‹ Rabelais et ses œvres (volume 3)Chapitre 94 sur 104 · LES CONQUÊTES ET LA COLONISATION · texte numérisé non relu

LES CONQUÊTES ET LA COLONISATION

renvoie à garder leurs moutons continuèrent à rôder autour de lui, et le forcèrent à la fin à laisser son ouvrage imparfait.

Le Livre III s'ouvre par quelques considérations sérieuses sur les conquêtes et la colonisation.

Le roi Anarche est vaincu. Les Dipsodes n'avaient aucune raison d'être affectionnés à un roi qui, par pure ambition personnelle, était allé provo^ quer un puissant voisin sans même prendre les précautions nécessaires pour réussir, et s'était fait battre dès la première rencontre ; ils se donnèrent volontiers à Pantagruel. Us n'avaient pas été humiliés; ils n'avaient pas souffert les douleurs d'une invasion, puisque la lutte s'était décidée en une seule bataille et sur le territoire ennemi. Le pays d'Utopie était trop peuplé, le pays des Dipsodes ne l'était pas assez. Le manque de bras les empêchait de tirer parti de toutes les richesses de leur sol; ils accueillirent volontiers les Utopiens, d'autant plus que ceux-ci étaient paisibles et amis du travail. Comme ils aimaient beaucoup leur roi, cet amour se communiqua aux Dipsodes, qui, loin de se plaindre des événements, regrettaient de n'avoir pas connu plus tôt Pantagruel, auquel ils se seraient donnés de tout leur ccpur.

Kabelais est opposé en principe à toute espèce de conquête; mais si, par suite de circonstances exceptionnelles, un pays est conquis, comment faut-il le traiter ?

« La manière d'entretenir et de retenir les pays nouvellement conquis, nous dit il, n'est pas comme

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