RONDEAU
(') En chiant, l'autre hier senty La Gabelle qu'à mon cul doibs ; L'odeur fut autre que cuidois:
J'en fus du tout cmpuanty.
0 ! si quelqu'un eut consenty M'amener une qu'attendois, En chiant !
(68) Voir notes 62, 107, 169. — « Un soldat sortant d'une maladie et d'une grande liebvre chaude estant allé à l'église pour remercier Dieu de sa guerison il dit et salua ainsi : Bao Jus manos, senor Jésus, y lamlnm avos san Pablo y San Pedro, et se tournant vers saincl Anioyne peint avec sa grande barbe blanche, il dit ; Y vo a vos, harba blanca, que tan mal su fiiego, me trato, y me qtiemo en mis calenturas. » (Brantôme, Sermens espagnols.)
Ce soldat, qui ne voulait pas remercier la barbe blanche de saint Antoine dont le feu l'avait tant brûlé pendant sa fièvre, prouve que le feu saint Antoine ne se disait pas seulement de l'érysipèle aux jambes, mais de toute maladie dans laquelle la température du corps se trouvait augmentée.
Car je lui eusse asslmenty Son trou d'urine à mon lourdovs, Ce pendant qu'eust avec ses doigts Mon trou de merde garantv, En cliinnt.
Or dictes maintenant que je n'y sçay rien. Par la merde, je ne les ay fait mie. Mais, les oyans reciter h. dame grand que voyez cy, lesay retenu en la gibbessiere de ma mémoire.
Retournons, dist Grandgousier, à nostre propos, duel? dist Gargantua, chier? Non, dist Grandgousier, torclier le cul. Mais, dist Gargantua, voulez vous payer un bussart de vin breton, si je vous fais quinault en ce propos? Ouy vrayement, dist Grandgousier. — Il n'est, dist Gargantua, point besoing torcher cul, sinon qu'il y ait ordure. Ordure n'y peut estre si on n'a chié : chier donc nous fault davant que le cul torcher. O ! dist Grandgousier que tu as bon sens, petit garsonnet! Ces premiers jours je te feray passer docteur en sorbonne, par Dieu, car tu as de raison plus que d'aage. Or poursuis ce propos torcheculatif, je t'en prie. Et, par ma barbe, pour un bussart tu auras soixante pipes, j'entends de ce bon vin breton lequel point ne croist en Bretaigne, mais en ce bon pays de Verron.
Je me torchay après, dist Gargantua, d'un couvrechief, d'un oreiller, d'une pantouffle, d'une gibbessiere, d'un panier, mais o le malplaisant torchecul! puis d'un chappeau. Et notez que, des chappeaux, les uns sont ras, les
GARGANTUA
autres à poil, les autres veloutés, les autres taffetassés, les autres satinizés. Le meilleur de tous est celuy de poil ; car il fait très bonne abtersion de la matière fecale (*).
Puis me torchay d'une poulie, d'un coq, d'un pouUet, de la peau d'un veau, d'un lièvre, d'un pigeon, d'un cormoran, d'un sac d'advocat, d'une barbute, d'une coyphe, d'un leufre. Mais, concluant, je dis et maintiens qu'il n'y a tel torchecul que d'un oizon bien dumeté, pourveu qu'on luy tienne la teste entre les jambes. Et m'en croyez sus mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une volupté mirifique, tant par la douceur d'iceluy dumet que par la chaleur tempérée de l'oizon, laquelle facilement est communiquée (*) au boyau culier et autres intestins, jusques à venir à la région du cœur et du cerveau.
Et ne pensez pas que la béatitude des héroes et semidieux, qui sont par les Champs Elysiens soit en leur asphodèle ou ambroisie ou nectar, comme disent les vieilles icy. Elle est, selon mon opinion, en ce qu'ilz se torchent le cul d'un oizon. Et telle est l'opinion de maistre Jean d'Escosse.