‹ Rabelais médecin [electronic resource]Chapitre 5 sur 121 · PROLOGUE DE l'aUTEUR, Il · texte numérisé non relu

PROLOGUE DE l'aUTEUR, Il

C'est, comme dit Platon, lib. II, de %ep., la beste du monde la plus philosophe (5). Si yeu l'avez, vous avez peu noter de quelle dévotion il le guette, de quel soing il le garde, de quelle ferveur il le tient, de quelle prudence il l'entomme, de quelle affection il le brise, de quelle diligence il le sugce. Qui l'induict à ce faire ? Oiael est l'espoir de son estude ? Quel bien prétend-il ? Rien plus qu'un peu de moelle. Vray est que ce peu plus est déhcieux que le beaucoup de toutes autres, pour ce que la moelle (6) est aliment élabouré à perfection de nature, comme dit GaUen, III, Facult. nat., et XI, De usii partiiim.

A l'exemple d'iceluy, vous convient estre sages, pour fleurer, sentir et estimer ces beaux livres de haute gresse, légiers au pourchaz et

aux descriptions anatomiques. Dassoucy s'en est souvenu au chap. V de ses Aventures burlesques.

(5) « Le chien aboie contre ceux qu'il ne connaît pas, et flatte ceux qu'il connaît, quoiqu'ils ne lu-i aient fait aucun bien... Parla il manifeste un naturel heureux et vraiment philosophe, en ce qu'il ne distingue l'ami de l'ennemi que parce qu'il connaît l'un et ne connaît pas l'autre.» (Platon, Œuvres. Trud. Cousin. — Paris, 1833. Tome IX, page 103. )

. (6) L'usage de la moelle (cerveau, cervelet, moelle épinière) était et est encore recommandé aux convalescents et aux anémiques. Elle passe pour donner beaucoup de force à ceux qui s'en nourrissent. A notre avis il y a, dans cette réputation, un peu de vérité, et beaucoup de fable, — de la fable du centaure Chiron qui nourrissait Achille avec des cervelles de lion, yoiçi Iç texte des passages Galien indic^ués par

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