‹ Rabelais et ses œvresChapitre 122 sur 134 · LA RÉPUTATION DE BÀBELAIB · texte numérisé non relu

LA RÉPUTATION DE BÀBELAIB

Son pamphlet publié en 1791 a pour titre: Ht Vauforité de Rabelais dans la révolution présente et dans la constitution civile du clergé ou Institu" tiens royales^ politiques et ecclésiastiques^ tirées de Gargantua et de Pantagruel^ in 8^ Paris. L'ouvrage • est yert d'allure et un peu brutal de style. C'était le ton de Tépoque.

Dès le Xyi« sièclGi dit-il, Rabelais attaqua les préjugés en yéritable philosophe. Son autorité doit être comptée parmi celles des sages qui ont préparé la destruction de nos sottises..

Despréaux» Racine, Molière, La Fontaine admiraient Rabelais, le relisaient souvent, l'imitaient plus souyent encore. De nos jours on a pris à tâche d'en dire du mal ... On n'a plus daigné lire Maître François , on aurait rougi d'avouer qu'on Ta lu.

Après quelques pages sur ce ton, Ginguené s'attache à mettre en relief, par des citations accompagnées d'observations assez courtes , les idées de Babelais qui lui semblent dignes d'être prises en considération ou appliquées.

Il commence par établir qu'il y a dans les ouvrages de Babelais, sous l'extérieur de la fiction, un sens profond, politique et philosophique qu'on doit prendre la peine d'y chercher, et il cite dans ce but une partie du premier prologue. Son second chapitre a pour titre: cDe la liste civile, et des dépenses personnelles du roi. > Ginguené soutient que ce n'est pas sans intention satirique que Rabelais a représenté la royauté si grande mangeuse et si dépensière. Puis vient la question de l'éducation des rois ; l'auteur rapproche des détails qu'il trouve dans Gargantua^ ceux qui figurent dan? les Mémoires de St-Simon sur la jeune famille de Louis XIV. A propos du système d'éducation ûe Ponocrates, qu'il

XVni* SIÈCLE. GINGUENÉ. > 637

reproduit en^ entier '^ Ginguené dit qu'il n'entend pas proposer ce système comme un modèle absolu, mais que si, dans l'éducation des princes, on tirait une iDStruction utile des plus communes actions de larvie, si Ton entremêlait les exercices de Tesprit à ceux du corps, il est à croire que les souverains «ne s'en porteraient pas plus mal et n'en vaudraient que mieux. >

Les Considérerions sur la guerre et sur la paix se composent de Thistoire du roi Picrochole et du roi Ânarche, et de la description de Tabbaye de Thélème.

Si le voyage d'Ëpîstémon dans les enfers, ajoute Ginguené, paraît d'abord d'une folie extravagante, les sages y trouveront cependant quelque chose de philosophique et verront peutêtre dans ces métamorphoses des prédictions accomplies.

Ginguené consacre quatre chapitres aux questions de Tordre judiciaire, sous ce titre: «De l'ancien ordre judiciaire , des parlements et des juridictions inférieures > ; il raconte Thistoire des procès jugés par Pantagruel et celle de Bridoye. L'histoire des Chats fourrés fournit deux chapitres : la «Grand Chambre», puis : «Comment la grand chambre vivait de corruption, où l'on voit par occasion ce que les bons gentilshommes faisaient pendant leur vie et ce qu'ils devenaient après leur mort.> Puis vient l'histoire des Chicanous et des noces de Basché sous ce titre : «Des bas officiers de justice et de leur manière de vivre aux dépens des nobles. >

La seconde partie de la brochure traite des questions religieuses. On y voit figurer successivement tout ce qui, dans Rabelais, a trait aux moines et

540 LA RÉPUTATION DE BABELAtS.

^avaleurs d'hommes et d'animaux qu'ils dévorent, revêtus de centaines d'arpents de soie, de velours, de brocards et d'aiguil* lettes, que sigDifie-t*elle ? Une succession de trois rois de France et leurs déprédations ruineuses. Rabelais commence par satinser les chimères, les vanités de toutes les dynasties du monde, en mettant à califourchon le premier aïeul de Grand- Gousier sur l'arche de Noé. C'est par ce trait qu'il ouvre son livre. La naissance de Gargantua, son éducation rîsible, ses petits jeax, sa gourmandise, sa mutinerie, ses dodelinements, les flatteries de ses gouvernantes, les admirations de ses pédagogues, qu'est-ce autre chose qu'one allusion aux sots respects dont on berce l'enfance des princes ? Gargantua vient se montrer à sa bonne ville, pleine d'impatience et d'aise de le voir. Quand le poète Aristophane travestit en vieil imbécile le peuple d'Athènes devant ses concitoyens^ en parle-t-il plus lestement que ne parle Rabelais du peuple de Paris ? L'affluence grossit si fort autour de Gargantua, qu'il se débarrasse de la foule en grimpant sur les tours de Notre-Dame, d'où, raillant les citadins qui attendaient sa bienvenue , il les salit avec insulte, et veut leur voler leurs cloches pour les fondre à sa monnaie. Cette malice convertit la joie publique en affliction et en colère. De là les harangues de maître Janotus, toussant et déclamant son patois d'école et son latin de cuisine, sanglante satire des universités.

Lemercier voit dans ces faits, — qu'il transforme bien un peu— les mécontentements excités en raison des impôts que leva pour la guerre en Italie le roi François P' au moment cil la capitale se réjouissait de son avènement au trône.

Nous avons déjà dit ce que nous pensons de ces applications historiques précises du roman de Rabelais. Lemercier a tort de chercher des personnages historiques sous des types évidemment fantastiques. Il a tort aussi de ne pas voir le côté noble et sérieux de Pantagruel, qui forme un contraste si complet avec Panurge. Mais à cela près, ses jugements sont d^un connaisseur. On sent à son style

iIX<> SIÈCLE. LEHËBCIEB.

ainsi qu à celui de Ginguené, que la révolution a passé par là.

Citons encore quelques passages :

Suivez les personnages dans leurs comiques aventures chez les Chicanons, au milieu des gros Chats fourrés lécorcha&t leurs victimes sur une table de marbre , vous rirez de cette image des procédures du palais. Suivez-les chez les gens en robes à manches couleur de roi, ayant les mains longues comme jambes de grue» les doigts à ongles crochus et les pieds de même ; visitez leurs larges bureaux tapissés de drap verd ; allez de leurs petits pressoirs^ jusques à leur grand et dernier pressoir, où ils font passer les châteaux, les parcs, les maisons, les bois tout entiers, dont ils retirent tant d'or potable ! Interrogez sire Gagne-Beaucoup sur ce redoutable pressoir dont la vis s'appelle récepte, la met dépense, le tesson deniers comptés et non reçus, les fustes souffrances, les béliers radietury les jumelles recuperetur, les cuves plus-va> leur , les ansées rôles , les fouloirs acquits , les hottes validation, les portoires ordonnances valables, les scilles le pouvoir, Fentonnoir le Quittus. Interrogez-le sur le dogue à deux têtes, sur l'autre dogue à quatre têtes , symboles des doubles peines, des quadruples amendes ; interrogez-le sur l'androgyne pronotaire, qui se nourrit de chair d'appellations ; Gagne- Beaucoup vous dira que toutes ces figures monstrueuses sont les emblèmes du Parlement. Accompagnez les mêmes personnages dans les contrées des Papegauds, des Papelards, des Papes-Figues, des Prêtregauds, des Cardingaux, des Evesgaux, des Moinegauds, des Capucingaux, vous ne pourrez méconnaître en eux le peuple mitre, enfroqué, tonsuré

Lemercier conclut ainsi:

[Le livre de Rabelais] est un puits de science et d'érudition, recueillies aux meiUeures sources. Regrettons que la vieillesse de son style en ait rendu la plus grande partie presque incompréhensible j félicitons-nous pourtant de ce que son vieux idiome cache l'impudeur de certains mots aux lecteurs honnêtes.

Le livre où Lemercier s'exprimait ainsi est de

542 LA. RÉPUTATION D£ BABELÀIS.

1817. Deux ans après il revenait à la charge dans un autre ouvrage, dans un poème bizarre où Von n'aurait guère Tidée d'aller chercher Rabelais et ses oeuvres.

Ce poème a pour titre : la Panhypocrisiade. La scèuie se passe dans TEnfer. .Les démons se donnent la eomédie et évoquent le XVr siècle avec ses grandenrs et ses misses, ses splendeurs et ses crimes. Tous les tons s'y heurtent, les hautes aspirations et les détails hideux, les beaux vers et les pages communes. C'est fatigant et grandiose. Les divinités qui foat mouvoir le drame sont des abstractions : le Temps, TEspace, la Terre, la Conscience, la Peur, la Honte, la Politique, la Monarchie , THérésie , TEsprit des conciles , Tlvresse , le dragon de TOr (Cfarysophis) , Taiguillô aimantée <Manégine) ; les rois, les écrivains, les réformateurs, les artistes du temps jouent aussi leur rôle dans cette vaste et confuse conception. Au chant XI" fin dialogue s'engage entre Babelais et la Raison. En voici quelques taiiis:

iQài djfi-moi, qu'as-ta fait dans tes Uhr€s instants ?

~ De magiqiies miroks aux prînceis àe mon temps :

Là se verra mon siècles et gatmeat, adirés boire,

Pour les rieurs futurs j'en écrirai l'histoire.

Vois-tu ces ogres là s'ébattre à festoyer ?

— Oui - C'est Gai^antua, sorti de Grandgonsier,

Race en gloutonnerie opérant des merveilles :

Leurs larges avaloirs, leurs deifts jusqu'aux oreilles,

Mangeant liommes vivants, bœufs, veaux, porcs et moutons,

Dépeuplant l'air d'oiseaux et la mer de poissons ....

Leurs arpents de velours, de soie et d'aiguillettes,

Etoffant, galonnant leurs chaniSBes, leurs braguettes.

Leurs flancs entripaillés, leurs chefs dodelinants . . .

Doivent en ces miroirs te foire reconnattre

XIH* SIÈCLE. LEHERCIEB. 543

D'insatiables rois c^ae Y(m ne peut cepultre ...

— Quelle haute jumtaA moate Gargantua ?

— C'est la dame d'Heilly ; vois quel amble elle va 1 Et que sur son chemin, elle a» de liftue en lieue» Jeté bois et maisons sous les coups do sa queua.

— C'est bien frayer sa route en maîtresse des rois, Que d'abattre en pansant les maisons et les toits -, Mais tourne ce miroir par devant la justice^

— Grippeminaud s'y peint, monstre nourri d'épice y Et ses gros chats, fourrés de ^iv^rse toison. Miaulant près de lui, flairent la venaison:

Leurs griffes et leur gueule, instruments de leurs crimes, Sur leur table.de marbre écorchent leurs victimes .... Yois-tu ces Chicanons ? Vois-tu ce vieux Bride-oie Magistrat ingénu, qui vit en paix, en joie, Et qui, ses dés en main, au bout des longs procès. Tire, pour jvgemeni, le sort de ses cornets ? . . .

— Quel est ce long corps sec qui se géantifie ?

— C'est Carême-prenant que l'orgueil mortifie : Son peuple ichtyophage, efflanqué, vaporeux, A Foreille qm tinte et Fesprit rêve-creux. Envisage de Icdn ces zélés Papimanes,

Qui snr l'amour divin sont plus forts que des Ânes, Et qui, béats fervents, engraissés de tous biens, Bôtissent mainte andouille et maints Luthériens . . . Bis de la nation des moines gastrolâtres : f

Aperçoi»-tu le dieu dont ils sont idolâtres ? Ce ooîosae arrondii, grondant; sourd et sans yeox, Premier auteur des arts cultivés sous les cieux, Seul roi des volontés, tyran des consciences, Et maître ingénieux de toutes les sciences ? C'est le ventre !- Le ventre I— Oui, messire Gaster Des hommes de tout temps fut le grand magister, E4 toijûonrs se vautra la canaille inseuiiéo Peur ce dieu, dont le trône est la selle percée . . .

On Toit que Lemercier n'a pas fréquenté Rabelais imimnéineat :

— Il est d'autres objets oti tend l'humanité.

— Qui peut nous en instruire, hélas? La Vérité

544 LA RÉFUTATION DE llABELAIS.

- Mon Panurge qui court en lui tendant l'oreille : La cherche sous la terre an fond d'une bouteille. La bouteille diyîne, oracle du caveau, Epanouit les sens, dilate le cerveau, Purge le cœur de fiel, désopile la rate, Aiguillonne les flancs, émeut, chatouille, gratte, Nqus redresse l'esprit C'est assez ; bnvoni frais . . . Et, s'il se peut, allons en riant ad patres !

Ces propos du curé valaient la fleur des prônes.

La Panhypocrisiadey composée dès 1800, ne fut imprimée qu'en 1819, comme nous l'avons dit ^ Vers cette même époque, nous voyons apparaître plusieurs éditions de Rabelais. Deux surtout se distinguent par leur importance et par les travaux qu'elles ont provoqués.

La première est celle de De TÂulnaye, qui a été reproduite trois fois: 1820, 3 v. in 18; 1823, avec quelques additions, 3 v. in 8^ ; 1837, avec quelques suppressions, 1 v. grand in 8''. La meilleure est celle de 1823.

Les deux premiers volumes contiennent le texte, un texte correct et bien choisi, mais d'une orthographe compliquée. Nous en avons donné un échantillon p. 447 de ce volume. Le texte du quatrième livre est conforme à celui de l'édition de 1552, publiée par Babelais lui-même. Le troisième volume peut jusqu'à un certain point servir de commentaire parce qu'il contient une table des matières détaillée ; cinq glossaires divers, qu'on regrette de ne pas voir réunis en un seul; un Rabelaisiana, ou recueil de sentences, adages, proverbes, façons de parler proverbiales, jeux de mots, jurons, imprécations, conte-

''il"

XIX^ SIÈeiiË.' EDITIONS SÛifSShA JtESTAVBATION. tB4&

I»t8,)dàn6 "l^ Œftii(i*efltd6£]$abdaié. £ie''iQbQrniePf!re^ tsndl .êstntaièqf^iêûrieus^i^nais^ Bailelais > i]|*ieaio>a' r^^s fourni touddea'T'étéiBflnfi U iD*j9':a^;pafioA3'iYierdie l'aitteur :^àii^ ilesi ;4BvaB'Jpi«iiiàoea * iéitkiDSi, t {etn celte qm-ae troipre «dços ila tarfsiàmd eftk'itoiU)* àlBfaîÉiilJt

luoilneiisei qili ^t 'ËtéiopuMiéç, /pirisqùMte ;nkj >pa& liNMpis deiEeuiiivQllinieB 9mâ^ùiMa}sr)C0pn)6stflpa^ là mfitf leore^i • AiiVcoiiifiMiaioéiit > du . .SrVIIllv siècle r dp

dfMteur JlàihaBidnlii^St-^^jpadibtbejnât )pafalti*eiaQ gros volume intitulé : WiGéef^<A\3euvri d^uh^irtléonmi M.t^^avâe gcdmpqsïi^ id:Yune> eiiai^oû'i ^algâiifai et insignifiante enù|iiiKtré(.èèupletBi: Ei0)i!eMe>Uu>:vo\ùteè contenait les commentaiires, sur cette chanson, que l'on proposait à radmiràiibfr générale. Le commeno^mfimtt âe[chaE4ueùab(0r9e!pàt9ortdit'!au ètoiçtë^^i^ais l6'|cQ]mij^atenrl)8fj6c]iappftit>^bti!Uit0tB pftii'[là<'tsùi{' gente et se perdait en d'insipides bavardâ^v'l^i^ çlitîw, i;ar*^m(«ï>'4^^ii^belaB&i1ip|feU^ im'tShéf-fdfdew

. <j]^. OQQimentai^^b eit dliviséteHiiâeixo^rtiQsJ ><ïis( perfleHora laispQiic^jbtitod'éx^^liigiDcir lei teste ^etir^ii'it tjrpujw/idttSitiJensiBdgiiemebta'fdiinsus^ la:i8ecoiide)làfia PKÔte^tMp)itL'étxrB;iê8t6ri(^U8i Mie «acrdû eaût6nbtaic)> CQRp'dejpemB')àuraal)fur| jnaisrflQ llâotevf (oe t»ït Iqi^adiaitigvâ'da èktterpoina^ M^i^SBnJD^arfcHËe mqt q«^ bimtcw^de ij6xJ!|[otteapp>-r ! le 'JtBactaateiir 8At glais — qui a voulife jBoijMdfljyfay Aépos idexJtabelafls. tas Hrjftcei^âtfxilit aftÎBbm de'iN8mTre(;r> iliAlpakiain 35

8^ LA BÉPUTATIOV DE BABILAIS.

tement râisoik Mais ^r mafteiir ieis critiques qa*il formide contre ce fljstème s^appliqueiit ttst ansBi justement an sien. Il ne persuadera à personne que le sage et Ixm PantagniÉl puisse figârer Henri II, qui n'était m lioil ni «ge ; qtte Panurgi^ est le cardinal de Lorraine, avec lequel il n'A aueun rapport ; que Tiraqueau, Tami si cher à Rabelais, est roriginal de Bridoye ; que le marchand de moutons qui se noie aYeof soft tiKmpêiu^ est Calvin le réformateur ; que le voyage à Tortide de la Div« Bou^ teille n'est qu'une all^rie sur la mkunère de préparer le vin^ eté.y etc. Nous- «mos d^ dit qn^on a appelé ce comtnartaire une véritable halMcinatioft ; le mot n'est pas triop fort.

Le dernier votainle est rempli par les Safê^es dnh r, dont noua avons ééjà pairjié.

XVÏL

Quelques uns des artîeles inlénés c|ams les necwitis périodiques à proms d» qea éditioiRi mériteKt d'é* ttésignidés. . •. >

Lès aititles de iA Betfée[eiej^ciUipédi9iêe^ l)8â»et8., eont d'Eusèbe Salverte ; ilsjsoit :aniiombre*4e huit^ il est regrettable qu'on ne les ait pas réunis ^^ brochui^e. Le pebit dé vue de 4Vinteur est excellent Babelais est peur toi) tion^deulemeat un oâmi- EàUe écrivain^ un mailtre inimitahteidans l'art de esntôr et de lancer le trait: épigtamtaiàtiqvé'^' mais ti'esjb un profond penseur, le plus ancien' et le <pl«s gai deÉ i^ékoophes firanQ^B^ B &) donné la* fotte peur interprète à la iiagesse ^rcë qu'il laseMl ^e sans cela il ne lEteraiit peS'éoàvtâ;'

Iiauteur anonyme des avticleB ^^bliés dttiaA là

XIX* SttCLiS. CfiASLES. ST-MAftC GlIKABDIK. ' 547

JBetm^ française (mai 1828) regrette qat Rabéids ait été obligé par les circonstances de prendre te masque d!e la folie.

En agissant ainsi , <l6 phSosophe de Meudon a donné moins d'autorité à ses leçons et a^ fait, q^oant anx apparences da moins, plutôt un livre d^amusement qu'un livre dé philosophie.» Le critique reproche aussi à Rabelais d'atoir pris trop ûe plaisir à critiquer et de n'avoir pas ressenti pour le genre humain ceMè' sjrmpathie mêlée de^ respect, sans la- <qtteUe on ne saurail rén&sir à rin$trtur& ni à Vt^ vtnélîôrer.

n regrette d'aut^qt^it plu3 eette nécessité ot s>est tooavé Rabelais ^^< personne de son t^nps «n^»- ¥att oomne lui la feeulté de s'élever par la ra:}sott au dê^âus des préjugés dWe dviltsatiôn en dé- Cadencé pour percer ^ns celle qui allait suivre eb ^en àmsM i^eçprit «t les d.éeotfvevties;^qa'il n^iest personne qui ait porté sur les institutiens çont^m^ potain«8 plus dé ces jugements que la postérité confirme et s*approprîé,> Il cit^;, en s'y asso(^adit, le sentiment dW des hommes les ^s «a^Ies d'i^ préder Rabelais, qui n'a pas craint de dire que le {philosopher de Meudon pouv^t être regardé comme le pli)S profond des écrivains des temps modernes — avec Bra^me et Voltaire, ^ qui n'ont été ni aussi , profonds n! aussi spirituels que hi.

xvni.

Cette même ftnnée (1828), un concours ouvert t)ar l'Académie sur la Poésie française auXVTsiède, appela aussi l'attention sur Rabelais. Trois critiques célèbres répondirent à Vappel. Le prix fut parn 85*

^48 , I^ BÉyUTATION DE' RABELAIS,

tagé eqtaerStrïIarc Girardia et Phil^rèt^ . Chaalçs. Ste-Beuye arrivai>t2;op taj;d,. ' . ;.. .y

Les trois con^^i^rents sont d'qceord sujf. l'jijapcfrtance du rô^le de iia.^el$is .ftuXYt, siècle,: naais les points de J^e son^.diip[éi;ç^^.: , r.-^'^

Philarètp phasl^a/ admîrp }a raisoa. pçofoçde > du ouré dé Meudop, iaais4l\sp l,e rj3pr^çn^rC0^^i^a J^B fou cynique qui :s'j3si mis.à la?, l^^e ;d'jinp, bacç^iar

, Le Yoye^YQuSj noua dii-ril, imoatié! inunnU'^G^iûâot ikk»it::la forme rappelle lecuye^de.nog Yeii^ng^^;[rp¥êtu<rd¥i<fr<»â,U'!<»il aviné , appuyé sur les faciles compagnes de ses plaisir^., il suspend à sa marotte la couronne des.^ois, le raWi au prêtre te eordoii dri moine et Iféctîtblre'dés pédants . .".Il ^éme à^vssxi les palais *et les^'alibêMH^s, sé'imoôuanlr avec une égala liceuee deâ m(|Qiatyç|^» r et j^es ;pay8fii«r:>dn JBas- Foitou, confondant la carjtede rij]uro(ie.^9(vec^ç|Blle^|derla Xqhraine, raillant, à la fois le vainqueur de Mari^an, celui de Tavie et le tàvéïiiier de son village. Dan^ 8o|i' încrojablé în- Boléncé, le curé: RabisUââ nai^ue le» incnnèi; ^l4s '^^ucîiUs, lek évêgots, les;ca^iBgi>Mriet'le.patpe hihi|iêM eti;ie3^;inyi^:èi:es de la religion.. -7 li!^ t».ûche3r.aui.4évore Servçjti p^i;êchî^it.rpaibé de Dieu, s'éteint ];our cet homme qui, de toutes les p^is^ances du cîel et de la térre['ie respecta jamais qùé la divé bouteille istsi' Qtiîitiettf^éîice-àaeréè. • .".■.'.'(■. -'^i c;) ^ N'-'-ni. .:

Ainsi, ïe critique, |iput ,en|reçô'nnaï?f^n.t.; ]9f puissante ' inspiration Vde Kabelais, ne, fyoi(/jw! lui que le railleur, le moqueuj:,. impitoyable des t;ç'a,ver^.de fion temps, en violiente réaçtipn' .'(iontre lé xiioypn . âgp, et il accepte la légende ïûise en circùlatîbn par Ronsard et le P. Garasse.; iHîiJarète Chasles est revenu plus tard sur ce pferoier jugemept^eftrftdouçissant,.jpQ^is sans' le désavouer çomplètèip,^^ Onpj^ut lire a ce suj>t, (iâns, ses fJtudes sur Sh^hespeo^re^ une comparaison çypiéuse .eujtrç^ ceux (ju/^^appeUp

' XIX* StÈCIiïî. STE^BEUVB. 549

les trois mohièa Itioiiffons^du XVP sîètîle : RftbelWs/ Foléngo et r«ngl«lis Sk^letôn. * • : ^m

^'St*^ferc6itardîti parte i jAW respéct&eùsemwit de la pei-fefenûè de Rabelais ; îl' m i fait to feliyëérvateur, uft iccîGrtemîplatétiK, ttn -réformiteiA*. • '^i •' ' *•

''Daiii"^ l*éai!cs(ti<)ii', fl conseillé; il fàîtr déjk ce xiué nôtis éssà^ctttf enetoe^âe fidix). Eii^kiie^tloife» ^ proètitâië le partage égiill 4ç^ (9l^c^psMMi «Tsfei^ H ràYoWtiokx^ ^dià 8Q^ - la )^i^dcédure simple et facile devant, l.e^ trIbiqiauiK, .jPan^agrael.tla; trouve et la pratique, tandis qiie notre code ne nous la dgnne

Sjt-Mvp,G;i^r(Wft ^ermiîie jaansv aorif, l^pBrécla^lç^. :.

>' [«antagm^ «»niire .^ofili]' à'.Véraole' de^ la Dii^e^titélîle. jy^^cstima i€aâMBak lautartaqiM) (|»tt^'«av«iioti»lesl bi^iébrtfle goût des vins qu'ils s'imaginent boire... tBimii^te, rftabelah im* s.eii|bl6 \m peu ^ cettQ mer^Ue^ae fo^t^ine. .jÇ^es.po^ètea tco<KTeroni ai son livré le goût dé ïà poésie ; lés satiriques le goût dé la satireV tes' nie^ralii^es dii-okit'qué «'tst*dé la bonne philosophie et les.oraitetifB'faiiil crMti^^ftrfbto «félé^ncë iU»l)le>'èt élevée. frÇ^açw^ eç^jSn rrepçontj;e,^a sp|i jptçint dq vue 4a»a|Kce Bing^l^er.^({uYff^ei, gui fai^ 4 .}i^ jÇpul un^.Wttératurp ^t^èrjç.».

' Le juyéioéûtî'dej^l^Wsî <*Mlqtrès «e^ li^28 montre la jttstcssèMé^cetle dbsftHât'Jôn.^' Sf-ltfarc Gîrârdin, espral oosçryateury/mprajiçtç ^v^ttt tomt^.vojrt surtout, dans. RàbelAis le çbté réformateur. Philarète Chaslés^ érudîtjvastj^ et slipër^ciel, apercevant beaucoup d^'clioseS et d'Idées à ïâ fois et nW approfoniKssânt aucune, habUiié' a Vbii: iësp^^^ dû monde et ' de rhfstoiré^ èôriinié' uû AiouVant ' câléîdôscopé, . — s^est plu à regarder dans Rabelais le' fourmillement - des ïdé'es^'dés pe«ônhàg^''dés é^^ et tf a

riçiçt cherché, die piuç|,..Stç:J^UYay' ftui^se plaît aiyc aaiil^sM déliées^ . aux iroutes < tpritieiis^ , l'observa^

' 950 LA BÉPUTATION ;I>S UBÇLAIS.

t^ur mipoUeux €it wWh mais 8cepti()iie w somm^ «et sans conviction arrêtée, m tourner «utoiir de B^« b$Iaîs, «aimseant ç& et là awe finesse 4^ek]ilas*]|ns â# ses traitai iiaos parvenir à se fak^ de Im une idée bien précise. Jl ^t Pevwu à plusiearg Jiçffisoa sur Rabelais et t9i]gottrs rin^g^ du <4»Quffapt 9n-

1 bUwe» est restée ipoiir hû^ottante et ind^rmiiiée.

'( Dans son TàtiMu du KVP siMê il earaetéiise

ainsi le Hvre de Eabélaiâ :

«Une œuvre inouie, mêlée de science, d'obseéaîté, de çopû* que , â'élçquence et de fantaisie, qui rappelle tout sans être oompftrabhSi à tien , qui tons saisit et tous déconcerte , vous èaim et vens dégolfte^ [el ààHt 04 pnA, «lunèB i'f lètm beauc«q[> pla et I^MrbeaacMp ,aclpteâfl»aè detaMmAer sériMuè* lafifi Si en Jfib «Dnprisi.f

Citons encore une observation dn m^nie eHtiquet «1» pensive nJa pi^ trop de toutw ses variantes* dtt-i} doî-Biâsie» pour fdéfinir le î^retéa» :

«Eu étudiant l^s 0ôitt|>ô9iti6tà 4e Béb^fif, êieHtt>èl^nze^ on dévient dttgriii Coîntte lorsque Pon voit ime belle pet- Mime dont le visage commence ^ être envahi par une dartre vive.> Pour moi la dartre ne mé ^appe pas ; j'y verrais plutôt une belle jlenuiie tsèa W^ PCMute ftui «^«pivi^ et qui dans l'ivresse dit et fait toutes choff^. hf^ cautère naturel > et trop naturel domine partout, dans le livre, même dans les

parties cyniques (Pùé&k fremccnse a/ii !KVP sièdle, p. 275).

M. Francisque Michel Va pas de ces bésltations.

Dans une notice placée e^ tête d^un Rabelais aualy-

se (1830), il nous représente }e philosophe de Meu-

don écrivaot .son livre dan» ûu i^c^s d'indignation

\ contre son siècle :

Vindianation q|U s'exprime par le9 dpuz içx^mes in lap-^ gage, comme lé désespoir, 196 cSdche ebez bii spus lé voilé d^ne plaisAnterie amère, TepàratI quelquefè^Hi cependant sona la plus simple expfliaiién, ou par intaradles touâia M IjÉiUtt

XîV aiÈGl^B, hM8 AVIS. . (91

la plaee h la qniétade ûe VhommA de fii^n, j^oi dictie atoni le discours de Grandgomieri les létlxef de Gaixantoa à i6ù fils, et énonce des maximes d^one admirable politique. En on mo^ Rabelais fut) Mlon mdy un iiomme grate et de moson très sévètes*

Kous voilà tden loin de Philàrète Chapes et de sa baechanale. Mais M. Francisque Michel va trop loin dans le sens opposé» Que Rabelaiâ ait été un huaum gnttft et un contiNpplaleary miimto Molière, e^est ee dent en «è |>éut Àonter qjààpà nh a ki attentivepQient son livre; qu'il se ^oit ip^igné pair- Ufàs.^ ji(m en mq^^ ]^ ureiive: 4!m sw pirpl^gne^ maie ce n'était ^ fétat bdbttn^ de son Aine. II jtigeait 4e hatst les feHes de sea contemporains, et sW amusait il y a àifit lui plus de synipa1;higue çop)pfi98iou que , ^ pol^r^, C'est Paat<^gr|«el9 ^ Tpa v!dut, mm non ïlaQite on Juviaid*

M. Lenient.(iia>âfatiraefi. Frmnee #i» XYI^^tèch^ lë66, p. 61) raille très ajgréablement cette prétention de fikire de Rabelaiè nue sorte de Jnyénal.

Depuis [quelqne temps, dît-H] Babelâls a snbi un nouveau genre dé tratestissemeni PsÊr nn sorteommim à beaucoup de grands iMunei de noiré teiii^ft, HM toaroé au méUuiooliciu^^ Le joyeux curé de M^ndfSH est ^eniim 9P9S <]$ plane. de oev* tains critiques un grave philanthrope, un vertueux apôtre du fiiie, qiri consentit à ne Mte boiAn; comn» saint Vincent ^e Faal sO'fil un moulent fovçat parëmeurdf^l^amatiité.Qaélltf que soit notre irirmpalhjca pour iUibelàte,\/nott8 croyons <fi^ eût décliné «a tolélôge. Il éislt bon. safis doute, mais n<m aU peiotdes'iMpoiMr Feiiakil de ift*e et c^extrà^réguer par charité ^li]lcNK>phiqae, Vit ipy eût ixtfhYé aussi S6n compte et son agrément; . . Homûë de libté étirde ^ de lilnre plaisir, RabeitàB est avant tout Feanenf ^ ico qui le gêtie.

A partir de 1$8(>, BabeUs est gémévalement pkeé au rang des grands génieip. ]S^^ j^t cit^(m si^r

SSî LA RÉ!»ÏÏTA*ION'ï)E BABÊtiAIS.

]Bal?î»c, je ^s^nieie);, ^oU.en iBabelnis fjfô .plus %vm^ esprit de rhumanité moderne. Il, résume en lui Pytka-- %^f^.ffippoçp^te^yfkri^^pfh^e,j^};,.D.4^te.> (^^m^éfs.)

Dj^-ps l'ordre des \hmis gfpifa, B^Jbelais j^t , pbrQnoJftgiqueméht Dàh^ j après 'le front ^s^vëre^ là' face ricanante. 'Eabe-' Mi^i'c'éstlè^kDae^ru^-'f^VmrdÂbî^'ae Bâ' comédie jttiticiué^âétaché di pMSceniiiiB &tkc,]àBttéasà ÎMxiidkis^^éêû^àuiKy^^ge'lah

celais le fait tenir dana.tine futaille... Cervantes est. aussi une dés îàrtÂés Hè ii moijacrre épiiiue '.'.' inafS^a râSfterie' de Cervantes n'a rien du lâ^ Hbinièf 't'a})éltôsiei]PC'^^^ ^ ]iéattl|jidiiitnâii|prè8^«et^ imaiifeâd^ciu^ . •

On ^e trowperaH^ y

^, ?.cçord dftn§. ]^#Iog(\,,,Çj4.^q,^îft,,ças,de. ciier les i4jitàÉ&iatiâssj;dft]*iM).t Baroâeiri>et]deiLaiiiaflrèiiie, dont nous'a?«ns dit-^vn TOCffr^^aft >déé«tr- '^^' '^ • ''^ ''' ' ■

..Dès l^-pr^er i)^^,dit»:WMJ8oM¥ftn, i^ geiRw^rfr uft.jiuteur «n'4^^^ne:rf^^)mp i^iir^i^t Ap^pt^j^iMlmtoeiik^iA^ k\ti^cex*H Qo;». ;Ç»{>ff9« juQqi^'Àrej(Mvic«#o^:(«b9oè»e èi.dégoftter les

ip^i)i^rd4i^tt^; j0:ci^il.dA(MQ«A9i'l^'a><^ ^aii^.'im;^. *J9 TAfi^. bien .qhqj, iJAftai^'44PQi^tio^dA,sj9Q,,(tei«aA^^;, ii^lxteiç ^^.eu.rii^t^fttion de çat^lser/j^çA^W^u^Qn nçqi\^a^m^» à» 3Qn

core de ce qu'il |urppgpe^,la.)Pl)|pf^^.:Y,^ûtrttid:am^^8 q^lques perles dans cet égoût, je ne saurais conseiller à personne èQ)ié(.ifQffâiflof9MU!- l^s:y<i!iOBdtlirUJ^><i^aâl)iïid^ii6{ntf re-

gardé qtie dh^sseiKldlii/peâniad^'^ei^Ur iCvaUJU qtel^^'

cynisme, goût,

tre 'au iaSfék ^e,% p6xitfiëi\i':jgi6^Kik\'ô:é^^^^^ ûoti la

pourceau' dû'froùpeati d^EiJîctiré! çomniè .'dît . lïoràcô, maîs'té pourceau des moines àéfro(iués,''fee'^déle'(itânt dans sa baug^ immonde et faisant rejaillir ^¥69 4élices les éclaboussures de sa lie sur le visage, sur les mœ6t8''et sur la langue de son siècle Jilali«jk4h^ ;^9e\9}tJ<i|ou9j, nrffA^ifeeiÉt âljri^ riiwn;;n]iais ror4u^aj;i)v.eniyç<^,;©^s^4^ est.in^a^fcrî^ j^QécftJe du réalisme qui s'évertue aiyourd'hui^^à le. réhabiliter n parviendra (jti'i se 'saKrl^^àà^ÎBatlôn sâ'ûs Vatvénîr à ié ï'aVer.v; ïtàbelafe a '^âfiMiieifôSB '«^ iMië Uvtëséë ^t^î 'f^'^oS^te ^Tëd^ié d'adihicfitiptt'^ai3B: -JloJSDQriliéa^lèdotlitll^di^Jkilâogie,' j'qi Jàon.^ viens, mais c'est un ivrogne de verve. .viii'jjijcî: 5vi'!

.. LaAastiA0iiKVèît-il.ittofii3itfBat «Babelaisc? lEAt^énéf àl il» l*9rit "«ssffz 'çieif'Ies^otrVrageé d'fttitttiî. HMMt

prtbiible cependant; 4^^ ! t^^^» P^"^^^^ '^nf^^® ^' ^^®'

quand 'il^ai^aithqiielque^rÂiâé'Bvdaw à^ se faire par*'

donder;' le gfaiid ïiifgté àtit« fétîhé^lteHVrelà-dèsBùs et tf rfffi-a ^s-^^Wé'îflWîWft/ Pttï^ ÎA^iifttiire deson esprit j' LàiM;tt^%e ^pddvaif^'CéiiliÂ'eiii^l^ tfi ËàbelAls ni La t^iîtalne; le* caracfttw ié'«W^uv¥ès é^iltt donné, i^a'^orfie d'àl>]f«s A^t^'^é-noiiÉf 'i!(^rpf<^l^ëi'^>v

- Les hl8tér18n9']^rëk#M'^è)igiêilx^i]m'-<^^ sènc^paè tidtf' phïs^'(aii%mUe8 'èiBftbëlai0: iJltaS«ii;

> Histoire littéraire de V éducation moraïeé'^etigieuse, t ^.

5(4 LA «KÉPUTATIOK DS BABBLilS.

C«iitd, pBr «xeiQirle^ 4aii8 le Uvfe XV" lie mu ili»- AMre univerèeUer eonfiâore i Eabelais {Atisieurs pages, dans lesquelles il Taccuse dVxtravagance, d4mpiété, d'outrages à la religion , à Féglise ; il voit dans te récit d^Ei^isténieii la preuve qu'il ne eroit pas à la vie future, et lui reproche de toi^ner le mariage en ri^ttie; il le rend pireeque re^oneaMedea guerres de religion :

Babelais. «joa^tnil, eaX le bonfon 4e la xéfprvie dont Ifiuther est le lu^rgs ; or les ef ets ne tardèrent pM h suivre et Ie9 plaisanteries finirent |>ar du sang.

Quoique placé, en d^MNra de' tonte «pRiien fe&gieuse, LottiB Blanc fot^le des t^serres contre Babelai/3. Il trouve dea^partiçs )a^c)^IIe|EiI;es diuis son livre fit il les fîQttmèrfi mm il «wp^cte mi inta^tione, et il prend^ui pied de la tottBÉirtnncte Ttxwqm de la Dive Bouteille.

Quand la satire déi Étatfèferes sodaleè se /préettite âans le liive 4e B#ibelaiSi U sep^f ^ee ce soit :iM»p]eiieat da droU -qn'a la satire de trouver ^place dans t(mte «^rgiç. On sepTcnd à mettre en doute la sincérité Se la sagesse^ à la voir en si mau^ lieu i 6n tremble aussitôt iiuéBaMais dévient grave, que ce né soit eno«li<B palrmoqiiBde; on oftt{t FjHsHnére ca- <^4 derrièiie 8o««niirft rire de.Fiagfeint^d^^eaz «uf s'aiî* sent de l'admirer. CBi^tùir$ de ia ràfohifion ftmçaiae, I.)

Joua ^w ealviaistop» nei piirtaffat t^&^ j^ «'^p faut, l!^tip»Qije d^M. 3ttmier. ^. Gii^aot; ^% Itusai un pvotaistaQjt œii^ncai Daoa To^vipage iwif^l U travaillajftquelqjuea jaiirs eiçpare ^ya^it 4^ courir, il pvocâaiwJUilmlaîp <l!4GôvMii.^^^ tikk% «rigiwrf et le plue^iviQot d9 la renaieMH)^ )a v^tfrbliB îQcania* tipn de Tépoque.»

La vie et le livre de Rabelais, dit-il, sont une image vraie

XIX* 8IÈCLE. BIOGRAPHIES. 565

et rrwB de la femeiftation mtmfàt )êt ,BOciak de son ^empe; Teaips à la foii d'innovàtioa et 4e nénttance, i^ oorruptioi» et de régéaéralioii, de âécadenœ et de «enaiseaiice» oriae pno-* Umét d'eue f oëiété ferte «t comt^liQa^^, jnaqiie là M^e à^ps capricee, aux hasarde, de la force, nais iiotdlecta^enient très Tivante et très aqibitiease, travaillée du double bejBom de 8ê réfbritter et de se réguler et 40» teata en effet ànt XVI* sièGle Oûe léfoomé k la £êiB ceUgteosè et peliti(|iie dont )eittt« manqoié à cetle épievpei estveeoese au fpnd de toutes jioe épreuTes et de tous nos efforts. (Histoire de France raconié^ à mes petite enfante, III, p. 168.)

Delécluze, qui juge si favoFahlementie style de Ba-^ bêlais, est beaucoup moins sympathique à ses idées ; il le trouve sans téndresfiÊi sans entrailles.

Babelais ne Tante q^e la santé, la fer«ë^ et le plaisir. Sa joie est huniiliiMM;<B;,la,gltft# fie ees«]q>i;e8aiiwsjirril;^îngaièteL Il eemblfs preo^ce :PVùsîpr à lEmner» 4 dé^miep .l#p imtitnjl;ioi^, de tfute espèee. Dans e^ liT^e, lOn ^M^e l'espdt^ 04 e;^oet le corps, mais 4a «npxalité, o^^st*^le? . • i/impressîen qu^ lame son Iîti^ e^ 4é9ci^[)éffuite* .

•■ tsù. '

Michelet (La Réforme, 1855, p. 425) est d'avis complètement op{M>sé. .L^outragé dé Rabelais ^ est pour lui un tjri )f espérance. '

A qui le comparer? à l'Arioste? à Cervantes? iTof^ tocs deux rient sur on toiûbeaa, sur la patrie défunte et la chevalerie hdMimée. 1*008 deex regardent an couchant. Rabeiflii r^gat^B fers Vêmm'><ll finale i l'est, iwi )mUiami»(mr nues... C'est on voyage, 4^ découveite.

Navigateur harcÛ sur la {urofonde mer qui engloutit le^ ancieos dieux , 11 va à ta recherche du grand Peut-être/ Il cherchera longtemps. Le câble étant cotipé et Fadieù 4it à lai Légende, ne voolaiit a^andter ffs'tm frai^ lui càfieoaoable, il avaaee lentepieni; eap^ ^^aai^ les. icl^inièves^^ Mais- les. deleapea surgissent, éclairent 9a ^ie^ liM donnent 1^ l,aeure de la foi profonde. Copernic y fera plus tard et Gialilée. Mais déjà l'A* mériqoe etteaVesnoÉfâles^ déjià lee iiqiflHUMéa ehimiquea

B5d Li.-BÉPDTÂTION PE RÂ1}C!XiAIS.

tiréa».de»'7égét&nr'd49à<le ièoav0meni'da^8liD|;, la circolafelotf^cikoYiéy la matnâïté^ét Ja BoUdsrité éeftitinetioiis./éelateDti 6anp le v2RaMia^f«sl eapaffe« salsftidtts^itqtn, sous forme léf ère et ioàirent» i«0Diquei ' n^eiT' sdttt 'j^mA - nxiiDa Je» .chants AHgieteB:dela'Beiiaitsancej ' -: "^U . '«^

ii^iç]ielAti4^Qpei3içlwt:9ej$r<)lt rid^aLdeRabelais ai

cMàplet^m fRréois* Mai8(ili3ria4liejii hii.mi befta eom-

metcexû^ntj'utt- nbbHî êSSftJ'dWuwrtîon, «ne lumière,

ùne^ gérante. ^"^*^"''--' '^^^^'^W . "" '' " "' '

M. Henri Martin est du méfrie ayis <jùé MiChelet,

â'bTeïf des égÂAï 'àn'mny? ' ■■ ■ '^'^ ■' " :■'■ •

• ' 1 : > : h >: '. "f.îii'. "lîîv^. >ri'Oir ria)'..';.- <: *

Science iiniy^^^rscljle, biçQYéilla,ncçi ,Hj^YQrsjç|le, progrès universel (si le mot nV est pas, l'idée chez ïui est partout), humanité;'•tblë]fàncé>, àVKîrié/'respéct ^ lèîpèn^êé Mmirfnè'et du sàn^ huma!^; ^utéiftaré '2 ^Dtft dt à-foûS;'& tbtas'ie#'éra!nce et ' éëfafeôîatièh^ Mn^^t)bii»'g!t ati'»f6nd(' dttitt')V'gbf«t le corps et -VlMë; fâîrte;>îrfe' cenk''tilii''^réttrèïrt,''Vèst> gaieté de h force.' Pantagï^ii^sme est titife^'tîertaine 'gâSètéf d'etrprit confite en mépris des choses fortuites;'*flèl^ dèrviié,* t)îén gauloise; gaieté parente de la joie des^oheYaliers.

; ]^f^E^enrîj Martin résuj^e ][es ^pfip(;i^ales idées de ÇlaMaîç ^^Vj rpdac^tb^^^^^ ,1a. politique. Il

lui iriànqùeuné chose cepçpaa^nt ai seis yeu^jd croit en Dieu^ mais sur la qûésiiQii, <Je Jâmej s'if ne nie l^às^ ftflottèv'r^/Teu.t-êtr^^^^ Le

hmBffi3aiit>'potir la vie, poiirGile'iseilimeBt «et fe rè- ^le des niassjes. Rabelàî» ^ëtit ftfôpifèt'/ âpùténir, conff6lçr>,.npft ]i^ loxf^^Qx^f:^^^^^^ VIII,

1 Pitéva8t<>P4iraioî,. l^wQfcnt' joorâailiate ^in deyait ftttif d\iiie^ matfiète Û ttîstfe, 'ft^tÉrâctétM^arec beaucoup de juate'ssé: l^œùvrë de ï^àbelâîs: '^ " "

b :; . < c Ce lâ»v».flt pqisaatit ^railleavléfctît ua t^Mlosoplie ; au

• ^«^.la

delà des .personnages, il pei^uait.SQ^ ^ç\^t tt^VL 4^,d^ son siècle, la nature humaine. Rien n'est trop 'grand pour çren; dre place sous cette lai'ge sktiVè, 'et les'îniïivîdtts k'y perdient comme des atomes. Cét^>i4éâ^de l^mtJëlIigtEinc^ misonnàbleVcet idéal- de l'égoïste bo&^oimie, oet idéal de) là! croaaté^et' de'ila. guerre û^ustf^^çle I^ médecine mercepi^ire,. dj^ pa çhipane auf dapicuse, ne. convient ây personne, e^.Jla taiHe matéfieÛe de Pantagruel 'est, à vraî dire, la mesure moi'ale de tous ces personnages/Tout est en évtt abtrndiftiit,'idémésùt'é,- gîgantesque'J chacun d'eux 'ei^ iitte> '•classe dPhiomùilij nfite^g^swfo traction de rhumanitê'4.-' .' > ./ .-.- /- l -v. . •; .Vfo'îtj;/' .]^

Nous àvorié déjà parié de Pètfû'iié sût* «Arisfobhanë et Rabelais i puWièe pâf^ % titfré; Sr^tëiùîtiên^^ écrrvain s'est trôiïipê, seWn ribus/sur te ' compte* dà comique grec, en revâncbé;;!! jùgepatfeit'ement'ï^-crivahi fràtiçafe 'quand il lioàs' le montré jHvoy^^ raYenii;, cômliattanfle' pàôâé *quï lui 'fait dbgfâçtè', et dirigeaiit 7es ésîitite dafis la voiie du 'progrès: '

. - ., M ••.•*'N'\N,. \ -^V, j.'tA J-. ••!.,]. r-f-'M. M'tî;;»;

En i84:% Mi' tatfti Laetoii publia' èfr"'têee ■ ii'àtiii

coneidérablemeBi.iaiipadBlJtertfi: tét^ aâi'édiUoB dd 1854, grand '4h'' 6*,' îÉ^e*fl"'iil«84iratidnS 'ie-iOiistavè Dore, et ehfirfbùbHéè ék trti 'yo'UM&'i. Mrt"én <! 859.' Une secoindç fei9griy2Ïue,..pfi^r,ït. I^fttfterj^ mott jcftcemmiBQtv & .pftra:«Q téter >da liéditian Di4ot<ir»i «oÛ in 12, pnblîée'la'iôêmé^àAnéeO'^^" ^'^^ ' • ^ > Ces deuX' bio^a^M^^^^^ ébnt|'fe^;"âèifle8f' origîntiKS -tîomposéUïd^puïç îg cqçj'miçncip^wt 4^/pî^cI^^j tout.ee les autres eDiproQède&tjitsaoïft ^^f^t^thrl^^J^Sn Léa deux: biographes- w* sontiliTréa.à de&ii^châr

.^û-"r.?. 'Ml/y '' •■'^•i .'-.-fc '.'i '.-^ri.'' •{ j; ^ jReime de VhMowe unît?er5eU!f»;jgrf^f^,m^^ (^^i^: ^'

LA BÉPOTATtOH DE BIBSLAIS.

cbes cmtBcjencieOses et approfondies, m&is its sont partis d'un poÎQt de Tue différent

M. Pml Lacroix donne eo plein dus la légende F&belaÎBieiuM, Il cherche à la joatifier ea tout et l'exagère, n a le tort grave aussi de Botis présents avec ot^thiatian Tigtiable et efftoaté Panai^e comme une peraonoifioatioa de Babelaîs, de faire du «dire ds Uevdffli im oalviniite déguisé, «te.

M. Ratberj, au contraire, voit dans Rabelais le personnage grave que noua montrest les témoigoiges cûQtemporaJns. Son travail, qui est venu le dernier, est aussi beauco)ip plus coMplat et contient nombre de ^cunientfi Douveaux.

La première des deux biographies est Tœuvre d'un Fanorgiste, la seconde d'un PantagcuéUste.

U. fiaudry, qui a rendu compte de cette dernière publication dans la Revue de Vinstriiction ptAligue \ a profité de l'occasion patr donner son jugement m Babelais, Noua en citerons quelques pauages :

Babeliù reprëgeots ii nos yeux UBenusimco etl&xmde Joie qui s'empar» des esprits en face des tréBora de sdec- «es et i'txta qiH rerenatent aa jovar. La rattïment qui dotÈini TÛibleiaetlt pàmi 1«b riimt^ag tana cmbb iDtRYoïnpiK 4v Bcn fiTT^ «'est le ndii'ii pour le mo^en 4lQ ■ l'wpoir mil qpt ISB lumièrei nou^pUes vont le diuq>er en sd instantconme 111) mtaTaia rëre, et qu'hommes et choses vont se réfonner sa&H obst&cie. Comtne ses héros OargantM et PantAgioeL c'Mt sue esptoe de «IWTalier enràat fxmrsitrnuM les ténèbre «t lei fftntdnies. La science et U jcùc #ont sai armea. Ce son- ^s.raaBni, Qoi a tenu, pendant plus de taille ans l'homiiui' fiODS l'oppresûon d'une terreur muette et ^un ennui plus posant eacbre, fl le dés&nne en lui portant Tivemeut là lunièn u vhri^ et le itiontre niBsi ridlsulé qatu hibou surpris u g*aad jout. hr sa oonSuu» optôniste- oopiiie par m bij^ pour le passé, il BUDoiice le XVIII' aiècle.

■ Vhmén du iS'aai 1899>.

XIX* SliCLlS. BIOSBAPHIBS.

Deux aatres notices ont été publiées à part) Tinii BahélmB et sen muvre^ par Bagènd Noël , l'autre Babdaiê^ étude surleXVI^ siècle , pair Mê^fmrgtieii (1868y in 1Ï2). Lei autanra n'imt pas «ongé à riea ajouter à ce que l'on aaTait d^ de' Babelais ; ils oikt fait œnum: non d'éradlts, mafa (to ymlgarisateurs. La premièra a en dent éidtiotts^ r«ieia«l8î 1850, ratt1ro;Hi«'6^ 1870^ notabUement augaantée.

M. E. Noèl s'est énéNxmsmt inspiré da IQchelet; c^est ht nétne désinvolture, le méaue entrain, la même déoonsiif at anssl laa mêmes exagérationa.

Babdaîs, dit M. Eugène Noël, arracha les homme» de son temps aux ténèbres* aux jeûnes fiMniidables.dn vieux nioiiie... Son ]ivx^ tout pateiviely reperdît à oe ^ri # soif uniTerASlis du Xyi« siècle : À hoke ou peu^I^.., Ce grand fleuve de l'£!glise papale, où le moyen âge avait bu si longtemps, était desséishé. A hotrél à bh^ ! était le 6ti uttiversel ; aussi sera^ ^ 1« premier met do Gargantua.

Ste-Beuve; ^t fcrt sagement à ce propos :

Voilà une soif allégorique d'une explication nouvelle et à laquelle leà commentateurs âCavajent pas ^core songé.

M, E. îfoy a'^crie aiUe9r8 :

Que fHvBtm if^uki lfea^nâv6l q|ie j?â|iraife voutui par im beaurjour de Pâques, assister i sa messe^^ contempler sa ma* jestùèuse et sereine figuré, lorsque entendant chanter autour ^^ ^Qir (iuéiikêâinodum deêiderat eetvuig àâ fanèeif àquanm^ ^ répendàife aréo. an divin sôtiriia, dé safiiiiotion^ à cette 9ùif "ûtoft-cte soni itatagnirir!

Il faut avouer que cette association dé la messe et ^^ ^mfàgHiéieit pitësablement inattendue. De phis, si M. Kbël élèt consulté utilîtred'^Uite quelconque, il aurait pu s'assurer que le Psaume XM me ' se cbtotë

BiQ LX. BSPQTiXION DE. tUBELÀIS. '

pas à l'église à Toffice de Pâques. Il ne se trouve dans la liturgie que le ^èiidiredi saint, jour où Ton »fâjcélèh«f /lias'làrldoBsô- . ' - v : ' . > • <

:;i^]Nbftts aVdîvMiMl^Hiiiie fautqM^s i^egaïdep.vdë trop pnè9 Mk'fjM dààtioxfg 'UivM'É iD^dUcticrnSf qtiaIld^ otaézûë il.Ies âoiù;ie.iiK>iur(Utiéi)£de8^it«llB: du ïTtëàtimuSi'psLV elsempLei (U'iui'iàrrlYtt)trèis:«dByent de^itirer àiniv 4e &ice dntaiHdxivdifciutamtfR beaucoup) phts/qu'ib 'àe ^sent et 'dl^ ttobor Ihonidd^itopos'Ià tarîde à isini 'imagination, agi ra^^im8omoimtdlab9i8O0 iQtt&irreâqiiG au* ti^dt itiei fa«kai^iè:^^iietide'^érifté/; • nunl^ o^oàiie Ivul^afisateur^'iha^bdQtrsoti bii<r:.fiao!ist^le«8trinf, bùstgé, entratonbt^ ibi ïiééishqfiik dotite >de AabrisiS; tt'esi pas

. . ^aiuti.à/ M. 'Majjriftffgues/ioilxiSembl&ravoiri voulu faire ' surtout? uAe^œuvr^ otfltoiïe^' ttttfridftè d'rfmpll- 'fitàflotî'. èôiï l>roèédé.^ë^(?&blfe"Wèà^feoùp à celui dçs ij^U^;cieftSj^,ft,Iiftir..^e^'être %i^ ^nç ^jejie de.phrases sur cnacune desquelJtofAl' i)rodj^ j4fi&r^i»iJatioiis brillantes^ ^ llçqnnjiîf beçj^Qup moin^;^i^n,jS^ sujet que M. Noër et les méprises de détail. abondent dans ôon hvfje On ^^it, ^j^a^ç^. .j^^|inçl^,,(ju ,u|,,ç. de^ principales difficultés dogmatique^, . entre .les. catholimies et les protestants est ià'tiMnné^ âeTlk^ïiis pïtf 4a fbî';préiWftt^e'fpfti'1ètf'il«tHérf«îféi' Wtâ '^tiètificàtîbri èa? lëp^'œiîvt'ësl^^tlrécbri^^^ pat^ Ife CàlKôTi-

s V ■vUiSèyieadRSÉltilM àfiqnidlégliiaibéfigriiiiei. dbiii'««nt..:. avait compris et proclamé, dans sofaîamuUwirtini'tBaéSHPital to,néws?jté,,jie^fOe^yj:f^;POur,l«^pa|Bt,,^,^,, .,„„,,.„. ...i ^j

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