LES DÉS JUGES DES PROCÈS
doit être soumis à la forme. Rien sans elle n'est valable. Vous le savez.
C'est l'argument invoqué deux cent cinquante ans plus tard par le successeur ^de Bridoye, Bridoison, dans le Mariage de Figaro:
La forme, voyez-vous, la forme. Tel rit d'un juge en habit court, qui -i tremble au seul aspect d'un procureur en robe. La forme, la-a forme!
«D'autant plus, coutinue Bridoye, que souvent, dans les procédures judiciaires, les formalités détruisent les matérialités et substances : Forma mutata, mutatur substantia.
«Le second avantage, c'est que ce retard dans les procédures est pour moi l'occasion d'un exercice honnête et salutaire. Feu Othoman Vadare, grand médecin, comme vous savez, m'a dit maintes fois que le manque d'exercice corporel est la cause unique du peu de santé et de la brièveté de la vie des jurisconsultes et de tous ceux qui rendent la justice. Cela a été bien avant lui noté par Bart... Pour cela on vous accorde à vous, messieurs, et consécutivement à nous, quia accessorium natitram sequitur principaUs, certains jeux et amusements d'exercice honnête et récréatif:
Interpone tuis interdum gaudia curis.
[A tes soucis mêle quelques plaisirs.]
Permettez-moi de vous raconter ce qui m'est arrivé un jour. En l'an 1489, ayant affaire à la chambre de messieurs les administrateurs de la cour des aides, où j'entrai par permission de l'huissier à qui