‹ Rabelais et son uvre (volume 2)Chapitre 76 sur 147 · LE PLAN DE PONOCRATES · texte numérisé non relu

LE PLAN DE PONOCRATES

cession. Tout le monde n'étudiait pas au XVP siècle, mais ceux qui étudiaient y mettaient une ardeur qui a bien lieu de nous surprendre.

Ainsi Henri de Mesmes, dont nous avons déjà dit un mot (p. 44), ne se contentait pas de se lever à cinq heures du matin, jour ou non, pour aller étudier. Les leçons duraient de cinq heures à dix heures sans interruption. On conférait en hâte pendant une demi-heure ce qu'on avait recueilli des leçons des professeurs; on dînait, puis on lisait «par forme de jeu», Sophocle, Aristophane, Euripide et quelquefois Démosthènes, Cicéron, Virgile, Horace. Les études recommençaient à une heure. A cinq heures on retournait à la maison. On soupait, puis on reprenait les livres grecs ou latins. Il y a donc neuf heures employées à écouter les leçons des professeurs. Les préparations, les exercices d'apphcation étaient en sus. Ponocrates donnait à son élève beaucoup plus de liberté et mettait surtout beaucoup plus de variété dans les études.

L'éducation de Gargantua est la partie du livre de Rabelais qui a été le plus souvent citée, discutée ou commentée. La reproduction, la discussion de ces observations nous arrêterait trop longtemps ici ; nous avons consacré à cette question un chapitre spécial, qu'on trouvera plus loin.

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