‹ Rabelais et son uvre (volume 2)Chapitre 126 sur 147 · II. PANTAGRUEL. — III. NOUVELLES DE L'AUTRE MONDE · texte numérisé non relu

II. PANTAGRUEL. — III. NOUVELLES DE L'AUTRE MONDE

donna à boire un grand verre de vin blanc avec une rôtie sucrée.

Epistémou fut ainsi rappelé à la vie, mais il demeura enroué plus de trois semaines et il lui resta de son aventure une toux sèche dont il ne pouvait guérir qu'à force de boire.

C'est ici que se place une des folies les plus hardies de Kabelais, le récit de ce qu'Epistémon vit dans l'autre monde.

Le sujet n'était pas nouveau. Les poètes anciens font à chaque instant voyager leurs personnages dans l'enfer ou les enfers. Non seulement Ulysse et Enée y descendent, emmenant le lecteur avec eux, mais Virgile trouve moyen d'y faire descendre son moucheron {Culex,Y. 200-380).

Ce sont là des voyages poétiques, mais il existe, en dehors de ces lieux communs de la poésie, des récits de personnages qui, après avoir été déclarés morts, sont revenus à la vie, comme Epistémon, et ont raconté ce qu'ils ont vu dans l'autre monde pendant que leur âme était momentanément séparée de leur corps.

Il y a dans l'afttiquité deux relations de ce genre que Rabelais a certainement connues, celle de Her l'Arménien et celle de Thespésius.

L'histoire de Her l'Arménien se trouve dans la RépuUiqiie de Platon, livre X. Her, comme Epistémon, avait été tué dans une bataille. Quand ou enleva les morts, dix jours après, la plupart des cadavres étaient putréfiés, mais le sien était parfaitement conservé ; on le porta chez lui, et le douzième jour,

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