Panurge, employa un moyen anar logue pour mesurer les distances ; il envoya de Paris, dans toutes les directions des couples de nouveaux mariés. Chaque fois que le couple s'embrassait, il devait déposer une pierre, qui indiquerait une lieue. On s'embrassait souvent au début, mais à mesure qu'on s'éloignait, les baisers devenaient de moins en moins fréquents. De là, la plus grande longueur des lieues de Bretagne et de Normandie et Textréme longueur des lieues d'Allemagne.

Pantagruel et sa suite arrivèrent à Honfleur, en face du Havre. Comme ils s'apprêtaient à s'embarquer, Pantagruel reçut un billet contenant une bague ornée d'un diamant et une lettre qui se bornait à une adiresse. Panurge pensait qu'il y avait peut-être sur le papier des caractères écrits à l'encre sympathique et le voilà essayant tous ke réactifs connus pour tâcher de faire apparaître les lettres invisibles ; tout étant inutile, on regarde l'anoeau, on y trouve des caractères hébraïques, et y on distingue la fin d'une phrase qui se trouve en hébreu dans l'évangile latin de St. Mathieu : Eliy Imna sahachthanL «Dieu de moi, pourquoi m'as^tu «bandonné?» En considérant le diamant, on reconnatt qu'il est &ux^ Il y avait donc là une sorte de rébus, que Panurge expliqua ainsi: Di, amant faux» pourquoi m'as-tu laissée? — Pantagruel se souvînt

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alors qu'il avait été en liaison, avec une dame à {|ui il avait oablié de dire adieu. U aurait bien voulu lui répondre, mais le navire qui A&tùt les emporter allait partir, et les choses en restèrent là.

Il est évident que toute cette histoire n'a été inventée que pour amener le rébue et permettre à l'auteur de faire parade de ses connaissances en fait d'encres sympathiques.

Ces deux chapitres sont les seuls oil Rabelais Doas entretienne des amours de ses personnages, et il a bien raison de n'y pas revenir: ce ne ï^ont «mati&ies de bréviairea, et il ne s'y entend pas.

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