REMARQUES DIVERSES
Les mots qui sont terminés maintenant en cher, gcr, etc., étaient terminés alors en ier: bergier, boulangier, mesnagier, orangier, rochier, etc.
Dans les premiers livres, Rabelais dit constamment les yeulx, mais dans le quatrième nous trouvons trois fois les œïlz.
Rabelais décline le mot famille dans cette phrase :
Comme si, le père familles [pater familias] estant à table opulente, en bon appétit, au commencement de son repas, on voyait en sursault espouvanté soy lever... (III, 14.)
Rabelais conjugue généralement les verbes comme nous les conjuguons. Quelquefois, mais rarement, il donne la terminaison arent à la troisième personne plurielle du passé défini : ils conquestamrô. Il termine beaucoup plus souvent les passés définis et les imparfaits du subjonctif de la première conjugaison en is et isse : Il torabit. que vous tenissiez. Il emploie conjointement les deux futurs: lairra et laissera. Il emploie le participe présent savant au lieu de sachant, le participe passé dissolu au lieu de dissous, etc., etc. Dans les verbes où le passé défini s'écrit maintenant comme le présent de l'indicatif, il indique la voyelle longue par s : il finit maintenant, il finist hier.
Il emploie des diminutifs et des augmentatifs peu ou point usités aujourd'hui, mais il n'en abuse pas autant que le feront les poètes de la Pléiade.
Quelques mots que nous ne séparons pas, se trouvent écrits séparément chez lui. — Le verbe voir se conjugue dans voici, voilà.