‹ Rabelais et ses œvresChapitre 88 sur 134 · L*ART CHEZ BABELÂIS. LES TYPES · texte numérisé non relu

L*ART CHEZ BABELÂIS. LES TYPES

heureusement traités — depuis ceux de Seuillé qui chantent des antiennes au lieu de défendre leur vigne, ceux qui prêchent des pèlerinages ridicules, ceux qui viennent importuner les malades au moment de la mort afin d'obtenir pour leur couvent une part de la succession; jusqu'aux oisifs de Tlle Sonnante et aux frères Esclotz qui passent leur vie à inventer les moyens les plus compliqués de ne pas faire comme les autres et d'être inutiles à la société.

Rabelais dans ses critiques n'épargne ni les protestants de Papefiguière et de l'île des Andouilles — ni les catholiques de Papimanie et de l'île Sonnante. Entre les personnages de ce genre, il faut distinguer Homenaz, l'évêque de Papimanie, naïf et rusé, à cheval sur les règlements, les cérémonies secondaires, tout confit en dévotion, dont les yeux ne pleurent qu'eau bénite comme certain personnage de Régnier, larmoyant d'attendrissement au seul nom des décrétales, surtout lorsqu'il a bu quelques verres de bon vin versés par les charmantes jeunes filles dont il aime à s'iîntourer — en tout bien tout honneur — et ne dédaignant pas le petit mot pour rire et le calembour, pourvu que l'adoration du pape ne soit pas compromise.

La satire domine chez Rabelais , mais elle ne tombe pas au hasard sur tous les personnages secondaires. Un homme d'église, par exemple, le théologien Hipothadée, parle avec beaucoup de sagesse ; le médecin Rondibilis figure de la manière la plus honorable dans la fameuse délibération de Panurge au sujet de son mariage.

Page 1