‹ Rabelais et ses œvresChapitre 63 sur 134 · LIVRE V. — VOYAQE A L'OEACLE DE LA DIVE BOUTEILLE · texte numérisé non relu

LIVRE V. — VOYAQE A L'OEACLE DE LA DIVE BOUTEILLE

ppur Téclairer dans sa chambre lorsque Pheure fut venue de se reposer.

L'oracle de la Dive Bouteille' n'était pas dans l'île même où les voyageurs étaient abordés , mais dans une .lie voisine, qui ne contenait que le temple et ses dépendances. Une lanterne fut chargée de les^ y conduire ; elle leur recommanda de ne s'effrayer de rien de ce qu'ils pourraient voir.

Les voyageurs forment deux groupes, de préoccupations différentes, les uns, Panurge, frère Jean, représentent surtout le côté sensuel inférieur de l'homme, Pantagruel, l'auteur, qui apparaît quelquefois, et d'autres encore, en représentent le côté intellectuel et supérieur. Ces deux groupes s^avancent parallèlement dans tout l'ouvrage, en portant un jugement. différent sur les. divers incidents qui se rencontrent.

Ce parallélisme va se poursuivre jusqu'à la fin, mais en s'accentuant davantage. Panurge et son groupe vont rester sur le premier plan, Bacchus et le vin vont demeurer en avant. L'auteur a besoin qu'on s'y trompe et qu'on voie là ses préoccupations principales. Il y va de son repos et il y tient. Ajoutons qu'en agissant ainsi, il ne trompe pas, il réagit contre l'ascétisme du moyen âge et veut que le corps ait satisfaction — mais, derrière ce rideau peint en couleurs voyantes, la pensée intime de l'auteur se révèle à qui veut la chercher. A côté de l'enseignement exoté' rique pour la foule des Panurgistes, il y a l'enseignement ésotérique et supérieur pour les Pantagruélistes. Nous allons assister à une véritable initiation et, pour qu'on ne s'y trompe pas, l'auteur va nous faire

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