‹ Rabelais et son uvreChapitre 87 sur 187 · LE PALAIS DE L'ORACLE · texte numérisé non relu

LE PALAIS DE L'ORACLE

Au bas de l'escalier , ils se trouvèrent en face d'un portail de fin jaspe , d'ordre dorique , sur lequel était écrit en lettres d'or ioniques ou grecques : 'Ev oîvo) aWjQeta. [In vino veritas, la vérité est dans le vin.] Les portes étaient d'airain, massives, à petites vignettes enlevées et émaillées mignonnement. Elles étaient complètement fermées, mais à l'aide d'un ressort que la Lanterne conductrice mit en mouvement , elles glissèrent doucement en arrière , non avec fracas , mais avec un léger murmure, parce que le mouvement se faisait sur un cylindre roulant, adroitement travaillé.

Les deux battants se refermèrent de la même façon. Le principal moteur de ces portes était un aimant, qu'un ressort approchait ou éloignait au besoin, et qui, si nous comprenons bien la pensée de l'auteur , agissait à la manière des électro-aimants employés aujourd'hui dans l'industrie.

Près des portes, les voyageurs admirèrent deux grandes tables «d'aimant indique» bleues et polies, sur lesquelles étaient inscrites deux sentences, l'une en latin, l'autre en français, mais toutes deux traduites du grec :

DUCUNT VOLENTEM FATA, NOLENTEM TRAHUNT (SénèqUe).

[Les Destinées mènent celui qui consent, elles traînent celui qui refuse.]

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