‹ Rabelais et ses œvresChapitre 67 sur 134 · LIVRE V.— VOYAGE A L^ORACLB DE LA DIVE BOUTEILLE · texte numérisé non relu

LIVRE V.— VOYAGE A L^ORACLB DE LA DIVE BOUTEILLE

gens amoureux de rosteutatioD, du troupeau des imitateurs, du précieux et du faux bel esprit, qui rapetissent le jugement ; fuyez les gens à politesse exagérée qui n'osent vous . avertir d'un danger de peur de vous contredire ; fuyez la chicane ou là guerre entre particuliers, fuyez Tambition qui amène la guerre entre les états ; soyez fermes pendant la tempête religieuse et supportez courageusement les fléaux que vous n'avez pu détourner ; mettez à profit la sagesse des anciens, mais tenez-vous loin des exagérations de la pénitence des catholiques et de^ l'austérité intolérante des protestants ; ne vous payez pas de paroles vides et pleines de vent. Tenez également pour suspects les pays protestants où les seigneurs s'emparent des biens ecclésiastiques au détriment des paysans, et ceux des papimanes qui ont l'idolâtrie d'un homme. Ne croyez pas que les livres antiques, que les paroles gelées depuis longtemps, contiennent toute sagesse; quand elles se font entendre, elles ne nous retracent que la guerre et le carnage. Ne passez pas d'un extrême à l'autre; en fuyant l'ascétisme, n'allez pas vous livrer uniquement au plaisir de bien manger, et que l'horreur du jeûne ne fasse pas de vous un gastrolâtre (IV* livre).

Le cinquième livre déclare la guerre au formalisme romain; il nous montre l'harmonie établie entre les choses ; il condamne le jeu et les tromperies commerciales; il flétrit la justice cruelle et vénale des chats fourrés, les exactions exercées sous prétexte d'impôts; il raille les systèmes philosophiques qui ne sont que des outres pleines de vent; les subtilités de la scolastique, les règles des moi-

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