LES PAROLES GELÉES
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Epîstémon, frère Jean et Panurge voyant cette «affreuse catastrophe» se mirent à crier: Miaut, miaut, à la manière des chats, et firent éemblant de pleurer. On apporte du vin ; Homenaz distribue à chacun des poires de bon chrétien. Frère Jean regrette qu'on ne distribue pas de même les jeunes filles qui servent Tévéque. Pantagruel fait de grands présents à tout le monde et à Téglise, et prend congé des Papimanes, en leur promettant de prier le pape de leur faire visite. — ^Puis il part pour un autre pays.
La vérité n'est pas plus en Papimanie, où Ton adore un homme, qu*à Papefiguière, où l'on soumet les paysans à un si rude servage.
Nous avons déjà fait remarquer que chaque épisode un peu trop sérieux ou un peu trop osé est invariablement suivi de quelque scène bouffonne. La bouffonnerie ne va pas se faire attendre.
Les voyageurs étaient en pleine mer, «banquettant, grignotant , devisant , lorsque Pantagruel se lève : «Compagnons, n'entendez* vous rien? Il me semble que f entends des gens qui parlent autour de nous, et cependant je ne vois personne. > On écoute; on n'entend rien d'abord; puis on distingue des mots, des syllabes, des phrases même. Panurge s'épouvante : ils sont au centre de quelque grand danger ; on entend de véritables coups de canon, il faut fuir, fuir à voile et à rames. Il n'a point de courage sur mer ; en cave ou ailleurs , c'est différent ; il faut se sauver. Ce n'est pas qu'il ait peur. Il est comme le Franc Archer de Villon , il ne craint rien fors le danger, comme il l'a déjà dit à une autre occasion.