LES OISEAUX CHANTEURS
crés, sans que l'on vît aucun être humain. Les voyageurs s'approchèrent d'une fontaine au-dessus de laquelle s'étendait un bel et grand arbre tout couvert de beaux oiseaux blancs. Brandaines pria Dieu de lui apprendre ce que tout cela signifiait. A peine eut-il achevé sa prière qu'il vit un bel oiseau sortir des branches de Tarbre et voler vers lui, avec un bruit d'ailes qui imitait le son des clochettes. L'oiseau lui apprit que lui et ses compagnons^ avaient été des anges autrefois, mais lors de la révolte de Satan contre Dieu , ils s'étaient tenus à l'écart et n'avaient pris parti ni pour Dieu ni pour son ennemi; ils en avaient été punis par la privation du paradis. Ils n'étaient, du reste, soumis à aucune peine, et toute la semaine ils pouvaient errer à leur gré dans l'espace ; mais le dimanche ils étaient obligés de se réunir dans cette lie, de revêtir un blanc plumage et de célébrer toute la jour-^ née l'office divin. Le saint et ses compagnons assistèrent à leur office du soir. On chanta: Te decef hymnus Deus in Sion (Psalm. 64). Gela dura une heure. On alla dormir ensuite, mais à tierce, on se réveilla pour chanter : Laudate Dominum^ amnes angéli ^us (Psalm. 148).
Nous retrouvons ces usages dans Tlle Sonnante.
Les oiseaux de rile Sonnante, nous dit l'anteor, estoîent grands, beaux , et polis à Tavenant , bien ressemblant es hommes de ma patrie, beavoient et mangeoient et dor* moient comme hommes , brief à les voir de prime face^ eussiez dit que fassent hommes, toutefois ne Festoient mie.. Leur plumage estoit étrange ; c aucuns Ta voient tout blanc, aultres tout noir, aultres tout gris, aultres mi-parti blanc et noir, aultres tout rouge, aultres mi- parti de blanc et bleu.» G'estoit belle chose à les voir. Les mâles s'appe-