LIVRE IV. — VOYAGE A L*ORACLE DE LA DIVE BOUTEILLE
Papefigues, ils s'arrêtent plus longtemps à l'île des Papimanes, ce pays dont Timage transportait La Fontaine: ,
[Oui] par St-Jean, si Dieu me prête vie, Je le verrai ce pays où l'on dort !
On y fait plus, on n'y fait nulle chose, ' C'est un emploi que je recherche- encor.
Rabelais ne dit pas précisément qu on n'y fasse rien, mais la principale occupation , c'est le culte du pape ; on n'honore pas seulement en lui le chef de l'église, on l'adore à l'égal d'un Dieu. — Ce pays là existe toujours, bien qu'on ne puisse lui assigner de limites géographiques.
A leur arrivée dans l'île, les voyageurs sont reçus par quatre personnages, quatre ordres de l'état. Un moine enfroqué, crotté et botté, représentant le clergé; un fauconnier avec un leurre et un gant d'oiseau, représentant les hobereaux chasseurs; un autre en solliciteur de procès, ayant un grand sac plein d'informations, citations, chicaneries et ajournements; le quatrième en vigneron d'Orléans, avec belles guêtres de toile, une panetière à la main et une serpe à la ceinture ; c'était le représentant des cultivateurs. A peine arrivés près du navire, ils crièrent tous à la fois : L'avez- vous vu, voyageurs ? L'avezvous vu ? — Qui ? demanda Pantagruel, — Lui, répondirent-ils. — Mais qui donc ? demanda frère Jean. Par la mort bœuf, je l'assommerai de coups. Il croyait (Ju'on cherchait quelque larron, meurtrier ou sacrilège. — Comment dirent-ils, voyageurs, vous ne connaissez pas l'Unique ? — Expliquez-vous, dit Epistémon. — C'est celui qui est. — Celui qui est, dit Pantagruel, par notre théologique doctrine, est