‹ Rabelais et ses œvresChapitre 45 sur 134 · AUTHENTICITÉ DU V« H7EE · texte numérisé non relu

AUTHENTICITÉ DU V« H7EE

Pascal. On en a extrait les passages qui ont para les plus édifiants, et on les a publiés en les abrégeant , en les modifiant souvent — et encore ce n'est pas comme œuvre littéraire qu'on a édité ces extraits modifiés et mutilés^ mais comme ouvrage d'édification et presque de dévotion* Il en a été de même lorsqu'on a entrepris de publier les sermons laissés incomplets par Bossuet.

Telle est l'histoire des manuscrits de Rabelais. On les a d'abord négligés comme imparfaits , puis lorsqu'on s'est décidé à les puUier, on les a raccordés et complétés comme on a pu, afin de les présenter en habit décent au public.

Rabelais était toujours disposé à voir les choses en grand, héros et livres. Son cadre était très élastique^ il est probable qu'il avait projeté beaucoup de scènes qui n'ont jamais été écrites. Une preuve entre autres, c'est que le chapitre que porte maintenant le n^ XVI (les Apodeftes) était coté XXXIX sur un manuscrit, tandis qu'au chapitre XXXII actuel , nous sommes déjà' dans l'Ile des Lanternes. Dans le titre d'un autre chapitre, on nous annonce que Panurge faillit être tué, et le chapitre tel que nous Tavons, est complètement muet sur cet incident.

Une autre preuve encore, c'est que les épisodes si étroitement enchaînés dans le troisième et le quatrième livre, s'enchaînent beaucoup moins rigoureusement dans le cinquième. Tous se rattachent au plan général, mais îi y avait place pour beaucoup d'autres^ et nous ne retrouvons pas ici cette progression continue que nous avons signalée précédemment.

Pour nous donc, le plan du cinquième livre est indubitablement de RabelttMpuiais l'ouvrage a été

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laissé imparfait, il y a des lacunes et des sutures. Les peiùtures vigoureuses sont l'œuvre du grand écrivain, les pages faibles, les plaisanteries fades ou empruntées .aux livres précédents, sont l'œuvre de Parrangeur ou des arrangeurs, aussi bien que les sorties purement calvinistes.

Nous regardons donc comme appartenant incontestablement à Rabelais — sauf des interpolations de détail, — les épisodes suivants :

L'Ue Sonnante,

L'épisode des fjtiats Fourrés,

Le voyage au royaume d'Entéléchie,

Le portrait de Ouy-Dire,

La conclusion finale.

Nous lui attribuerions aussi volontiers Plie des Ferrements, les traits principaux de Thistoire des Apodeftes, le voyage au pays d'Odes.

Il y a, ce nous semble, d'assez nombreuses interpolations dans l'Ile Sonnante, et dans la Conclusion ; il y en a aussi dans l'histoire des Chats fourrés.

Nous croyohs qu'il faut mettre au compte de l'arrangeur anonyme, l'histoire assez insipide de l'ermite qui reçoit les voyageurs dans l'île Sonnante, une partie des plaisanteries de TEditue, qui nous semble- singulièrement fade après Homenaz; la sortie de Panurge contre la chouette, l'histoire du lit de plume et de l'aubergiste, et nombre d'autres détails. Le discours du mendiant dans l'Ile des Chats fourrés, quoique vertement écrit, ne nous semble pas non plus rentrer dans les allures de Rabelais. On dirait plutôt du Henri Estienne. Nous sommes disposé à eâacer aussi de l'actif de RabdaÛL le tournoi de la Quinte, bien que l'idée de raAK une partie d'échecs sous

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