LITRE T. — YOTÂGE À L'OBÀCLE DE LÀ DIVE BOUTEILLE
leur occupation est de gaudir , gazouiller et chanter; de quelpays vouai vient cette abondance de friands morceaux? -^ De tout Tautre monde, répondit TËditue , excepté de quelques contrées des régions aquilonaires, qui depuis quelques années se soQt brouillées avec nous. Mais de quel pays ôtesvous ? ' — De Touraine. — Alors vous devez en savoir quelque chose ; on nous & dit que le duc de Touraine n'a pas même de quoi manger du lard à cause des excessives largesses que ses prédécesseurs ont faites à nos oiseaux afin de les fournir de faisans^ perdreaux, gelinottes, poules d'Inde, gras chapons de Loudunois, venaison et gibier de toute sorte. Buvons ; n'ayez peur que vin et vivres nous f aillent ;
Qaand le ciel seroit d'airain et. la terre de fer, encore ri- ▼res ne nous faudroîent, feustHie par sept, voire huit ans, plus longtemps que ne dura la famine en Egypte. Beuvons eneemble par bon accord de charité.
— Diable ! s'écria Panurge, vous avez tant d'aise en ce monde ? — En l'autre, nous en aurons bien davantage. Les champs Elysiens ne nous manqueront pour le moins.
— C'a esté esprit moult divin et parfait à vos premiers Siticines d'avoir inventé le moyen par lequel vous avez ce que tous humains appetent naturellement et qui à peu d'entre eux ou proprement à nul n'est octroyé : Le paradis en cette vie et dans l'autre. Pleust au ciel qu'il m'en advint autant!
C'est Rabelais qui prononce cette dernière phrase» L'Editue mène les voyageurs dans une chambre où l'on apporte du vin et des liqueurs. Puis ils vont se coucher et dormir ; mais à minuit TEditue les réveille : C'est le moment où certains de nos oiseaux se lèvent pour chanter, levons -nous, pour