‹ Rabelais médecin [electronic resource]Chapitre 102 sur 121 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Comment Panurge feit un tour à la dame parisienne qui ne fut poinct à son advanlage.

Or notez que le lendemain estoit la grande feste du Sacre, à laquelle toutes les femmes se meltent en leur triumphe de habillements; et pour ce jour la dicle dame s'estoit vestue d'une très belle robe de satin cramoisi, et d'une cotte de velours blanc bien précieux. Le jour de la vigile, Panurge chercha tant d'un costé et d'aultre qu'il trouva une lycisque orgoose (241), laquelle il lia avec sa ceincture, et la mena en na chambre, et la nourrit très bien cedict jour, et toute la nuicl : au matin la tua, et en prit ce que sçavent les géomanliens grégeois (241 A), et le mist en pièces 1^ plus menu qu'il pust, et les emporta bien cachées, et alla oîi la dame debvoit aller pour suivre la procession, comme est de coustume à ladicte feste. Et alors qu'elle entra, Panurge lui donna de l'eau beniste, bien courtoisement la saluant; et quelque peu de temps après qu'elle eut dict ses menus suffrages, il se va joindre

(241) V. note 249. Lycisca est un terme employé par Virgile, poui désigner une chienne née d'un loup et d'une chienne, ou d'un chien et d'une louve.

— « Orgoose, c'est-à-dire qui est en chaleur : d'après Galien (aph. XXII, lib. I), oçySv signifie estre en l'ardeur véhémente et impatieu'e que monstrtint les animaux, principalement les femelles, lorsqu'elles sont en amour.» [Scholiaste de Hollande.)

(241 A) Nous devinons bien quel est l'organe femelle que Panurge met en pièces, mais nous avouons humblement ne pas savoir ce que viennent faire ici les géomanciens, ces gens qui devinent l'avenir [lar l'inspection de la terre.

à elle en son banc, et lui bailla un rondeau par oscript en la forme que .s'ensuit :

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