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286 LA RKLIGION DE BABELAIS. .
«Le pape n'est pas l'antéchrist, à Dieu ne plaise, dit Fleury (Quatrième Discours, Hist* eedés. T. XVI), mais il n'est pas impeccable , ni monarque absolu ^ TEglise pour le temporel et le S'piritoel.» Les grands conciles sont ordinairement convoqués par le pape , mais non nécessairement , — et les petits conciles n'ont pas besoin de son autorisation. Telle a été la pratique constante des premiers siècles. Les prétentions des papes à une autorité plus grande sont fondées sur des pièces fausses, qui se multiplièrent au moyen âge à la faveur de Tiguoraucc :
De toutes [les] pièces fausses, les plus pernicienses tarent les décrétales, attribuées aux papes des quatre premiers siècles, qui ont fait une plaie iri^arable à la discipline de relise par les maximes nouveUes qu'elles ont introduites.
Il est cependant un point de discipline ecclésiastique sur lequel Fleury ne nous fournit aucun texte précis, c'est le carême. Il dit bien, en général, que la pratique de la vertu est bien au-dessus de toutes les austérités ; mais de mœurs sévères lui-même, il n'était pas disposé à céder personnellement sur ce point de discipline. C'est l'Eglise romaine elle-même qui s'est peu à peu relâchée de son austérité en matière de jeûne et d'abstinence. Dans l'origine, elle prohibait l'usage du laitage, comme l'Eglise orthodoxe grecque ; peu à peu elle permit le lait, le beurre et le fromage. Les œufs furent autorisés à la fin du XVP siècle. Puis certains évêques permirent dans leurs diocèses l'usage de la viande pendant quatre jours, etc. Il est avec le ciel des accommodements sur ce point, et il n'y avait pas chez Babelais d'hérésie à l'attaquer.
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Cette déœo&stratioii a peut-être semblé longne à quelques-uns de nos lecteurs, mais bous Payons erne nécessaire. Rabelais, au moment où il écrivait son livre, était curé de deux paroisses. Il j aurait eu malhonnêteté chez lui à accepter ces fènctions s'il eût professé des opinions contraires aux enseignements essentiels de Téglise romaine. On n'a pas cela à lui reprocher. Malgré ses écarts, il s'est tenu dans la stricte orthodoxie au point de rue du dogme. Ses allusions plaisantes à quelques passages de la Bible ou des offices de l'Eglise n'avaient aucune portée critique. Obligé longtemps de réciter chaque jour des psaumes et des versets de l'Ecriture, il est tout naturel qu'il ait fait des allusions à ces phrases stéréotypées dans sa tête. Bossuet en fait autant. Il est vrai que ces allusions ont un ton éifférent, mais eeki tient à le différence des caractères et du genre d'activité de chacun des deux esprits. Bossuet est grave et ses allusions le sont. Son regard est profond, mais il ne s'exerce que dans une direction, sans jamais se tourner ni à droite ni à gauche ; Rabelais est gai et regarde de tous les côtés à la fois. Il voit, par suite, des rapprochements qui échappent à Bossuet. Mais il n'y a pas de préoccupation agressive dans sa pensée. Il appartient à l'Eglise romaine et ses plaisanteries et ses critiques se font en &.mille. Ceux des contemporains qui n'étaient pas préoccupés des questions religieuses en jugeaient ainsi. Pour Brantôme l'auteur de Pantagruel est notre «bon Père Rabelais >^ ^ Hommes illtMtres et grands capitaines français, Fran-