‹ Rabelais et son uvreChapitre 35 sur 187 · III. PANTAGRUEL. — LE JUGE BRIDOYE · texte numérisé non relu

III. PANTAGRUEL. — LE JUGE BRIDOYE

j'avais donné un pour-boire, car vous autres, messieurs, savez que pecunice obediunt omnia [tout cède à l'argent], comme Ta dit Bald. dans la loi : Si tu demandes quelque chose, Salie, dans la loi sur les petits profits, et Card., dans la première Clémentine sur le baptême. Je les trouvai tous jouant à la mouche [C'était un jeu où l'on courait à clochepied ; celui qui était pris recevait des coups de bonnet sur les épaules], exercice salutaire, avant ou après le repas. Le jeu de la mouche est honnête, antique et légal; ceux qui jouent à la mouche sont excusables de droit d'après la loi de excus. ortif. La mouche était alors M. Tielman Piquet, et il riait de ce que ces messieurs gâtaient leurs bonnets à force de lui en donner des coups sur les épaules ; il ajoutait que leurs femmes pourraient bien ne pas trouver le cas excusable quand ils rentreraient chez eux. Pour moi, messieurs, à parler franchement, je dirai, comme vous, messieurs, qu'il n'y a pas d'exercice plus fortifiant dans le monde du palais que de vider des sacs, de feuilleter des papiers, de coter des cahiers, d'emplir des paniers et de manier des procès. — Et il cite ses auteurs.

« Quant au troisième avantage, le voici : Je considère, comme vous, messieurs, que le temps mûrit toutes choses ; le temps met tout en évidence, c'est le père de la vérité — et il cite ses auteurs. — C'est pour cela que je fais comme vous, messieurs, je sursois, je remets ; je diffère le jugement, afin que le procès, bien vanné, bien épluché et débattu, vienne par succession de temps à sa maturité, et que le sort, quand il intervient, soit plus doucement supporté par les parties condamnées.

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