‹ Rabelais et ses œvresChapitre 56 sur 134 · LIVRE V.— VOYAGE A'L*OEACLB DE LA DIVE BOUTEILLE · texte numérisé non relu

LIVRE V.— VOYAGE A'L*OEACLB DE LA DIVE BOUTEILLE

^es compagnons s'y engagent ; à peine ont-ils passé le guichet qu'on vient les arrêter sous prétexte qu un .de leurs gens a voulu vendre dans Tlle un des chapeaux achetés dans Tlle de Oassade. Gomme ils vont entrer dans le palais, un gueux à qui ils avaient fait une petite aumône, les arrête à la porte, et les met en garde contre les dangers qu'ils auront à courir. C'est un gueux un peu lettré, et à la violence de ses paroles, on voit qu'il a dû passer lui-même par les mains des Chats fourrés. Nous abrégeons un peu ce discours peu rassurant.

Considérez bien le minois de ces hommes, leur dit- il. Si vous vivez encore six olympiades ou l'âge de deux chiens, vous les verrez seigneurs de tonte l'Europe et possesseurs pacifiques de tout le bien et domaine qui s'y trouve. Les alchimistes ne sont parvenus à extraire que la cinquième essence, la quinte essence des choses, ceux-ci ont trouvé la sixte essence , moyennant laquelle ils grippent tout, dévorent tout, salissent tout. Ils pendent, brûlent, écart èlfnt, décapitent, tuent, ^ooiprisonnent, minent et minent tout) sans choix de bien et de maL Le Vice est appelé Vertu par eux , la Méchanceté s'appelle pour eux Bonté ; la Trahison a nom Féaulté, le Larcin," Libéralité. Pillerie est leur devise, et par eux faite est trouvée bonne de tons humains, les hérétiques exceptés, et ils font tout cela avec une souveraine et irréfragable autorité.... Si jamais pestes au monde, famines, guerres, cataclysmes , conflagrations ou autres malheurs surviennent, ne les attribuez ni aux conjonctions des planètes, aux abus de la cour romaine , aux tyrannies des rois et princes terriens, a l'imposture des cafards, hérétiques, faux prophètes, à la malignité des usuriers, faux monnayenrs, ni à l'ignorance ou imprudence des médecins^ chirurgiens et apothicaires, ni à la perversité des femmes adultères, empoisonneuses , infanticides ; attribuez-les à la méchanceté des Chats fourrés. Elle n'est pas connue, pas plus que la cabale des juifs, c'est pour cela qu'elle n'est pas détestée.

ecHnrigée et punie » comme eUa éofrèk. Mais 8i ett9 est quelque jour mise en évidence » et numitestfo au peuple^ il n'y aura pas d'orateur assez éloquent, de loi assez rigoureuse » de magistrat assez puissant pour les préserver d'être brûlés tous vifs dans leur raboulière.

. Bill entendant crtte sortte Téhémeote et passionnée, la plus "Tiâbémente qae nous ayons reircontrée de^* puis le commencement de l'V>uyrage, et que po&r tette raison , nous soupçonnons n^é%re pas de Rabelais — Pànurge est pris de peur, et cette fois il a raison ; il veut rebrousser chemin; impossible: la porte a été fermée sur eux. Gomme pour TAveme de Virgile, entrer dans le domaine deisf €bats Fourrés est facile, la difficulté est d*en sortir. On ne s*en Ta de là qu'avec «un bulletin et décharge». Pour obtenir ce 1)uIIetin, il faut comparaître devant Grippeminaud lui-même.

La Fontaine nous a fracé un jknrtrait ûe Gtippemînaud :

G'étoit ua chat vivant comme un dévot ermite,

Un ohat faisant la ckatemite, Un SMit hemme âa cSurt^ bkn fourré^ grsv- et gtàs^^^

Gripi^eaiaaQft Itidr dit ; bms eaiuitB, appMdtes; Approchez ; je suis sourd, les ans en sost la cause. L'un et l'autre appfoeha» ne craigeant nulle chose. Aussitôt qu'à portée il vît les contestants,

C^iippeuinaud, le bon at>6tre« Jetaab dea deux côtés la gr^ en laéme temps, VàA les plaiAeors d'aooord, en ctoqxmsA Fui al l'antre»

Os Orifpniinani n^est pus c€9ai de RabeSaiS' Ge^ kiiHci a la figure Imniaiiie et il n'a rien des allivPsd pateKnes d* était 4e La Fontaine. Il ertfiNivchement védumt. £1 avait, anivant Babdaia, tes mains pleittes de sangy dea griffé» de harpie, un moaeaMi en bec ée

236 LIYKE Y.-^VOTÀGIS A Ii*OBÂeiL:& XXB LA DITE BOUTEILLE.

corbin, les dents d'un sanglier de quatre ans, les yeux flamboyants comme une gueule d'enfer ; il était tout couvert de mortiers , entrelacé de pillons , si bien qu'on ne voyait que les griffes,

[On sait que. la coiffure d.e certains juges s'fl^pelait un mortier ; Rabelais y ajoute des pilons pour indiquer qu'on y pilait les récalcitrants, hoxpnies et opinions, mais il écrit. ce mot'* pillons, autre malice.] ,

Son siège et celui de ses assesseurs^ les chats de garenne [pilleurs de garenne] j . était un long râtelier tout neuf, au dessus duquel il y avait des mangeoires fort belles et fort amples. À l'endroit du siège principal, au lieu de l'image de la Justice, il y avait l'image d'une vieille fen^me, des besicles sur le nez, tenant en sa main droite un fourreau de faucille, une épée crochue [par opposition au glaive de la Justice, qui est droit], et dans sa main gauche une balance. Les bassins de la- balance se composaient de deux gibecières [ou bourses] de velours, l'une pleine de billon et pendante, l'autre vide et élevée bien haut au dessus du trébuche^ — «Je pene^, dit l'auteur, que c'étoit le portrait de la Justice Grippeminaudière,» car les plateaux des balances de la? vraie Justioe sont en parfait équilibre.

«Quand nous fûmes introduits , je ne sais quelle sorte de gens, tous vêtus, de gibecières et de sacs, à grande lambeaux d'écritures, nous dirent de nous asseoir sur une sellette. Panurgé leur dit c. Grâllefretiers mes amis, jesuig tr^ biei^ debout; votre sellette est trop ibasse pour quelqu'un qui: a des chausses néuveà et un court pourpoijat — Asseyez- vous là, «t qa'on n'ait pli;^ :à . voiw le répétet-.î .La terre s'ouvrira pour vous engloutir touè vâ& si vouafaillez à bien répondre.

L ÉSIOHE J>S. aBXPVBiilSAjnU

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t Quand ils fereot oasis, GtiiHueminaud, ^'imQ.yirâ fiirieiise et enrouée, leur dit : Or çà, or çà, or çà,

.Geite sorte. d'exfilaniation.: Or ,çà, .est ordioaire** ment ane simple liaison qui signifie « maintenant»; mais elle peut sigirifter: Apportez.: de Par ici,— et e'estj pcmr cette raîsflu qtre noua la verrons rôvenir 'si souvent — trop soaiv^nt — dans les* discours que Fauteur i^ête à Grippeminâud.

. XVIL ■ . ' '

On sait qHc .ri9t}«isitiQa ne disait pas à ceux qnr étaient amenés devant elle de quoi ils, étaient aqcur. ses; Elle leur ^demandait pourquoi ils supposaient qu'on les avait arrêtés, êt,'pàr ce moyen, provoquait; des aveux, qui étaient tournés contre eux. C'était' une énigme qu'on proposait aux accusés, énigme terrible^ car s'ils ne trouvaient rieu à r^popdrei oor les> maintenait en arrestation, on les att«^ndait à an au-» tre interrogatoire; et, s'ils" répondaient, ils pouvaient fournir des armes contre eux. Giippeniînaud va procéder de la miêpie façpn; il va donner aussi une^ énigme^ à deviner à nos voyageurs. Quant au crinae dont on lés accuse, il n en sera <fas même question^ Voici rëhigme proposée :

Vae bien jeune et toute blondftîette, Conceut ung n's etbiopîen sans père :

Puis l'enfanta sans douleur, la tendrette, Qaoyqu'ilsbrtist comme faict la vipère, L'ayant zôagé^ es m^ult grand* idétupere, Tout l'oDg des ô^uçs;. pour son impatience. Depuis pa^a.jnoi;Lts et vapc en ûance, . - Par l>er. volant, eh terre' chemiriant*:

Tant "qu'estonna l'amy *de Sapience Qui l'rstimoit estre humain animant.

Cette éQîgme ne' remplit pas toutçs'Ies.tondi^ii&ns n 15*

tSn LITRE T.-^TOTÀGC A L'ûEÀCLE J>E Là DITE BOUTEILLE.

qu'on exige mamteuftt dam ces lortes de jeux d'taprit. L'énigme «cteelle est une d^nitim ph» ou moins enveloppée, mais la dien devinée ne ckange pas. Dans 1^8 éaigms du XVi* aiàcle il n'en étaâk pas ainsi. La chose devinée paesait ordiaweni»t par différentes idiases, elle sa développait. L'ôtm auq«d s'appHQue la mot de nos énigmes est à Tétat de ve* pos. Celui des énigmes du KYf^ GÔède était é'wcË^ naire à Tétat de mouvement.

Voici Texplication proposée par Esmangart, auteur' dfe cet étrange oommeirtaire historique dont nOQS avons parlé :

La jeiiae bloadetetta toi c(mçaft «n fils étiilopiea tiuis pesa sp^ la ïsiifion QtAoliqM» Qiii f roÂûfljlt atule» el d'aUotd à boane intention, le noir tribunal de l'inqnisition ; sans père, c'est-i^dire sans la coopération et contre la volonté du divin auteur de l'Evangile. £lle l'enfanta sans douleur eomme fat vipèm [qjâ surraat une croyance alors et longteaipe encore après rétMuidue, étaî6 supposée enfanter par la boucha] mata^lieeut bientôt déchîié le seinde sa mère»Ce ttibaaal a en effet, pir ses emantés» pan ses abominables sacrifices humains, autant fait de mal à la religion chrétienne que la persécution lui a fkit de bien. Ce monstre [l'inquisition] passa les monts et les vaRées ; oe qirï est vrai k la lettre» puiaqu'^ ftaachlt lea monts de lltalie^ les Apftenlns et les AjpeSh poor de 11^ se répandra en E^pegne, en France, et presque dans toute la catholicité, où il causa tant de maux que le sage, qui le croyait un être humain, tandis que c'étoit un diable vomi de l'enfer «ur la tenre, en fut tout étonné.

Nous n'entmdons nous approprier ni Te^pUcation ni les idées d'Ssmangart; il nous semble que Babelais a voulu faire tout simplement ici une «ftmfrelucbe antidotée » pour avoir le plaisir d^en mettre une explication telle quelle dans la bouche de ses personnages.

Après avoir pjpononcé son énigme» Grippraiinaud

ajoute tau s'adi*e8saiit à PaÉurge : < Or çà, résons- Dow pr^^nptaHgnt <» ^m o'ert, or (çiu — Or de iMUr Biea, réfKmd PaBur^tn siagemit les r^étHiom <le sott ji^e, si j'«?iisiift spmxfiB Bia aftiaeii» cMUM Yeoràs im de tos piéeunwiirs, je fOdrims réoMdre Yémgnm^ or de par Dkib w

Panurge s'4^[>proprîe ici qm fhrase de Gicâ?ra, plaidait 'centre Verres le ceMussicâïnaire^ -— Je ne sais pas deviner les éûigmea, disait l'aiFoeat de Verre». -^ Vous avez pourtaiit nm sphinx daiis votre mat'* son, répondit Cicérom II «'agissait d'un spMm de bronae volé par raocusé et donné an défenseur.

— Mais Je n'y étais pas, continue Panm^e, eom* me s'il répondait à une aceusatton articulée, et je sois innocent du iait.

'^ Or içà, dit GnppMiinand, puisfiie tu ne veux pas dire autre du)se^ je te montrerai, or çà, ^pie mieux vaudrait tomber entre les pattes de Lucifer, or içà, et de tons les diables, er Qà^ qu'entre nos grif*^ £es, or çà. Tu nous aUègnes ton nmocence eomme une raison pour nous éckapper ; saeke que Ms lots sent comme toiles d'araignées, les simples monche^ rons, les petits papillons y sont pris, tandis que les gros laoïfô malfidsants les rompent et passent à tra* Ters, er çà. Noos ne ckerekoais pas les gros larrons et tyrans^ ils sont de trop dure digestion, or çà, et nous en puniraient, or çà. Mais vous autres, gentils innocents^ vo«s serez iniieeentés, or çà, et le grand diable vous chantera messe, or çà.

Innoceniéi dans crtte {âurase signifie f (mettes. Au sdzièsie siède et même au dix^septième, quand on trouvait les jeunes fiUes «u lit un pea tard le jour des saints Innocents, on avait le droit de les claquer*

29i LIYBE y.—- TOTAUX À l'oBACIiS de &à DITE BOUTEILLE.

gee et ouuigez toat^ et iaos Taiitva^tiMsroiigwez

Et majigexez eomme vlpèras i Le« coitea pv^yrei de to» mèseBi

or âe par le diable Ift.

Panurge ayait compris ce qoe sigBi&aient ces ez-^ clawtilions répétées : or çà, or là, or de par le diable là 1 II voyait bim que la meilleure explieatioii de rénigme ne mèBeraifl à ries sa&s un complémeot nécessaire et qui aurait même pu le di^nser de parler ; il jeta au milieu du parquet ufie grosse bourse de cuir pleine d'écus au soleil. C'est ee que 1*011 attendait de lui

Au son de la bourse commencèrent tous les chats fourrés à jouer des griffes comme si fussent violons desmancbés. Et tous s'eariéarent à hautes toi|: disaas : Ce sottt Dss esi^cesi du procès.

On appelait ainsi les présents faits au gens de justice parce que, dans Torig^iie, on ne donnait, en réalité, qiie des ^iees, des comdHments et des objets de peu de valeur.

On connait Tépigruime ie Saint*Amant sur Tincendie du Palais de Justice au XYIP siècle ; elle est dans le ton des plaisanteries de Rabelais :

Certes l'on rit un triste jeu Quand à Paris dame Justîee Se mU le p«^s tout en feu,- Pour avoir mangé trop d'éiâce.

— Le procès fut bien ben, bien friand, bien épicé» continuèrent jies Chftits fourrés. Les accusés sont gensi de bien. >

«C'est de Tor, ditPanuirge; ce sont des écus au soleil — La ceur. l'entend, dit Grippeminaud : or bien, or bien* or biea. Allez enfants et pasaeis entre ;

hk KOUMEITUBE DBS. GHAT8 FOURBES. 3^

or lÊim, Mvsoie soiMKes 9m tMt diAUes 9» «Mi

«UflfB foii aortis 4n gutàiet nova fiùMs eOftéoitB juflqa'fta port par certains ^tifi^os de moiitegiicB -^ ce aoBt les greffiers. -- ArmA 4'dittrer das» 008 nsavires, iwm fûmes «? ertis par eux âe ne pas nova éloigner sans a^oir fait des présents aefgneuiânw tant à la dame Gripfeminaiide Qa'à tooites les Chat"tes fourrées; aatreme&t ito avaient cwirnission de nous rametier mi guichet. — Noas visiterons le f<»id de nos poches et donnerons à te^os coBtentoment. -^ Mais j dirent les griffions , n'oubliez paa le vin des pauvres diables.

Ils n'avaient $9» adhevé ces mots, quand frère Jean aperçut soixantOrhait gidères et frégates fui arrivaieait au port. Il alla demander d'où venaient ces navires et ce qu'ils portaient. Il vit que tous étaient chargés de veiiaison : levreaûx, ehapons, pa* lombes, cocons, dievreaux, vanneaux, poulets, oa^ nards, halbrans, oisons et autres sortes de gibier. Il aperçut aussi, parmi, quelques pièces de velours, de satin et de damas. II demanda aux voyageurs à qui ils portaient ces friancte morceaux. Les voyageurs répondirent que c'était i Grippemiaalid, aux chats founrés et chattes fourrées. — Et comment appelés vous ces droguesHà ? dit frère Jean. — Corruption, répondirent les voyageurs. — S'ils vivent de corrup- ' tion, dit frère Jean, 'ils périront en génération. —Mais, ditPanurge aitt voyageurs, le grand roi a fait crier que personne, sous peine de la hart, n'eût à prendre biches^ cerls, swgûers ni chevreaux* —

d34 LI YRE V. — VOTAGB A I.'0BACLB.1>Ï LA DI VE BOUTEILLE.

O^est vlrnii, lui répmdit^n, mais le' roi est si boa et ces chats fourrés sofit si affffliés de jssBOïg chrétien que nous avons moins de peur en offensant le roi, que d'espoir en entretenant ces chats fourrés par de telles corruptions. Au teiitpg passé on les appelait màche-foins, mais ils n'en^ mâclieât plus; nous les- nommons a présent mâche-IeTréattx, mftche-perdrix^ mftche*poulets, mftche-chevreiïils, mâche-lapins, mftche-cochons ; ils ne s'alimentent pas d'autres vian* des. — Faisons deux choses, dit frère Jean; premièrement saisissons-tïotts de tout Cé gibier , aussi bien suis-je ennuyé de viandes salée» J'entends le bien payant. Et puis retournons au guichet et mettons à sac tous ees diables de chats fourrés. — Je n'en suis pas, dit Panurge ; je suis un peu couard de nature. — Vertu de fn)c , dît Jean, pourquoi m'avez-vous emmené , si vous n'avez rien à me donner à faire? — Mais frère Jean eut beau sermonner, il ne put décider Panurge ; il déchargea sa colère sut les gritf(Ais [du greffiers], qui attendaient toujours leurs pourboires; il les mit en fuite en dégainant son épée.

Après un conte médiocrement piquant, * qui n'est pas de l'invention de Rabélaisr, et qui ne rachète pas par la forme ce que le fonds a de peu intéressant, l'auteur nous conduit à l'Ile des Apodeftes <à longs doigts et mains crochues. >

Yoici encore , dit à ce Bpjet GiDgaené , une cour souveraine accommodée de main d'ami. Pour faire vérifier les comptes du trésor royal, des trésoriers , des comptables de toute espèce , il avoit bien fallu établir un tribunal suprême , don-

ner à ses membres, ées pi^Tiléges alors très hônorablesr, ^ des, fonctions très lucratives. Bonne partie des sommes dont on comptoit, restoît souvent pour frais de l'examen du compte, et des longs procès qui snivoient quelquefois éet examen.

On leur donne ici le nom d'Apodeftei^ oa^lgttMfaâtov parce qu'on n'exigeait pas d'eux les mêmes étvi^es que des fonctionnaires employés dans d'autres administrations, — de même qu'on appelle igmorantins les frères des Ecoles chrétiennes, parce qa'on n'exige pas qu'ils sachent le latin. L'auteur nous représente les Apodeftes occupés uniquement à mettre en presse des maisons, des prés, des champs, pour en faire suer de l'argent, qui revient en partie à l'état, mais dont la plus grande part reste dans les mains des intermédiaires. De sorte que, s'ils sont ignorants à certains égards, ils ne le sont pas dans l'art de faire fournir de l'argent aux contribuables.

Le personnage qui reçoit nos voyageurs et leur explique le mécanisme des bureaux transformés en pressoirs , porte le nom significatif de Guaignebeaucoup.

Ce chapitre sur les Apodeftes n'existe pas dans toutes les éditions primitives du cinquième livre : tous les éditeurs ne lui assignent pas la même place, et, en quelque lieu qu'on le mette, il y a toujours quelques lignes du texte à sacrifier. Kabelais en estil l'auteur ? L'idée est ingénieuse , mais le style est terne. Nous penchons donc pour la non-authenticité de la rédaction ; mais d'un autre côté il faut reconnaître qu'il y a dans l'œuvre de notre auteur des pages qui ne sont pas meilleures, et qui l. dissent pas d'être authentiques.

Il n'y a rien à apprendre sur la destinée humaine

iM LiTBE ,y. — YOTias A l'obaclb de IiA dive bouteille.

tti ùutË les Chats fourrés, xA chez les Apodeftes. Les tdyagears sont trop heureux de leur édiapper moyennant finance et ils se dirigent vers les domaines occupés par les représentants de la philosophie, où ils ^pèfMt être plus hMreux.

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