LÀ LANGUE DE RABELAIS ET. L)S» CBITIQUES
tageait entre les deux dialectes. Mais Rabela» ^éeat aussi à Toaloase, où il trouva }a langue à'oe^ et il écrivit les deox premiers livres de. son roisan i Lyon, où il avait retrouvé le dialecte bourguignon. Il 7 a un peu de tous les dialectes diez Babdais; il a emprunté à tous des expressions, des ornements, des pbrase&i ooqmie il en a enqpiruiité au grec et au latin; mais dans le tissu de son style, la fuâon du beurguignon et du normand est complète, bien quUl y ait une pràte prédoteinmce du bourguignon, reconnaisKible moins aqx formes caractéristiqnes de ce dialecte qu'à Texclnsfon des caractères que Fallot attribue au neraumd. Le noroàaiid, nous dit^on^est ainsi caractérisé : des formes sècAes, peu de Syllabes mouillées, prédominance des lettres les plus tenues, r^ et Vu; les diphthongues les plus coauntiiies sont eif ue (presque ttft>, peu de nasales.
' Gbéz Rabelais, au contraire, les nasales sont nom* breuses; il en a môme qui lui sont pre»iue particulières : on pour aie, prma au lieu de pris ; les sons mouillés en ter, ihr, prédominent* Cependant il est loin d'être pur bourguignon; il donnerait plutôt la main i lm dialecte m^rmand très caractéristique, que Falfot n'a pas connu et qui se parle dans le dé* partement de la Manche, dans la partie nord sur* toul^ et dans les lies anglaises de Jersey, Giiemesey, Aurigny. La tournure ^s phrases, le genre de style et de . plàislinteriei et là majeure partie dn vocabulaire de Rabelais, se retrouvent là, avec une pronoM^tîon notablement' différante à k vérité, mais soits une forme très reeonnaissable; si bien que knrsqu'on a vécu dans ce coin de terre et qu'on vient à lire Rabdais; on se croit encore chez soi^.
LA ORAHVÀIBE DE BABEIAIS. 411
Mais, en résumé, Babelaifi n^appartient en parti- GttUer par son faoïgage à aucune région spéciale de la langue d^oil U n'est ni normand ni bourguignon, il n^a dans son langage ni la finesse malicieuse du Parisien , ni la sécheresse raisonneuse du Bouennaîs , ni Tampleur un peu lourde du Dljonnais. Il conserve bien un. peu du parfum des bords de la Loire et de la Manche, mais il est surtout et avant tout français. La langue qu'il parle n'est pas un jar- 4on particulier, bien qu'il l'ait empruntée un peu partout, c^est une langue recueillie au cœur même de la nation, c'est la langue de la France ^
La grammaire de Rabelais est en général celle du XVr siècle. Nous ne pouvons songer à la faire ici et nous nous contenterons de quelques remarqués sur les cas les plus importants '.
^ Nous avons sous les yeax tm opuscule : Rapports d^ la langue de Itahelais avec Ua patois de la Tourame et de V Anjou par A. Loisean, 1867, in 8% dans lequel on montre les rapports de la langue de Rabelais et du patois angevin. Le choix des mots indiqués par Fauteur n'est pas heureux , puisque la liste de ceux qu'il présente comme particuliers au patois angevin isoni paréiitement français, tels que : barguigner, buée, dévaler, éclopé, goret, pînte, porte-balle, et même «peuplier» arbre 1 Ce travail est, du reste, très superficiel.
' M. Aug. Biachet a placé en tête de ses Morceaux choi" sis des grands écrivains du XVI* siècle une prétendue Grammaire de la langue du XVI* siècle \ qui, bien qu'occupant oœ centaine de pages , est nen-seiikment insuffisante , mais pleine d'incomcevableB étonrderiei. L'auteur ne dit pas un mot^ par exemple, sur la question capitale de la construction , de la disposition des mots dans la phrase; U ne paTlè pas de la ionoatiea des pUtdela en « et « , qu'on avait tant de pane à s'expliquer aux sièctes aulvants ; il est très sobre sur la conjugaison des verbes, etc., etc. En revanche, il trouve (120) un subjonctif dans cette phrase : lorsque (vouv entrastes en