‹ Rabelais et ses œvresChapitre 70 sur 134 · LA RELIGION DE KÂBELAI · texte numérisé non relu

LA RELIGION DE KÂBELAI

« l'incontinence des clercs, des pillages et des violences des laïques, de la simonie ou trafic des choses saintes dé la part des uns et deà autres. >

Qu'on ne prenne pas la défense de l'ignorance en disant que «cette simplicité conserve la vertu.» L'ignorance n'est bonne à rien. C'est dans les siècles les plus ténébreux et chez les nations les plus grossières qu'on voit régner les vices les plus abominables.

Il ajoute qu'au moyen -âge les fonctions des clercs étaient presque réduites à chanter des psaumes qu'ils n'entendaient pas, et à pratiquer les cérémonies extérieures. (Troisième Discours. Histoire ecclésiastique. Tome XIII.)

Gl. Fleury constate également la paresse des moines : € Les premiers moines travaillaient de leurs mains, et savaient si bien accorder Taustérité avec ' la santé qu'ils vivaient souvent cent ans.»

Le travail des mains ayant été méprisé et mis en oubli, «les religieux rentez se sont abandonnez la plupart à la paresse et à la crapule, surtout dans les pays froids.»

La création des ordres mendiants a beaucoup favorisé cette fainéantise. St François «avoit ordonné le travail à ses disciples, et ne leur permettant de mendier que comme dernière ressource. Bans son testament , il déclare qu'il veut formellement que tons les frères s^appliquent h, quelque travail honnête.» Quatre ans après sa mort, on trouva cette prescription trop dure, et Ton abandonna le travail pour la mendicité oisive et vagabonde, avide et importune.

Dans les couvents on multiplia les psalmodies, les prières vocales ; il en résulta une grande perte de temps, d'un temps qui aurait pu être employé plus utilement. Les offices, généralement peu compris, chantés machinalement} étaient promptement expédiés ; on ne songeait qu*à en avoir plus tôt fini. Ne vaut-il pas mieux travailler que de prier ainsi ? (Huititoe Discours, passim. H, eceh T. XX.)

Ce sont, on le voit, les mêmes critiques que chez Rabelais.

Gl. Fleury ne condamne pas moine les dévotions^

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