CL. FLEURY tT RABELAIS
nouvelles, les austérités multipliées. «Sous |)rétexte qu'on fait pénitence de cette façon, on se permet raille écarts de conduite vraiment répréhensibles, >
On peut sans humilité, sans charité, marcher nuds pieds, porter la haire ou se domier la discipline. On peut porter un scapulaire, dire tous les jours le chapelet ou quelque oraison fameuse, sans pardonner à son ennemi , restituer le bien mal acquis, ou quitter sa concubine . . Le chant des psaumes — si Ton ne fait pas plus d'attention à la lettre qu'à la note — n'est plus qu'un exercice de poitrine, et un son semblable à celui des orgues et des autres instruments inanimez ; ce n'est plus une prière.» (Huitième Discours.) Le chaut, dit-il ailleurs, (Quatrième Discours) n'est que l'écorce de la religion.
Le savant historien blâme, comme Rabelais, la multiplication des ordres religieux, interdit par le concile de Latran ; la facilité avec laquelle on accordait les indulgences; les amendes pécuniaires payées pour obtenir Tabsolution ; il blâme vivement surtout les rigueurs contre les hérétiques. (Quatrième Discours. Hist ecclés, T. XVL)
Il ne blâme pas moins,— toujours avec Rabelais, — la facilité à recevoir les fausses reliques, la trop grande importance donnée à celles qui sont authentiques. «Les reliques doivent nous exciter à imiter les vertus des saints dont elles proviennent, rien de plus.» Il en est de même des pèlerinages, qui sont souvent Toccasion dé désordres. Le consciencieux écrivain condamne surtout les faux miracles. « Assurer un faux miracle, dit-il, ce n'est rien moins, que porter faux témoignage contre Dieu. » (Troisième Discours. Bist. ecclés. T. XUI.)
Passons à la souveraine puissance des papes et aux décrétales.