‹ Rabelais et ses œvresChapitre 15 sur 134 · TEBTUS DE CETTE PLANTE · texte numérisé non relu

TEBTUS DE CETTE PLANTE

ment quelques-uns les broient pour en retirer les fibres. Cette préparation est préférée par ceux qui gagnent leur vie en marchant à reculons,— c'est-àdire par les cordiers; les autres les teillent en de- ' visant dans les soirées d'hiver et en font ce que Ton nous raconte «du passe-temps des trois sœurs Parques, de Tesbattement nocturne de la noble Circé, de la longue excuse de Pénélope envers ses muguetz amoureux , pendant Tabsence de son mari Ulyxes» ; ils les filent et en font de la toile,

Mais pourquoi appeler cette herbe pantagruélion ? car Pantagruel ne l'a pas inventée. — Ici se place une longue dissertation sur l'origine des noms d'une centaine de plantes, entremêlée d'anecdotes et de rapprochements curieux. — Mais si Pantagruel n'a pas inventé la plante, il lui a le premier fait trouver un emploi qu'elle n'avait pas jusqu'alors. H en a fait l'effiroi des larronâ, à qui elle est plus dangereuse que la teigne au lin, l'orobanche aux faucheurs, le bouleau [en faisceau] aux écoliers du collège de Navarre, l'oignon à la vue, l'ombre de l'if à ceux qui dorment dessous, l'aconit [tue-chien] aux chiens et aux loups, la ciguë aux oisons, le pourpier aux dents et l'huile aux arbres, — parce que, lorsque les fibres de cette plante prennent les larrons à la gorge, elle leur bouche les conduits par où sortent les bons mots et entrent les bons morceaux, plus vilainement que ne serait l'angine ou Tesquinancie.

Ainsi, Pantagruel serait le premier qui aurait puniies voleurs du supplice de la hart. Cependant,

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