‹ Rabelais et ses œvresChapitre 91 sur 134 · LE BÛCHERON ET MEKCURE · texte numérisé non relu

LE BÛCHERON ET MEKCURE

phrase pour la compléter, il n'oublie aucune circonstance, mais il fait un tableau. Il vous dirait volontiers avec Gresset:

Je ne serai point court, mais qui m'aime, me suive.

(Le Parrain magnifique,)

II est impossible de ne pas aimer ce joyeux conteur. C'est un vieillard d ailleurs, il a ses 67 ans bien comptés, suivons-le.

Jupiter, en ce moment, tenait conseil sur certaines affaires urgentes. La vieille Gybèle opinait alors, à moins que ce ne fût le jeune Fhébus , ce m'est tout un. Mais Couillatris criait si 'haut qu'on l'entendit en plein conseil et consistoire des dieux. — Quel diable, demanda Jupiter, est lèt-bas qui hurle si horrifiquement ? Vertus de Styx, n'avons-nous pas et régler encore assez d'affaires et discussions d'importance sans qu'on vienne encore nous déranger ? Nous avons vidé le débat de Presthan, roi des Perses, et du sultan Soliman^ empereur de Gonstantinople. Nous avons terminé l'affaire entre les Tatares et les Moscovites.

Les Moscovites ont pris Casan, 1550, et ils prendront bientôt Asiracan, 1554.

Nous avons répondu à la requête du shérif; nous avons aussi répondu à la dévotion de Dragut-Rals....

Amiral ottoman qui pilla la Sicile, 1552.

L'état de Parme est expédié , aussi bien que celui de Maydenbourg , de la Mirandole et d'Afrique. C'est ainsi que les mortels appellent la ville, sur la Méditerranée, que nous appelons Aphrodisium.

Cette ville est maintenant Madhia, dans l'état de Tunis. Charles Quint la prit après un long siège en 1550. Eabelais fait ici allusion à une distinction que nous trouvons souvent dans Homère. Les im-

, B68 l'abt chez eabKlais.

mortels appellent telle ville, . tel pays, dW nom, et les hommes lui en donnent un autre.

Tripoli a changé de maître pour avoir été malgardée.

Elle avait été enlevée aux chevaliers de St- Jean de Jérusalem, par Dragut Baïs, dont il a été question tout à llieure.

Le temps était venu , continue Jupiter. Ici sont les Gascons renians et demandans le rétablissement de leurs cloches.

Les Gascons s'étaient en effet révoltés au sujet de rimpôt sur le sel ; la révolte fut bientôt apai* sée; on priva les habitants de leurs cloches parce qu'elles avaient servi à sonner le tocsin. Mais le connétable de Montmorency qu'on envoya dans le pays après la révolte calmée, se souilla par d'épouvantables cruautés. C'est sous le coup de ces cruautés que La Boétie écrivit son éloquent réquisitoire contre la monarchie : De la Servitude volontaire.

En ce coin, continue Jupiter — qui passe en revue les affaires du monde, — en ce coin sont les Saxons, les Estrelins, les Ostrogoths et Alemans , peaple jadis invincible, maintenant abattus et subjugués par un petit homme estropié.. Il nous demandeift vengeance, secours et restitu* tion de leur premier bon sens et liberté antique.

Les Estrelins sont les habitants des petites républiques anséatiques de la Baltique ; les Ostrogoths sont les Germains de l'orient. Le petit homme estropié qui les a soumis contre leur gré, c'est Gharles-Quint, alors tout perclus de goutte.

Jupiter a parcouru l'Europe et l'Asie occidentale; il va s'occuper maintenant de deux profes* ^urs de l'Université de Paris, Ramus ou la Ramée. €t Galland dont Rabelais avait à se plaindre. Ra-

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