‹ Rabelais et ses œvresChapitre 16 sur 134 · III. PANTAGRUEL. — LE PANTAGKUÉLION · texte numérisé non relu

III. PANTAGRUEL. — LE PANTAGKUÉLION

comme Eabelais tient à ne pas «user de fables en ceste toute véritable histoire,» il fournit d'autres raisons à Tappui de cette dénomination. La première c'est que, de même que «Pantagruel est l'idée et exemplaire de toute joyeuse perfection», le chanvre est un type de perfection parmi les plantes, et si l'on eût connu son mérite au temps où, suivant le livre des Juges (IX), les végétaux songèrent à se choisir un roi^ le chanvre n'eût pas manqué d'être élu.

Puis vient une énumération des vertus et usages du chanvre. Son suc exprimé tue les insectes introduits dans l'oreille, il fait cailler l'eau à la façon du lait ; la plante écrasée est un remède^ excellent contre les brûlures, etc., etc. Dans cette énumération^ Rabelais a oublié deux usages du chanvre en dehors de ses qualités textiles. Avec ses feuilles on prépare le haschich qui procure une ivresse somnolente, fort étrange, et, avec ses graines, on fabrique une huile verte que la classe inférieure mange parfois en Bussie en place d'huile d'olive.

Rabelais énumère ici les bienfaits des fibres du

chanvre travaillées de différentes façons.

Sans le chanvre , nous dit-il , — nous abrégeons — seraient les. cuisines infâmes , les tablçs détestables [quand même elles seraient] couvertes de viandes exquises ; les liotz sans délices [quand même il y aurait] en abondance or> argent, électre, ivoire et porphyre. Sans cette plante, les meuniers ne porteraient le blé au moulin, les avocats ne porteraient leurs procès à r^mdience ; sans elle comment porterait-on le plâtre à Tatelier? comment tirerait-on Teau du puits? Sans elle point de papier, et que feraient les tabellions, les copistes, les secrétaires et écrivains? Les titres de rente seraient perdus; le noble art d'imprimerie périrait* Sans elle comment sonnerait-on les cloches?

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