‹ Rabelais et ses œvres (volume 3)Chapitre 98 sur 104 · ST THOMAS ET LÀ LAMPBOI · texte numérisé non relu

ST THOMAS ET LÀ LAMPBOI

soutieût l'estomac, chatouille la laagae, fait le tmt clair, fortifie les muscles, tempère lé sang, rafraîchit le foie, etCy etc., etc.> Nous nous arrêtons au milieu du défilé des fonctions physiologiques.

Pantagruel, que la yerve de Panurge amuse, se garde de lui répondre sérieusement. — < Auriezvous l'intention de me prouyer, lui dit-il, qu'il n'y a que les gens d'esprit qui sachent dépenser ainsi leur fortune en peu de temps? C*était l'avis de Néron. Il admirait, disait-il, Galigula qui avait eu l'adresse mirifique de dépenser en peu de jours tout l'avoir que Tibère lui avait laissé. Vous avez fait comme les Romains quand ils fêtaient Protervie. Ce joui'-là, il fallait manger tout ce qu'il y avait de mangeable dans la maison et jeter le reste au feu sans rien réserver pour le lendemain, — ou, si vous l'aimez mieux, vous avez fait comme ce Bomain, qui, après avoir dépensé tout son bien, mit le feu à sa maison pour qu'il ne lui restât rien. Il aurait eu aussi le droit de s'écrier : Ccnsommaûum estj comme St Thomas d'Aquin, quand il eut mangé la lamproie. >

xxni.

Ces derniers mots, qui n'ont aucun rapport avec les histoires des dissipateurs, font allusion à une distraction de St Thomas d'Aquin. Le célèbre théologien avait été un jour invité à dîner par le roi Louis IX, comme il était en train de composer les hjrmnes de la fête du saint Sacrement. Il en était au Fange lingua, dont la musique est aussi gracieuse que les paroles sont plates et prosaïques ; il y avait pensé toute la journée , il y pensait encore en attendant

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