‹ Rabelais et son uvreChapitre 137 sur 187 · DÉTERMINATIFS · texte numérisé non relu

DÉTERMINATIFS

ainsi à la précédente, bien qu'elle en soit séparée par un point.

Le premier que je trouvai fut un homme qui plantoit des choux, Dont tout esbahy lui demandai : Mon ami, que fais-tu icy ? (II, 32).

Rabelais écrit parfois leur avec un s, quand ce pronom est au datif pluriel; niais il l'écrit plus souvent sans s.

Mercure ne se voudra asservir es autres, car il ne leurs est en rien debteur (III, 3).

Quand le substantif est employé dans le sens le plus général, Rabelais et ses contemporains suppriment ordinairement l'article, comme nous faisons dans les locutions proverbiales :

Si demandez comment, par couleur blanche, nature nous induict entendre joye et liesse, je vous réponds que l'analogie et conformité est telle (1, 10).

L'article défini le, la, les a chez Rabelais et ses contemporains des formes qu'il a perdues. Au datif, Rabelais emploie indifféremment au et ou et même on, et, avec le pronom relatif, auquel, ouquel et onquel.

Panurge le saluant lui mit on doigt médical de la main gauche un anneau, en la palle duquel estait un saphyr oriental (III, H).

Il convenait tout mangeable manger, le reste jeter on feu, rien ne reserver au lendemain. (III, 2.)

.... Onquel lieu ils ont trouvé vos garnisons. (I, 33.)

Cependant on, onquel signifie proprement dans le, dans lequel.

J'amène mes moutons d'un pays onquel les pourceaux ne mangent que myrobolans. (IV, 7.)

Au lieu de aux, auxquels, dans les, dans lesquels, il emploie souvent es, esquels.

Es uns escarbouilloit la cervelle, es autres rompoit bras et jambes, es autres avalloit le nez, poschoit les yeulx (I, 27).

Fuis les compagnies des gens esquelz tu ne veulx point ressembler (II, £•).

En jouant, recoloient les passages des auteurs anciens esquelz est faite mention, ou prise quelque métaphore sur k.eluy jeu (1, 24).

Nous ayons conservé cette forme de l'article dans quelques locutions spéciales : bachelier ès-lettres, docteur ès-sciences.

Quand il y a plusieurs substantifs, on ne met qu'un déterminât if, qui s'accorde avec le mot le plus voisin.

Le vieil Macrobe demandait à Pantagruel comment et par quelle industrie et labeur estoit abordé en leur port celle journée (IV, 25).

Les pluriels en ant, ent s'écrivent toujours par s sans t. Après l, t et /, le pluriel est toujours marqué par s — excepté dans les mots en au et eu, qui reçoivent un x après l.

Les geans, voyan3 que tout leur camp estoit noyé, emportèrent leur roy Anarche à leur col le mieulx qu'ils peurent hors du fort (II, 29).

Quand jadis, en Gaule, les serfz, varletz et appariteurs estoient tous vifz bruslés aux funérailles et exeques de leurs maistres et seigneurs, n'avoient-ilz belle peur que leurs maistres et seigneurs mourussent ? (111,3).

On trouve souvent aussi ces terminaisons en aux et en eux, sans l. On a supprimé cette dernière lettre, mais on a conservé x, dont l'emploi s'est alors trouvé sans explication.

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